Née le 10 août 1520, morte le 2 juillet
3. Marguerite, née le 5 juin 1523, épousa, à la suite du traité de Cateau-Cambrésis (1559), le duc de Savoie, Emmanuel-Philibert, et mourut le 14 septembre 1574. Voir R. Peyre, Une princesse de la Renaissance, Marguerite de France, duchesse de Berry, duchesse de Savoie. Paris, 1902, in-8°. *
322 MÉMOIRES DE MARTIN DU BELLAY. [Oct. 1524
quoy, après avoir ordonné le seigneur de Levé pour demeurer à Pavie, et quand et luy mille ou douze cens Espagnols, et six mille lansquenets de ceux qui estoient retournez de Marseille, en toute et extrême diligence avecques le reste de l'armée s'en alla à Milan, craignant que le Roy arrivast le premier. Auquel lieu trouva les rampars et bastions tous ruinez : à raison dequoy il assembla tous les citadins, pour leur persuader de prendre les armes, dont ils firent refus, voyaris l'armée d'un si grand Roy près de leurs portes.
Prise de Milan par le Roy. — Le Roy cependant estoit arrivé à Vigeve, duquel lieu il depescha le marquis de Salluces, Michel-Antoine, accompagné de deux cens hommes d'armes et quatre mille hommes de pied, en espérance qu'il arriverait à Milan premier que l'armée imperialle. Estant le marquis par les chemins, fut adverty que le vice-roy estoit arrivé à Milan : mais pour cela ne laissa son entreprise, et donna droict à la porte Yerceleze : et trouvant les Espagnols dedans le fauxbourg, de vive force les remist dedans la ville, lequel après l'avoir conquis il garda, encores que par plusieurs fois les Espagnols fissent des saillies pour le luy faire abandonner. Le Roy, après avoir depesché ledit marquis, envoya le seigneur de la Trimouille avecques bon nombre de gens de cheval et de pied pour le soustenir : dequoy le vice-roy adverty, doubtant d'estre là dedans enfermé, sentant la volonté des citadins n'estre à sa dévotion, avant l'arrivée dudit seigneur de la Trimouille sortit par la porte rommaine, et avecques luy le duc de Bourbon et le marquis de Pesquaire et le reste de leur armée, prenans
Oct. 1524] DEUXIÈME LIVRE. 323
le chemin de Laudes. Les Milanois, se voyans hors du danger des Impériaux, ouvrirent la porte au marquis de Salusses, lequel fut reçeu à grande joye, et pareillement le seigneur de la Trimouille qui arriva peu après 4 .
Le Roy, estant adverty de la prise de Milan, mist en délibération ce qui estoit à faire. Plusieurs furent d'avis qu'il devoit suivre son ennemy droict à Laudes, laissant dedans Milan quelque nombre d'hommes pour la garde d'icelle; mesmes qu'on devoit mander aux seigneurs de la Trimouille et marquis de Salluces de gaigner les devans pendant que le Roy les suivrait, et de ne laisser prendre pied à l'ennemy. Autres furent d'advis d'aller assiéger Pavie, remonstrans qu'ayans deslogé de Pavie les forces qui y estoient demourées, aisément le Roy pourrait conquérir le reste du duché de Milan 2 . Enfin, ceste opinion fut suivie, et fut mandé au seigneur de la Trimouille de demourer dedans Milan, et au marquis de Salluces de se venir joindre avecques le Roy, lequel, partant de Vigeve, alla à Biegras, et de là devant Pavie. Plusieurs ont estimé, et y a eu grande apparence par les choses qui depuis sont advenues, que qui eust suivy la première opinion, qui estoit de poulser vivement après l'armée impérial le, la victoire et la conqueste du duché de Milan estoit nostre : car leur armée s'en alloit en tel desordre, que les soldats impériaux, pour le travail des chemins qu'ils avoient passé venans de Provence, jettoient leurs armes dedans