‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay; (volume 3)Chapitre 77 sur 223 · Sancy, arr. de Briey (Meurthe-et-Moselle · texte numérisé non relu

Sancy, arr. de Briey (Meurthe-et-Moselle

4. Le comte de Nassau entra dans Bouillon le 4 ou 5 août. Voir les Fragments de la première Ogdoade, p. 46; Mémoires de Fleuranges, chap. lxxvii.

5. Tout de suite après la prise de Bouillon fut négociée une trêve de huit jours qui, le 17 août, fut prolongée de six semaines. [Fragments de la première Ogdoade, p. 46, n. 2.)

bien en son esprit une autre guerre que celle qu'il avoit menée jusques à ce jour, car si c'estoit seulement contre ceux de la Marche, pourquoy, les ayant presque ruinez, a-il demandé tresve, luy estant vainqueur? Ayant une armée suffisante pour deffaire ledit messire Robert, pourquoy tous les jours la renforçoit-il*? Doncques le Roy, entendant bien les desseins de l'Empereur, et par iceux cognoissant luy estre la guerre déclarée, commença à lever une armée. Et toutesfois ne voulut rien innover sans premièrement en advertir le roy d'Angleterre, son amy et allié. Et pour ce faict luy envoya ambassadeurs, pour luy remonstrer le trouble que faisoit l'Empereur et l'armée qu'il avoit mise sus, le priant vouloir tenir le party de luy qui estoit assailly, suivant les traittez faits entre eux à leur abouchement faict à Ardres^. Le roy d'Angleterre, ayant aussi eu lettres de l'Empereur, escrivit à tous deux qu'ils ne commençassent légèrement une si grosse guerre; aussi ledit roy d'Angleterre s'efforça de faire croire au Roy, nostre maistre, que la guerre ne luy estoit autrement dénoncée, qu'il ne la divertist en obéissant aux conditions demandées

1. Ces deux phrases sont littéralement traduites du latin de Guillaume du Bellay. [Fragments de la première Ogdoade, p. 49.) Ce qui suit est un résumé des p. 51-52.

2. François P' envoya d'abord (vers le 10 avril) à Henry VIII une réponse au « défi » qu'il avait reçu de l'Empereur. Voir Journal de Barrillon, t. II, p. 181 et la note; Letters and PaperSf t. III, part, i, n° 1323. Le 24 mai suivant, il dépêcha le s' de Montpezat, en apparence pour s'enquérir de l'état de santé du roi d'Angleterre, en réalité pour solliciter une alliance franco-anglaise. [Letters and Papers, t. III, part, i, n°* 1323, 1303-1304.) — Tout le passage est traduit de Guillaume du Bellay, loc. cit.

par l'Empereur : lesquelles toutesfois estoient hors de termes de raison.

Ce pendant que ces choses se traittoient, le Roy estoit allé de Sanxerre à Dijon S et l'armée de l'Empereur croissoit de jour en jour. Doncques, ayant mis ordre aux frontières de Bourgongne, tira à grandes journées à Troyes^ en Champagne, où il n'y avoit nulle armée tant petite fust elle. Bien avoit envoyé le Roy messire André de Foix, seigneur d'Asparrot, faire la guerre au royaume de Navarre contre les Espagnols, dont en advint ainsi que j'ay descrit par cy devant^; car, par faulte de bon conseil, après avoir conquis ledit royaume entièrement, en un instant le reperdit. A l'occasion de quoy ordonna messire Guillaume Gouffier, seigneur de Bonnivet et amiral de France, pour mener une armée en Navarre et venger l'injure receue par ledit seigneur d'Asparrot*; et seulement commença à dresser une armée pour soustenir l'effort de l'Empereur, et pour cest effect nomma six gentilshommes estans près de sa personne, pour lever chacun mille hommes de pied, desquels il feit gênerai François de Bourbon, comte de S. Pol, et des gentilshommes, l'un estoit François de Montgomery^, seigneur de Lorges,

1. François I" quitta Sancerre le 3 ou le 4 avril, et entra à Dijon le 16.

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