Ms. : près (correction
2. Giovanni Giacomo de' Medici, dit el Medichino, châtelain de Musso, sur le lac de Côme; né en 1497, il devait passer en 1528 au service de Charles-Quint, qui le fit marquis de Marignan; il mourut le 8 novembre 1555. (Antonio Misaglia, Vita di J. J. Medechino, Milan, 1605, in-4°.)
3. Chiavenna, sur la Maira, à 22 kil. au nord du lac de Côme.
Févr. 1525] DEUXIÈME LIVRE. ■ 349
teste à son mary; la femme, craignant de le perdre, ouvrit la porte audit Medequin, et soudain trois mille hommes qu'il avoit embusquez près de là se vindrent joindre avecques luy, de sorte qu'ils se saisirent de la place, puis, l'ayant pourveue comme elle meritoit, se retira à Muz. Les Grisons, advertis de ceste perte, entrèrent en telle crainte, pensans qu'il y eust autres praticques sur leurs places, qu'ils mandèrent aux mille Grisons de leur nation qui estoient au service du Roy devant Pavie qu'ils eussent à se retirer pour la conservation de leur patrie ; lesquels, après ledit mandement, quelques remonstrances qu'on leur sceust faire, et mesmes la honte qui leur estoit mise en avant d'abandonner un prince prest à combatre, ayans pris sa soulde et faict le serment, ce nonobstant ils s'en allèrent cinq jours devant la bataille ; qui fut telle défaveur pour le Roy que vous pouvez estimer, veu mesmement que le camp de l'ennemy n'estoit logé qu'à demy-mille de nous; neantmoins, pour lesdites défaveurs, jamais le Roy ne voulut changer d'opinion. Quelques-uns luy persuadoient de se retirer à Milan, attendant que l'armée imperialle se consommeroit par faulte de payement, car, faillant la paye, les vivres faillent; mais, estant prince magnanime, ou Dieu l'ayant ainsi ordonné, ne voulut oncques tourner la teste ailleurs que devers l'ennemy.
Le Roy avoit aussi depesché le Palvoisin, duquel nagueres avons parlé, avecques argent pour lever bon nombre de gens de cheval et de pied et aller surprendre Cremonne, qui n'estoit gardée que de cinq ou six cens hommes de pied, et par ce moyen lever les vivres au camp impérial devant Pavie. Ledit Jean-
350 MÉMOIRES DE MARTIN DU BELLAY. [Févr. 1525
Ludovic Pal voisin, ayant mis ensemble deux mille hommes de pied et quatre cens chevaux, attendant autres trois ou quatre mille hommes de pied qui luy venoient de renfort, alla loger sur le Pau à Cazal- Majour. Le duc Sforce, qui estoit dedans Gremonne, craignant que le comte Guy de Rangon se vint joindre avecques le Palvoisin, délibéra, avant que leurs forces fussent unies, de le surprendre, et, pour cest effect, leva un taillon^ dedans Gremonne, dont il assembla jusques au nombre de deux mille hommes de pied et quelque cavallerie, desquels il donna la charge au seigneur Alexandre Bentivolle, lequel incontinant print son chemin droit à Gazal-Majour. Ledit seigneur Palvoisin s'estimant suffisant pour le combatre en campagne, comme mal avisé, abandonna son fort, dont mal luy print, car s'il y fust demouré, le lendemain le comte Francisque de Rangon, frère du comte Guy, le venoit secourir. Le Palvoisin, estant sorty en campagne, marcha droict à ses ennemis et d'abordée mist à vau de routte toute la cavallerie du duc de Milan; mais arrivant le comte Alexandre Bentivolle^ avecques les gens de pied, fut tellement combatu tant d'une part que d'autre que ledit Palvoisin fut porté par terre et prins prisonnier, et tous ses gens mis à vau de routte, chose qui donna grand desfaveur aux affaires du Roy.
Jean de Medicis blessé. — Ceux de Pavie, voyans le logis du seigneur Jean de Medicis mal gardé, firent une saillie sur luy, lesquels, trouvans son guet un peu