Le 24 février
Févr. 1525] DEUXIÈME LIVRE. 353
arquebouziers espagnols, accompagnez de quelques chevaux légers, ayant chacun une chemise blanche sur leurs armes pour se recognoistre, parce que le jour encores n'estoit clair. Puis suivit lesdits arquebouziers un bataillon <Je quatre mille, tant lansquenets qu'Espagnols des vieilles bandes meslez ensemble, après lequel marchoient trois bataillons, l'un d'Espagnols et deux de lansquenets, avecques deux grosses trouppes de gendarmerie sur les esles : tous lesquels prindrent le chemin de Mirabel, laissans l'armée du Roy à leur main gauche, ne voulans (comme j'ay dit) l'assaillir, parce qu'il estoit logé en lieu trop avantageux.
Je vous ay dit cy-dessus qu'il falloit que nos ennemis passassent à la teste de nostre armée ; parquoy le seigneur Jacques Galliot, seigneur d'Acié, seneschal d'Àrmignac, grand-maistre de l'artillerie de France, avoit logé son artillerie en lieu si avantageux pour nous qu'au passage de leur armée ils estoient contrains de courir à la file pour gaigner un vallon afin de s'y mettre à couvert de ladite artillerie, car coup à coup ils faisoient des brèches dedans leurs bataillons, de sorte que n'eussiez veu que bras et testes voler. Qui fat cause que le Roy, les voyant à la file, se persuada que l'ennemy estoit en effroy ; avecques un rapport qui luy fut faict que la compagnie du duc d'Âlançon et du seigneur de Brion avoient deffaict quelque nombre d'Espagnols qui vouloient passer à nostre main droicte 1 et qu'ils avoient gaigné quatre ou cinq pièces de menue artillerie ; lesquelles choses