‹ Mémoires de Martin et Guillaume Du Bellay (volume 4)Chapitre 33 sur 258 · Mémoires, t. IV, p · texte numérisé non relu

Mémoires, t. IV, p

3. D'Is-sur-Tille, cette lettre à Maugiron, le 8 septembre 1546 : • Monsieur mon oncle, Je croy que vous creignés la Champaigne, car incontinent qu'en avez approché, vous avés tourné visaige. Je ne sçay si ce a esté cregnant d'avoir faulte de bon vin; si est ce

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moment, et sûrement en récompense des services rendus comme « fortiflcateur », qu'il fut inscrit parmi les gentilshommes de la Chambre, comme l'avait été son frère aîné 1 . La principale difficulté, comme toujours, était de trouver l'argent nécessaire. Martin s'y employa de son mieux, notamment en février 1547*. A la demande du Roi, il dressa « ung brief estât de l'argent qu'il fauldroit par sepmaine pour lesdictes fortifications ». Le chancelier Olivier souleva toutes sortes d'objections : l'Empereur ne ferait pas la guerre cette année, « il le prenoit sur sa teste » ; il € valoit mieux faire provision d'argent pour donner une

que je y avoys si bien pourveu par le long des chemyns par où le Roy debvoit passer que s'ils n'eussent esté aussy bons que ceulx de Vienne [Maugiron était gouverneur du Dauphiné], si est ce qu'ilz en eussent bien approché. Et si suys asseuré que je vous eusse monstre d'aussi belles fortifications, aussi bien devisées et construictes que celles de Bourg en Bresse. Laissons ce propos : je vous asseure que j'estoys party du bout de mon munde troys jours plus toast que n'eusse faict, sur l'espérance que j'avoys de vous trouver icy; mais puisque j'ay esté si malheureux d'avoir failly, au moings faictes moy si heureux de me faire sçavoir de vos nouvelles par lettres. M. de la Roche du Mayne est icy. Nous sommes venus ensemble, vous asseurant que ce n'a esté sans boyre souvent à vous... Vous n'estes point allé en Piedmont; si d'adventure vostre cheval d'Espaigne vous ennuyoit en vostre estable, il servirait bien à ung petit Roy à se promener par la Ghampaigne. » Bulletin historique... , 4895, fol. 28-29.

i. Bibl. nat., ms. fr. 7853, fol. 342.

2. Martin du Bellay était allé passer quelque temps à Glatigny pour s'occuper de sa maison. Voir ses lettres à Jean du Bellay, 23 janvier 1547, et à M. de Saint-Main, sans date (Bibl. nat., ms. fr. 10485, fol. 175 et 176). Il fut rappelé à la cour au début de février. Sur ses tribulations à ce moment au sujet des fortifications, voir ses lettres au cardinal, de Saint-Germain, 12 et 13 février 1547, et une lettre de Jean Moreau à Jean du Bellay, 17 février 1547. Bibl. nat., ms. fr. 10485, fol. 179, 180, et 2921, fol. 96.

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bonne bataille que de faire tant de places fortes » ; à quoi Martin répondit « que si la bataille se perdoit et qu'il n'y eust point de places fortes pour arrester l'ennemy, les affaires se pourraient porter mal... ». Après bien des allées et venues et de multiples pourparlers avec le Roi, le chancelier et le trésorier de l'Épargne, Martin finit par obtenir une ordonnance de 180,000 livres « pour parachever les fortifications », tandis que Claude de la Croix, baron de Plancy, et Guy Karuel, sieur de Boran, étaient chargés des vivres. Mais, « devant que la chose fust exécutée », François I er mourut, le 31 mars 1547, et tout demeura en suspens 1 .

L'avènement de Henri II entraîna de profonds changements dans le personnel du gouvernement et de la cour. Le vieux connétable Anne de Montmorency, en disgrâce depuis 1541, fut immédiatement rappelé; il revint dès le 1 er avril, avide pour lui, sa famille et sa clientèle de faveurs, de charges et de profits. En même temps, les représentants de la maison de Lorraine, surtout les fils du duc de Guise, compagnons de jeux et d'armes du nouveau Roi, se poussaient au premier rang. Dès le début du règne, on voit se dessiner les deux factions qui, de plus en plus ouvertement et âprement, vont se disputer l'influence et la direction des affaires. Les du Bellay n'eurent pas trop à souffrir de ces divisions. Sans doute, Jean fut envoyé à Rome et devait y demeurer, sauf une courte interruption, pendant trois ans; mais cet éloignement n'était pas précisément une disgrâce, et il ne faudrait pas prendre au pied de la lettre ses plaintes et ses jérémiades; c'était assez son habitude de récriminer et un moyen d'obtenir davantage. Quant à Martin, il demeura

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