Ms. : cousin germain
4. Camillo Trivulzio, né le 3 mai 1486, bâtard de Gian-Jacopo Trivulzio, fut tué le 4 mars 1522.
5. Ms. Les éd. portent Cassan. D'après M. Décrue, op. cit., p. 22, il s'agirait de la Casina, une maison de campagne des
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en intention de rencontrer Francisque Sforce, parce qu'ils furent advertis qu'il venoit par ce costé-là, pour se joindre avec ceux de Milan. Auquel lieu estant nostre camp logé, vint au service du Roy le seigneur Jean de Medicis 1 , parent du feu pape Léon, qui amena trois mille hommes de pied et deux cens chevaux, desquels les enseignes estoient noires, parce qu'ils portoient le dueil dudit feu pape Léon, du vivant duquel il avoit tousjours esté au service de la ligue contre le Roy.
Au lieu de Gassin séjourna nostre armée environ six sepmaines durant, auquel temps le seigneur de Lautrec, adverty que de l'autre costé de la ville de Milan venoit grand refreschissement de vivres aux Impériaux, depescha le seigneur de Montmorency et l'escuyer Roucar, qui avoit esté lieutenant du marquis de Mantoue, et depuis que ledit marquis eut abandonné le service du Roy, avoit sa compagnie en garde, avecques cent hommes d'armes et deux cens arquebouziers , pour rebourser le chemin, et rencontrer les fourrageurs, et rompre les moulins, s'ils en avoient le moyen. L'escuyer Roucar, auquel le seigneur de Montmorency avoit baillé les coureurs à mener estant sept ou huict mille de nostre camp, trouvant les ennemis, sans advertir ledit seigneur de Montmorency qui menoit la troupe, les chargea, mais ce fut à son desavantage : car les ennemis l'ayans
Trivulzi, et non pas de Gazziano, près d'Abbiate Grasso, comme l'avait supposé Mignet. *
i. Ms. : nepveu. Jean de Médicis, dit Jean des Bandes-Noires, fils de Jean de Médicis et de Catherine Sforza, né en 1498, mort le 30 novembre 1526. Voir Pierre Gauthiez, Jean des Bandes-Noires, Paris, 1901, in-8°.
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rompu, le renversèrent sur les bras dudit seigneur de Montmorency, lequel de loing le voyant venir à vau de roupte le long du grand cbemiir de Milan, jetta ses arquebousiers sur les deux aisles ; puis s'ouvrit, craignant que les fuyans ne le rompissent. Estans passez, se referma, de sorte que les ennemis chassans à la file, à l'ayde des arquebouziers, furent deffaits ; et furent amenez le lieutenant, l'enseigne et le guidon, avec bon nombre d'hommes d'armes prisonniers en nostre camp, qui estoient des cent hommes d'armes de dom Raimon de Gardone, demouré à Naples vice-roy 1 .
Pendant ce temps, le seigneur de Lautrec ayant nouvelles que le mareschal de Foix, son frère, venoit par le chemin de Gennes, avecques quelque gendarmerie et quelques gens de pied qu'il amenoit de France, et qu'il n'estoit assez fort pour passer pour se joindre avecques nostre armée, d'autant que les ennemis tenoient l'Omeline 2 , depescha le seigneur de Montmorency avecques trois mille Suisses, mille hommes de pied italiens, deux cens hommes d'armes, et quatre pièces d'artillerie de campagne, pour aller ouvrir le passage, et avecques luy l'escuyer Boucar; lesquels, partans du camp, prindrent le chemin du port de Falcon, pour là passer le Tesin. Eux, arrivez audit lieu, ne trouvèrent le moyen de passer la rivière que par le bac passager accoustumé ; dedans lequel
1. Le récit de cet épisode est reproduit d'après les Gestes de très illustre seigneur Anne de Montmorency, grand maistre et connestable de France. (Bibl. nat., Dupuy 80, fol. il.)
2. La Lomelline, région comprise entre le Pô au sud, le Tessin à l'est, la Sesia à l'ouest.
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le seigneur de Montmorency se mist devant avecques les Suisses , les Italiens et l'artillerie, et passa la rivière, laissant Boucar derrière avecques la gendarmerie; mais, voulans les hommes d'armes passera la foule» s'en noya d'arrivée cinq ou six. Quoy voyant, le passager, qui estoit impérial, et que nostre armée estoit séparée, à sçavoir la gendarmerie d'un costé de l'eau et les gens de pied de l'autre, de sorte qu'ils ne se pouvoient secourir, s'en alla avecques le bac aval l'eau droit à Pavie advertir le duc Francisque Sforce du desastre advenu aux François. Lequel incontinant depescha quatre mille lansquenets, deux mille Italiens et quelque nombre de cavallerie, pour surprendre noz gens ainsi séparez. Le seigneur de Montmorency voyant cest inconvénient, et que le battelier estoit allé à val l'eau, manda à l'escuyer Boucar qu'il eust à tenir le chemin de Gambolat 1 , où il estoit contraint d'aller pour avoir vivres. Le lendemain matin, ledit seigneur de Montmorency descouvrit les ennemis qui estoient sortis de Pavie, marchans droit à luy; mais, craignant d'estre enveloppé dedans Gambolat, qui estoit lieu fort desavantageux pour luy, se jetta en la campagne *.
Les ennemis estons approchez à la portée d'une moyenne coulevrine, noz gens se fermèrent s , se cou-
1. Gambolo, entre le Tessin et Mortara, à une dizaine de kil. à Test de cette ville.
2. Ce récit, ainsi que celui de la prise de Novare, sont empruntés à la même source que le précédent. (Bibl. nat., Dupuy 80, fol. 12-13.)
3. Ms. : meetans un fossé au devant d'eulx pour leur avantage. Cependant l'escuyer Boucal...
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vrans de la douve d'un fossé; cependant le capitaine Boucar avoit faict telle diligence, qu'il avoit passé la rivière, et venoit au secours de noz gens, ayant faict trois esquadrons de la gendarmerie, lequel noz ennemis ayans descouvert, jugèrent sa trouppe beaucoup plus grosse qu'elle n'estolt, pour la séparation qu'il en avoit faicte. Car la poulciere estoit si grande que les trois trouppes de loing ne se 1 monstroient qu'une : qui fut cause que les Impériaux, qui de tous temps ont redouté la gendarmerie de France, se mirent à faire leur retraitte* droict à Pavie. Parquoy noz gens voyans n'y avoir ordre de combatre, pour le fort païs que tenoient lesdits Impériaux à leur retraitte, le seigneur de Montmorency délibéra de parachever l'entreprise qui luy estoit commandée. Et, à ceste fin, marcha droict à Noare, dedans laquelle ville estoit le comte Philippe Tourniel, qui faisoit grand empeschement au passage de ceux qui venoient de France en nostre camp, avec inestimables cruautez aux François qui tomboient entre ses mains 8 ; qui fut cause de l'entreprise dudit seigneur de Montmorency pour ouvrir ce chemin, joinct qu'il avoit espérance d'estre favorisé du chasteau qui tenoit pour le Roy.
Prise de Noare. — Arrivé qu'il fut devant Noare, tira hors dudit chasteau deux canons par la porte qui