INTRODUCTION
Parmi les grandes familles qui, durant la première moitié du XVI e siècle, se distinguèrent dans l'Église, la guerre ou la diplomatie, l'une des plus remarquables à la fois par le nombre de ses membres, par l'éclat et la variété de ses services fut certainement celle des du Bellay 1 . De date ancienne et d'origine angevine, elle essaima aux environs, dans le Maine, le Dunois et le Vendômois. C'est ainsi que nous trouvons à la an du XV e siècle un des cadets, Louis du Bellay, pourvu des seigneuries de Langey, de la Jousselinière, des moulins, prés et rivière de Cloye, ainsi que d'autres domaines assez considérables situés aux lisières du Perche et de la Beauce. De ce Louis du Bellay, seigneur de Langey, ' descendent les auteurs des Mémoires que nous allons rééditer.
Il avait épousé, vers 1490, Marguerite de la Tour-Landry. Il en eut une nombreuse descendance : six fils, Guillaume, Jean, René, Martin, Nicolas et Jacques, et deux
1. Voir Y Histoire généalogique de la maison du Bellay, par Louis Trincant (bibl. Sainte-Geneviève, ms. 537), et les généalogies qui se trouvent à la Bibliothèque nationale, mss. fr. 20222, 20229, 20234, 20241, 20252, 20265 et 20292; V.-L. Bourrilly, Guillaume du Bellay, seigneur de Langey, ch. i; M. Bâché, les Livres de raison de Jean V et de Jean VI du Bellay, abbé de Saint-Florent de Saumur, extrait de la Revue de l'Anjou, 1905; abbé Blanchard, les Du Bellay à Glatigny, dans le Bulletin de la Société archéologique du Vendômois, 1895, p. 358-376.
Il INTRODUCTION.
filles, Renée et Louise. Des filles, Tune, Louise, épousa Jacques d'Aunay, sieur de Villeneuve-la-Guyart, et l'autre, Renée, Ambroise de Gravy, baron des Cousteaux. Quant aux fils, nous avons sur les deux derniers, Nicolas et Jacques, fort peu de renseignements. De Jacques il est resté une lettre datée de Porto- Venere, le 8 mai 1527 1 . Il avait accompagné en Italie Renzo da Ceri. Sa compagnie de chevau-légers ayant été cassée, il servait de courrier. Son frère aîné, Guillaume, l'envoyait à Sa vone chercher de l'argent afin d'assurer la défense de Clément VII : c'était au moment où Rome se trouvait sous la menace des Impériaux, conduits par le connétable de Bourbon. Pourvu, dans la suite, d'une bande de 2,000 fantassins, Jacques participa à l'expédition de Sardaigne et fut tué devant Sassari en décembre 1527*.
Nicolas avait « toute sa fantaisie à la mer ». Embarqué dès l'âge de dix ans, il entra dans l'ordre de Rhodes ; il devint commandeur de Fieffés et jouissait d'une certaine réputation; c'est du moins Jean du Bellay qui l'affirme dans une lettre au grand maître Anne de Montmorency, où il sollicite, pour son frère, le commandement des galères laissées par feu Bernardin de Baux 8 . Nicolas prit part, lui aussi, à la campagne de Sardaigne et, sous Lautrec, à celle de Naples; il mourut devant cette ville au mois d'août 1528*.
René et Jean furent d'église. D'abord conseiller clerc au
1. fiibl. nat.,ms. fr. 3080, fol. 427 (à Jean du Bellay), 149 (Jean du Bellay à Montmorency, Briare, 16 mai 1527).