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INTRODUCTION. xv
Dans les années qui suivent la paix de Madrid et la délivrance du roi de France prisonnier, on voit prendre essor la fortune politique de Guillaume et de Jean du Bellay : les missions diplomatiques se succèdent et les récompenses. Jean obtient l'évêché de Bayonne (1526), en attendant celui de Paris (1532), et devient à la fin de 1527 ambassadeurrésident en Angleterre. Guillaume multiplie ses voyages en Italie : il suit « l'armée de mer » en Sardaigne; il est aux côtés de Renzo da Ceri lors de l'assaut lancé contre Rome par le connétable de Bourbon et les Impériaux. Et lorsque les opérations militaires languissent au delà des Alpes, il franchit le détroit et vient seconder à Londres son frère Jean. Il a déjà la réputation d'un diplomate aussi habile qu'entreprenant. Sans doute, Martin dut bénéficier de la faveur de ses frères, qui recourront, surtout Guillaume, à ses services et lui fourniront ainsi l'occasion de se distinguer. Néanmoins, les renseignements que nous avons pu rassembler sur cette période de son existence sont bien maigres et très dispersés.
Pendant une douzaine d'années, il fait partie de la compagnie de quarante lances commandée par Charles Tiercelin, sieur de la Roche du Maine, et constituée, après le désastre de Pavie, avec trente lances de la compagnie du feu duc d'Alençon et dix lances de celle de feu René, bâtard de Savoie, grand maître de France : il est porté comme enseigne sur les « montres » en 1526, 1527, 1528; comme lieutenant en 1530, 1531, 1532, 1537 1 . Accompagoa-t-il en octobre-novembre 1527 le sieur de la Roche du Maine en Angleterre, lors de l'ambassade extraordinaire qu'y
1. Fleury Vindry, Dictionnaire de l'état 'major français au XVfr siècle, Gendarmerie, p. 464, et Atlas, p. 240.
xyi INTRODUCTION.
conduisit Montmorency? Il est possible que Martin ait revu Londres à ce moment; nous n'en avons cependant pas trouvé la preuve. Les détails précis qu'il donne sur la réception des ambassadeurs semblent provenir d'un témoin oculaire 1 ; mais il pouvait aussi les tenir de son frère Jean qui faisait partie de la mission et demeura ensuite en Angleterre à titre officiel. En 1528, il est en Italie : il établit la liaison comme courrier entre l'armée de Lautrec et la cour 2 . Nous avons vu qu'à la même date deux de ses frères, Guillaume et Nicolas, servaient également dans la péninsule : Nicolas dans l'armée de Naples, Guillaume à Gênes, auprès de Doria. Nous rencontrons une collaboration analogue en 1530. D s'agissait de fortifier l'alliance franco -anglaise et d'en tirer le meilleur parti possible. Guillaume s'attache à travailler la Sorbonne, consultée par le roi d'Angleterre sur la validité de la dispense pontificale et la possibilité de son divorce : il veut une réponse conforme aux désirs de Henry VIII, et par l'intrigue, les promesses et la menace l'obtient (2 juillet). Pendant ce temps, Jean du Bellay faisait la navette entre la cour, qui, par Blois, Poitiers, Angoulême et Bordeaux, descendait lentement vers les Pyrénées, et Montmorency chargé de préparer à Bayonne la libération des enfants de France. Parmi les formalités préparatoires était la restitution à Charles-Quint de quittances anglaises et d'un joyau de prix, une fleur de lys, engagée autrefois par le père de l'Empereur à Henry VIII. Quittances et joyau, Henry VIII avait consenti à s'en dessaisir sans trop de difficultés, escomptant le concours de François I er dans l'affaire du divorce. U les avait confiés à