‹ Mémoires de Martin et Guillaume Du Bellay (volume 4)Chapitre 18 sur 258 · XXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION

La trêve de Bomy (30 juillet 1537) ayant mis fin à la guerre de Picardie, François I er put diriger tous ses efforts du côté du Piémont, où M. de Humières avait été contraint de battre en retraite devant le marquis del Vasto, le nouveau capitaine général de Charles-Quint au Milanais. Martin du Bellay eut à reconstituer sa bande de chevau-légers (200, dont 20 double paye) * et à rejoindre l'armée royale, dont la concentration s'opérait à Briançon. Lie 26 octobre, Montmorency force le pas de Suse et s'établit entre Suse et Bussoleno, puis, apprenant que l'ennemi s'est retiré de devant Pignerol et Turin, il descend rapidement la vallée de la Doire Ripaire, emporte Avigliana et marche sur Rivoli. Il y laisse Martin du Bellay avec sa compagnie et deux bandes de gens de pied français pour attendre les Suisses, 4,000 hommes, demeurés en arrière, en faire une masse et les conduire où besoin serait. Les Suisses arrivés, Martin reçut l'ordre de laisser les deux bandes pour tenir les passages et de marcher droit sur la plaine de Moncalieri (le 11 novembre), où les deux armées étaient en présence depuis la veille. Les Impériaux battent en retraite, sans

21 août 1537), ce qui n'empêcha pas Martin d'obtenir au début de 1539, toujours en échange de l'office de secrétaire, celui d'auditeur des comptes à Paris, vacant par la mort de Jean Tertereau, < combien que ledict office d'auditeur soit de meilleure et de plus grant valleur que ledict office de secrétaire, duquel office d'auditeur ledict Seigneur [roi] veult et entend que ledict capitaine [Martin] face son proffict » (Arch. nat., J962 1 * 33, 962 16 3 et 9). Martin vendit cet office 3,500 livres, mais cette somme fut touchée non par lui, mais par Jean du Bellay « pour s'en ayder », contre promesse de remboursement. Ce remboursement, Martin l'attendait encore au début de 1547. Bibl. nat., ms. fr. 10485, fol. 176 (Martin à M. de Saint-Main).

1. Arch. nat., J962, n<> 48; Bibl. nat., ms. fr. 3058, fol. 60 v«. Le payement commence le 1" octobre.

INTRODUCTION. ïrîn

être autrement inquiétés. Martin retourne à Rivoli, puis va à la rencontre du Roi jusqu'à Bussoleno et l'accompagne ensuite jusqu'à Carignan. Renvoyé à Rivoli, il réussit à reprendre près de Yolpiano un convoi d'argent intercepté par l'ennemi 1 . La campagne de Piémont se termina sans autre incident; à la nouvelle de la trêve de Monçon (16 novembre), la convention de Carmagnole (28 novembre) fixa la position respective des deux armées.

Les Français gardaient le territoire conquis; le sieur de Mont jehan fut laissé comme gouverneur général du pays. Guillaume du Bellay eut le gouvernement de Turin. Il garda auprès de lui la bande de son frère, dont il avança parfois la solde et qu'il se préoccupa de fournir de vivres, en attendant qu'elle fût partiellement cassée, lorsque la prolongation de la trêve rendit improbable la reprise des hostilités 2 . Quant à Martin, devenu disponible, il seconda le gouverneur de Turin, dont il fut le courrier et l'informateur de confiance auprès de la cour. Nous le voyons apporter des nouvelles ou chercher des ordres à Moulins, à la Côte-Saint-André, à Âix, à Fréjus, à Villeneuve, pendant que le Roi se déplace vers Nice, à la rencontre du pape 3 . En octobre 1538, lorsque

Page 1