‹ Mémoires de Martin et Guillaume Du Bellay (volume 4)Chapitre 41 sur 258 · INTRODUCTION. XLIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XLIX

aboutir au traité de Cateau-Cambrésis (2-3 avril 1559) . Martin du Bellay ne vit pas ce résultat, conclusion des guerres qu'il avait suivies depuis leur début et dont les dates avaient marqué les principales étapes de sa carrière. Le 9 mars, il s'était éteint à Glatigny et, le 22 mai, il fut inhumé à la cathédrale du Mans, dans le tombeau que deux ans auparavant Jean du Bellay avait fait élever en l'honneur de Guillaume 1 .

U avait épousé, par contrat en date du 26 juin 1533 2 , Isabeau Chenu, fille et unique héritière de feu Jean Chenu, sieur de Putilles, et de Jeanne Crespin. Isabeau Chenu, qui n'avait pas plus de quinze ans, était demoiselle d'honneur des filles de France, Madeleine et Marguerite, et protégée par la tante de ces princesses, Marguerite, la reine de Navarre 3 . C'était un riche parti : Ysabeau Chenu apportait en dot les seigneuries d'Yvetot, Sainte-Marie-des-Champs, Saint-Clairsur-les-Monts, Escale- Alix, Mauconduit, Lasse, Ponthereau, le Plessis-Rougebec et Putilles. Les seigneurs d'Yvetot, ayant le droit de justice souveraine et jouissant d'exemptions militaires et financières qui leur conféraient une véritable indépendance, se qualifiaient de « rois », comme ils étaient princes

« a tousjours tenu garnison en Normandye et mesmes au bas pays, où elle a faict grande despence t. Bibl. nat., ms. fr. 10485, fol. 337.

1. Trincant, Histoire généalogique, fol. 209 v°; abbé Froger, Obsèques de Guillaume et de Martin Langey du Bellay y dans la Province du Maine, 1901, p. 213-215.

2. Trincant, Histoire généalogique, fol. 210 (1553, par suite d'un lapsus); M. Beaucousin, Histoire de la principauté d'Yvetot, dit que le mariage est du 31 juillet 1532.

3. Bibl. nat., ms. fr. 7853, fol. 397 (état de Tannée 1533 : Ysabeau Chenu, « ditte la reyne d'Yvetot »). Elle ne figure plus sur les états de 1534.

LÎI INTRODUCTION.

De son mariage avec Isabeau Chenu, Martin du Bellay n'eut que des filles 1 . Nous eu connaissons deux : Marie et Catherine. Pour assurer la survivance du nom de Langey et conformément à l'intention exprimée par feu le gouverneur général du Piémont, Marie épousa, le 17 décembre

1558, un sien cousin, de la branche aînée, René du Bellay, baron de la Lande, arrière-petit-fils d'Eustache du Bellay, sieur de Gizeux 2 . L'héritage de Guillaume du Bellay, la « librairie » et les papiers de Martin, une partie des biens du cardinal Jean passèrent à ce René du Bellay, qui assura, dix ans après la mort de son beau-père, la publication des Mémoires (1569). L'autre, Catherine, attachée à la maison de Jeanne d'Albret, fut gagnée aux idées nouvelles. Le jour des Rameaux 1561, ayant refusé d'accompagner à la messe M me de Langey, celle-ci la consigna dans sa chambre et lui

chitecte •. Le château avait une avenue splendide longue d'un kilomètre. « Le long d'une partie de cette avenue..., Martin fit planter des arbres en quinconces et l'on traça sur le terrain des allées qui figuraient une étoile. » Gomme René et comme Jean, Martin fut donc un fervent « planteur » (cf. Bibl. nat., ms. fr. 10485, fol. 180, Martin à Jean du Bellay, 12 février 1547, an sujet d'un achat de peupliers). Avec la passion des arbres, Martin avait aussi celle des chevaux, comme en témoignent plusieurs de ses lettres : il installa à Yvetot un marché aux chevaux et fit frapper une médaille pour perpétuer ce souvenir.

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