‹ Mémoires de Martin et Guillaume Du Bellay (volume 4)Chapitre 217 sur 258 · Binasco, à 15 kil. à Test de Vigevano · texte numérisé non relu

Binasco, à 15 kil. à Test de Vigevano

278 MÉMOIRES DE MARTIN DU BELLAY. [Oct.i523

ayans failly à rencontrer monsieur de Bourbon, lequel s'estoit sauvé en la manière que je vien de déclarer, allèrent à Ghantelles, laquelle place leur fut rendue par le capitaine, après avoir esté sommé de la part du Roy, son souverain seigneur; en laquelle place ils trouvèrent tous les meubles de la maison de Bourbon, qui estoient les plus beaux qui fussent en la maison de prince de la Ghrestienté, qu'ils mirent entre les mains du Roy. Semblablement mirent en l'obéissance dudit seigneur le chasteau de Cariât 1 et generallement toutes les autres places de la maison de Bourbon. Aussi, peu après, le Roy feit prendre prisonniers par soupeçon messire Emar de Prie, capitaine de cinquante hommes d'armes, le seigneur de S.-Vallier, capitaine de cent gentils hommes de la maison du Roy, le seigneur de la Vauguyon, capitaine d'hommes d'armes qui pour lors estoit en garnison à Terouenne, et plusieurs autres gentils hommes, serviteurs de ladite maison, desquels encores qu'aucuns fussent trouvez avoir eu la cognoissance de ladite conjuration, laquelle ils n'avoient révélée comme ils estoient tenus, ce nonobstant à tous leur pardonna. L'evesque d'Autun, fils du feu gênerai Hurault, jaçoit que tous les biens, tant de luy que des siens, fussent venus du Roy et de ses prédécesseurs, fut souspeçonné d'avoir esté du conseil de ladite fuitte, parquoy fut mis prisonnier, puis après délivré ; mais, estant en liberté, se retira après mondit seigneur de Bourbon, et après le trespas de Hieronyme Moron, monsieur de Bourbon le feit chancelier de Milan 2 ; toutesfois depuis

Page 1