XX INTRODUCTION
Cependant Montmorency, partant de la ligne de la Somme, remontait vers la vallée de l'Authie, s'emparait d'Auxy-le-Château (18 mars), gagnait la vallée de la Canche et se mettait en mesure d'assiéger Hesdin. Martin du Bellay fat désigné pour surveiller la route de Béthune- Aire-Saint-Omer, c'est-à-dire pour couvrir l'armée royale du côté du camp du comte de Rœux 1 . Le château de Hesdin capitule le 7 avril; on occupe ensuite Lillers, < poste d'observation important peu éloigné de Thérouanne et de Pernes », dans lequel Martin est laissé avec sa bande et 1,000 hommes de pied commandés par le capitaine Lalande; il fallait barrer la route à ceux de Saint-Venant et de Marville. Les opérations consistaient en embuscades et en véritables razzias. L'épisode le plus mouvementé fut la destruction de Saint-Venant, le 35 avril, qui nous valut un important butin 2 . Quelques jours après, Martin remporta un nouveau succès sur la garnison de Béthune, qui avait intercepté un convoi de ravitaillement (l"-2 mai). Finalement, le Roi ayant décidé la retraite, ordre fut donné de brûler Lillers qu'on abandonnait et de détruire les remparts 3 . Le 19 mai, l'armée de Picardie fut licenciée à Doullens.
L'attention de François I er se portait à nouveau sur le Piémont sérieusement menacé. A la frontière de Picardie, on se contenta de garder Doullens, Hesdin et Saint-Pol. Cette dernière ville, où Martin du Bellay fut laissé avec sa bande, allait être le théâtre d'opérations sur lesquelles, dans les Mémoires, il s'étend longuement 4 ; il y tint d'ailleurs un
1. Mémoires, t. III, p. 357-358; Décrue, op. cit., p. 301-302.