XI41 INTRODUCTION
lement, le traité du 24 mars 1550 nous laissait Boulogne contre 400,000 écus d'or.
L'année suivante (1551), nous trouvons Martin du Bellay lieutenant général en Normandie, en l'absence de l'amiral Claude d'Annebault 1 . D'Annebault étant mort le 2 novembre 1552, Martin fut maintenu dans la même qualité auprès de son successeur, le duc de Bouillon, Robert de la Marck 2 . Il y demeura jusqu'à sa mort. La charge était importante 3 ; Martin y trouvait un autre avantage : Yvetot et Glatigny étaient si proches qu'il pouvait y faire de fréquents séjours et soigner les intérêts de sa « maison » sans négliger ceux de l'État.
1. Le 18 septembre 1551, il écrit à M. de Mau giron : « Monsieur mon père, Puisque ne voulez mander de voz nouvelles à vos anciens amys, il fault que je vous mande des nostres. Je vous advise que M. l'Admyral [d'Annebault] se porte aussy bien qu'il fist oncques : il a eu toute la compagnie de Bourgongne à laquelle il faict grand chère; et n'avons pas perdu ce temps pendant noz peynes en Normandye, car je vous advise que le baron de la Garde, en deux voyages qu'il a faict sus la mer, il a print jusques à vingt quatre ou vingt cinq naufs, dont le butyn estant dedans est estimé à la somme de vr à vn e mil escus. Vous povez penser à combien montera la part de M. l'Admyral, car, oultre son dixiesme, il en prendra pour le moins une vi* partye. Ce sera pour parachever nostre maison qu'avons encommencée à Annebault [Calvados] • (Bulletin historique et philologique du Comité des travaux historiques, 1895, p. 29-30). Martin fait allusion à deux coups de main exécutés en août-septembre 1551 par le baron de la Garde : la dispersion, le 20 août, prés de Falmouth, de vingtdeux hourques flamandes allant vers Lisbonne et, au début de septembre, d'une flotte hispano-portugaise. Voir Gh. de la Roncière, Histoire de la marine française, t. m, p. 481-483.
2. Bibl. nat., ms. fr. 1468, fol. 181; Pièces originales, 272, fol. 171-174.
3. Pour les attributions, voir L.-H. Labande, Correspondance de Joachim de Matignon, Introduction.
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Cependant, jusqu'en 1554, le gouvernement de la Normandie ne l'empêcha pas de participer aux grands événements du moment. Par les traités de Friedwald (5 octobre 1551) et de Chambord (15 janvier 1552), les princes protestants allemands s'étaient assurés contre l'Empereur le concours du roi de France, moyennant l'abandon de Metz, de Toul et de Verdun. Henri II s'empressa de mettre la main sur les territoires concédés : ce fut l'occasion du « voyage d'Austrasie ». Martin du Bellay y participa. On sait avec quelle rapidité opérèrent les Français; ils entraient à Toul le 5 avril, à Metz le 10, à Saverne le 3 mai et le 10 ils étaient à Wissembourg. Devant le mécontentement des Allemands et les préparatifs de Charles-Quint, le Roi et Montmorency crurent plus expédient de rebrousser chemin : par le sud du Luxembourg, Montmédy et Ivoy, l'armée française prit la direction de Sedan. Martin du Bellay la précédait en compagnie de trois autres maréchaux de camp : Pierre Strozzi, Imbert de la Platière, sieur de Bourdillon, et François de Scepeaux, sieur de Vieilleville 1 . Après la prise de Trélon, de Glageon et de Chimay , les troupes furent licenciées. A Folembray, le 26 juillet, le Roi donna le signal de la dislocation 2 .
1. De Grue, op. cit., t. II, p. 128. — En juin 1552, il fut un moment question d'envoyer Martin du Bellay à Rome porter la ratification de la convention conclue le 29 avril entre Henri II et le pape. Ce fut finalement Louis de Saint-Gelais, sieur de Lan» sac, qui fut désigné. L. Romier, les Origines politiques des guerres de religion, t. I, p. 294.
2. De ce lieu, le 24 juillet, Martin écrivait à M. de Maugiron : c Monsieur mon oncle, Je remectz à la suffisance de M. d'Yeres [Aubert d'Hières, sieur de Gbaravines] de vous faire entendre de noz conquestes qui sont grandes ; mais Dieu nous doint la grâce d'aussi bien les conserver que nous les avons conquises, car le