Bray-sur-Somme, cant. de l'arr. de Péronne (Somme
2. Ms. : etn eust loisir de rompre les pontz et y perdit environ...
Nov.-déc. 1523] DEUXIÈME LIVRE. 295
sans ledit seigneur du Pontdormy qui retourna la teste, et soustint l'effort avec la gendarmerie, pendant que les gens de pied se retirèrent à Corbie où estoit le seigneur de la Trimouille. Lequel, estant averty que l'ennemy ayant passé la rivière prenoit le chemin de Roye * et Montdidier, délibéra d'envoyer secours audit Montdidier ; mais ne trouvant homme qui le vousist entreprendre, parce que le camp de l'ennemy estoit sur le chemin, le seigneur du Pontdormy (lequel ne trouva jamais entreprise trop hazardeuse) entreprint d'y mettre ledit secours. Parquoy estant la nuict venue se meit en chemin avecques bons guides, et sans rencontre meit dedans ladite ville de Montdidier le seigneur de Rochebaron d'Auvergne, ayant charge de cinquante hommes d'armes, et le seigneur de Fleurac^ avec pareille charge, estant lieutenant de la compagnie du comte de Dammartin, et le capitaine René de la Palletiere^, avec mille francs-archers, dont il avoit la charge.
Le seigneur du Pontdormy, après avoir exécuté ce qu'il avoit entrepris, délibéra sa retraitte, et sçachant bien que les ennemis estans avertis de son partement de Corbie et de son arrivée à Montdidier, mettroient peine de le rencontrer par les chemins à son retour; toutesfois ne voulut attendre la nuict, craignant que monsieur de la Trimouille eust affaire de luy. A ceste occasion, il se meit à faire sa retraitte en plain jour, délibéré de charger tout ce qu'il trouveroit sur son