Le duc de Lorraine n'est pas cité dans le ms
6. Louis de Bourbon, prince de la Roche-sur-Yon, second fils de Jean de Bourbon et d'Isabeau de Beauvais, prit part à
gneur de Vendosme, avecques vingt-quatre mille hommes de pied, tant François qu'AUemans, marchans en bataille tous en armes jusques au Dôme, où le Roy descendit pour faire son oraison, et de là fut conduit par ladite compagnie jusques en son logis.
Ayant le Roy en son obéissance tout Testât de Milan, se retira à Vigeue*, où luy vint faire la révérence le marquis de Montferrat^, et madame la marquise sa femme, sœur du duc d'Alançon. Et audit lieu envoyèrent devers luy tous les princes et potentats d'Italie, et mesmes le pape Léon, qui luy avoit esté ennemy, pour faire aliance^; et furent traittées les choses entre le Pape et le Roy, en sorte qu'il fut pris jour de se trouver à Boulongne la grasse, pour là vuider tous leurs différends et faire une bonne paix, car tous les potentats et princes d'Italie s'estoient mis en ligue avecques le Roy, fors ledit Pape.
Mort de Barthélémy d'Alvienne. — Durant que ces choses advindrent, le seigneur Barthélémy d'Alvienne, gênerai de l'armée vénitienne, marcha avec son armée
l'expédition de Naples (1495), fut ambassadeur à Rome (1502), combattit à Agnadel, à Marignan et mourut en 1520.
1. Vigevano, sur la rive droite du Tessin, à une dizaine de kil. au nord-est de Mortara. François I*"^ quitta Milan à cause de la peste.
2. Guillaume Paléologue, marquis de Montferrat avait en effet épousé, le 31 août 1508, Anne d'Alençon.
3. Déjà à Chiaravalle était venu, envoyé par le Pape, l'évéque de Tricarico, Lodovico de Canossa, et, les 13-19 octobre, un traité de confédération et d'alliance perpétuelle avait été signé. Voir Journal de Barrillon, t. I, p. 137-141, et le texte du traité dans les Ordonnances, t. I, n° 82. A Vigevano, ce fut Laurent de Médicis qui vint pour fixer l'entrevue du roi de France et du Pape.
pensant surprendre Bresse, ville que les Vénitiens avoient perdue les années précédentes; mais ceux de la garde, estans advertis de leur venue, envoyèrent à Veronne devers Marc-Antoine Colonne^ pour avoir secours, qui leur envoya cinq ou six enseignes, tant Espagnols que lansquenets ; de quoy ledit Barthélémy d' Al vienne adverty, changea son dessein, voulant tenter Veronne. Mais par les chemins fut surpris d'un flux de ventre, duquel, pour l'aage qu'il avoit et les grans labeurs qu'il avoit portez, ne peut longuement supporter le mal, qu'il ne rendit l'ame à Dieu^; qui fut un grand dommage, d'autant qu'il fut en son temps un grand homme de guerre et bon capitaine.
Abouchement du 'paye Léon et du roy François à Boulongne. — Au commencement de décembre se trouvèrent à Boulongne^ le Pape et le Boy, où en fin furent d'accord et demeurèrent au Boy Parme et Plaisance, que desjà il avoit entre ses mains ; aussi le Boy devoit donner secours au Pape pour conquérir le duché d'Urbin, usurpé (à ce qu'il disoit) par Francisque Marie* sur
1. Marc-Antoine Colonna, fils de Pierre-Antoine Colonna, prince de Salerne, né le 3 septembre 1478, défendit, en 1512, Ravenne contre le sieur de La Palisse, puis Brescia et Vérone (1515), s'empara de Vicence pour l'Empereur; ayant ensuite passé au parti français, il reçut le collier de l'Ordre et fut tué près de Milan en 1522.