Ibid., t. III, p
INTRODUCTION. xxi
rôle des plus honorables. Le sieur de la Rochepot, frère du grand maître Montmorency, avait la haute main sur la défense. La place devait recevoir une importante garnison : outre les 200 chevau-légers de Martin, 100 hommes d'armes et 2,000 hommes de pied ; mais les effectifs furent réduits à 160 chevau-légers, 80 hommes d'armes et 1,500 hommes de pied. Les fortifications étaient inachevées; il aurait fallu plusieurs mois pour les mettre en état. Pour veiller à la résistance, la ville fut divisée en secteurs, dont chacun fut confié à un capitaine qui en eut la responsabilité. Les Impériaux connaissaient cette situation précaire. Ils multiplièrent d'abord les reconnaissances, dans lesquelles furent capturés quelques chevau-légers que Martin put reprendre. L'enlèvement de quelques sentinelles lui permit de connaître les intentions de l'ennemi : les Impériaux se préparaient à assiéger Saint-Pol. Le 9 juin, ils paraissent devant la ville et l'attaquent par la partie la plus faible, entre la porte de Mouchy et celle de Hesdin. Ce fut précisément le secteur que Martin fut chargé de défendre. Malgré un travail acharné et des prodiges de bravoure, il ne peut empêcher l'ennemi de faire une brèche et de pénétrer dans la ville (15 juin). Martin perd la majeure partie de sa bande et il tombe entre les mains du vainqueur. Grâce au sieur de Glajon, qui lui servit de caution 1 , il fut remis en liberté dès le lendemain contre une rançon de 3,000 écus, dont une bonne partie lui fut avancée par le Roi 2 .
1. Trincant (Histoire manuscrite, fol. 200 v°-201) reproduit une lettre du sieur de G-lajon à Martin du Bellay, en date du 2 juillet [1537], au sujet de cette rançon.
2. François I er lui avait d'abord accordé la disposition du premier office de secrétaire qui viendrait à vaquer; mais, ayant repris sa promesse, il lui fit don de 5,000 livres (Fontainebleau,