Le 29 août, la veille du jour où elle fut investie
3. Claude d'Annebault, baron de Retz et de La Hunaudaye. Il mourut le 2 novembre 1552. Voir, pour sa carrière, le P. Anselme, op. cit., t. VII, p. 177, 882.
4. Charles de Coesmes, baron de Lucé, fils de Nicolas de Coesmes et de Madeleine de Chourses, né en 1489, mort le 7 mai 1543. Voir Alouis et Ledru, Les Coesmes, barons de Lucé, in-8°.
6. Baptiste de Villequier, fils d'Artus de Villequier et de Marie de Montbéron, vicomte de La Guerche, chevalier de l'Ordre, gentilhomme de la Chambre.
pagnie estoit ledit Bayar lieutenant, et la compagnie du seigneur d'Orval, gouverneur de Champagne, de pareil nombre; de gens de pied, l'escuier Boucal, surnommé du RefFuge, avec mille hommes de pied, et le baron de Montmoreau pareille charge. Mais estans les pièces en batterie, les gens dudit de Montmoreau, comme gens non expérimentez, entrèrent en tel effroy que, malgré leurs capitaines, s'enfuirent les uns par la porte, les autres se jetterent par dessus les murailles ; mais ledit seigneur de Bayar feit entendre aux autres soldats qu'il estoit bien aise de ladite fuitte, parce qu'estans tant de gens à la garde de ladite ville, ils ne eussent point eu d'honneur ny de réputation de soustenir l'efFort de l'ennemy et que la ville estoit d'autant vuidée de gens de lasche cœur. Arrivé que fut le comte de Nansau près Mesieres, envoya devers les chefs et capitaines un trompette pour les sommer de rendre la ville à l'Empereur ; auquel trompette fut respondu par le seigneur de Bayar que, devant que l'ouir parler de sortir hors de la ville de laquelle il avoit la charge, il esperoit faire un pont des corps morts de ses ennemis par dessus lequel il pourroit sortira L'asseurance dudit seigneur de Bayar donnoit un grand cueur aux soldats.
Il me semble n'estre mal à propos de descrire l'as-
1. Une relation inédite du siège de Mézières, publiée par P. Laurent, Mézières pendant la défense de Bayart, Paris, 1893, p. 13, met la même réponse dans la bouche de Bayart. Cf. VHistoire de Bayart (éd. Roman), p. 395-396. D'une façon générale, pour le siège, voir l'étude de A. Chuquet, Bayart à Mézières, dans Études d'histoire, l""* série, Paris, 1903, in-8°. — Ms. : Laquelle responce donna grand cœur et asseurance aux soldatz.
siette de la ville de Mesieres. La rivière de Meuze, venant de Mouzon et de Sedan, vient passer le long des murailles de la ville, puis, faisant un arc et circuit d'environ une lieue de longueur, retournant tout court, revient passer à Ouarq^ petite villette, puis revient passer par l'autre costé de ladite ville le long des murailles ; de sorte que c'est une isle fermée de la rivière, où n'y a qu'une entrée par terre, comme un Péloponnèse; et est l'entrée où est la porte qui se nomme de Bourgongne, du costé des Ardannes, laquelle entrée est fermée de la ville, et n'y a qu'environ deux cens toises de mur pour clore ladite ville. Puis la rivière, ayant fermé la ville, s'en va contrebas à Chasteauregnault^, Dinan^, Namur et Liège, puis se va descharger dedans le Rin. Le comte de Nansau, ayant eu rapport de son trompette, assist son camp du costé devers la porte qui tire aux Ardannes, car aux autres lieux il eust eu la rivière entre deux'*; ce faict, asseit son artillerie pour faire deux batteries tout en un temps, lesquelles trois jours durant^ n'eurent cesse; puis, par après, feit sa batterie plus lentement, cognois-
1. Aujourd'hui Warcq, comm. de l'arr. de Mézières, à l'extrémité occidentale du coude décrit par la Meuse, entre Mézières et Charieville.
2. Châteauregnault, cant. de Monthermé, arr. de Mézières (Ardennes).