‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay; (volume 3)Chapitre 163 sur 223 · DEUXIÈME LIVRE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME LIVRE

duc Pierre de Bourbon ^ ledit Charles, comte de Montpensier, descendu d'un puisné de Bourbon et d'une fille de Mantoue^, voulut maintenir que toutes les terres estans de la succession dudit deffunct de Bourbon, tenues en apanage, luy appartenoient, comme estant hoir masle, et non à ladite Suzanne. Pour assopir lequel différend, encores que Charles de Valois, duc d'Alançon, eust fiancé ladite Suzanne de Bourbon, ce nonobstant fijt faict le mariage dudit comte de Montpensier et de ladite Suzanne, dont il se nomma duc de Bourbon; et du duc d'Alançon fut faict le mariage de Marguerite, sœur de François, comte d'Angoulesme, et depuis Roy. Puis estant ladite Suzanne morte, madame la Régente, à l'instigation (comme on disoit) du chancelier Antoine du Prat, meit en avant qu'au Roy appartenoient les terres tenues en apanage, venues de la succession dudit Pierre de Bourbon ; et à madame la Régente, comme plus proche, estant fille de l'une des sœurs ^ dudit duc Pierre, mariée avec le duc de Savoye, dont elle estoit fille, appartenoient les terres n'estans en apanage, plustost qu'audit Charles de Bourbon qui estoit esloigné de trois lignes : à raison dequoy le procès fut meu à la cour de Parlement à Paris. Charles de Bourbon, se deffiant ou de son droict, ou de la justice, et ayant peur que, perdant son procez on l'envoyast à l'hospital, chercha, par le moyen d'Adrian de Crouy, comte du Ru, de pratic-

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