‹ Mémoires de Martin et Guillaume Du Bellay (volume 4)Chapitre 31 sur 258 · INTRODUCTION. XXXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXXV

que ne pourrons accorder nos challumeaux. Monsieur mon oncle, pour ne vous parler point de querelle, je vous prye quesi vous vous povez passer de vostre cheval d'Espagne, que me le laissez et j'en payerai ce que vous direy. Je croys que nous yrons à Gand et Anvers avec l'Empereur. »

Effectivement, les Français suivirent Charles-Quint jusqu'à Anvers, d'où Martin du Bellay, le 22 novembre, envoie à M. de Maugiron la lettre suivante :

« Monsieur mon oncle, Je pense bien que vous estes de ceste heure de retour de Pycardie, qui est cause de faire adventurer ceste lettre. Si d'advant que nous soyons là, on ordonne des garnisons pour les gens d'armes, je vous recommande ma compaignye. Si j'avois les escus de Tomassin Gadaigne, il y a tant de belles choses en ceste ville que je trouveroys bien où les employer. Je vous y souhaitte avec les dix escuz : je vous serviroys de guyde pour vous monstrer les belles choses. De vous escripre de nostre négociation, ce seroit foulye à moy ; je ne sers que de faire l'honneur de la maison, j'entens de boyre d'aultant à ceulx qui nous viennent veoyr. J'espère aujourd'huy en faire mon debvoir, car le duc d'Escot [Philippe de Croy, duc d'Arschot] vient disner avec nous, qui est homme expérimenté en cest art. Si plaist à Dieu, bientôt nous en yrons, et puys je vous en compteray bien au long... »

L'ambassade française fut de retour dans les derniers jours de novembre. Il est possible que Martin du Bellay ait eu à remplir encore une rapide mission au camp de Boulogne. U fait dans ses Mémoires* une vague allusion à ce voyage qu'il exécuta pendant l'hiver, sans autrement préciser. Mais il semble qu'il faille le placer dans le courant de décembre

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