Ms
2. Ms. : retraicte vers Pavye, par pays fort, où noz gens ne les povoient combatre à cause que nostre gendarmerie ne povoit jouer son jeu. Ce que voyant, le sgr de Montmorency concludde parachever, etc.
3. Ms. : et mesmes ung se nommant le Creveli [Crivelli] qui estoit aveeques ledict Tournyel.
220 MÉMOIRES DR MARTIN DU BELLAY. [Mars 152*
regarde aux champs pour, avecques les autres quatre menues pièces qu'il avoit menées, faire batterie à la ville, et print l'escuyer Boucar la charge de ladite artillerie, en quoy il fit grande diligence. Mais une moyenne coulevrine, estant par avanture trop chargée, ou bien ayant quelque fistule, creva, dont l'un des esclas rompit la jambe audit Boucar, de quoy il mourut peu de jours après; qui 1 fut grand dommage, parce qu'il estoit homme de service; toutesfois, on ne laissa à poursuivre la batterie de si peu d'artillerie qu'il y avoit, de sorte qu'il fut faict brèche assez raisonnable 2 .
Les Suisses, admonnestez par le seigneur de Montmorency d'aller à l'assault, luy firent response qu'ils estoient prests de combatre en campagne, et que ce n'estoit leur estât d'assaillir les places. Le seigneur de Montmorency, voyant la volonté desdits Suisses, les pria de se mettre en bataille sur un hault prochain de la ville, pour faire escorte aux assaillans, ce qu'ils accordèrent ; puis fist mettre pied à terre à la gendarmerie, laquelle, ostant ses grandes pièces et grèves, se mist en equippage de donner assault. Ceux du chasteau ne pouvoient sortir sur la ville, pour les grandes trenchées que les ennemis avoient faict entre la ville et ledit chasteau; mais quand nostre gendarmerie vint au combat sur le hault de la brèche, ceux du chasteau, à coups d'artillerie, empeschoient les Impériaux de venir à leurs