‹ Mémoires de Martin et Guillaume Du Bellay (volume 4)Chapitre 51 sur 258 · Ibid., t. IV, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. IV, p

ixn INTRODUCTION.

Bellay s'est étendu avec prédilection sur les événements auxquels il a participé ou dont il a été témoin : campagne de Picardie et du Luxembourg en 1543 S bataille de Cérisoles 2 , opérations dans le Boulonnais en 1545 3 . Le reste a été sacrifié, sinon tout à fait passé sous silence, sans souci de la proportion, ni même de la vérité. Guillaume du Bellay avait entrepris de composer une histoire ; Martin, lui, se borne vraiment à écrire ses mémoires. Soldat avant tout, il ne s'intéresse guère qu'aux événements militaires, qu'il rapporte d'ailleurs exactement; s'il mentionne les missions diplomatiques ou les traités, c'est seulement en passant. Nous n'avons plus de ces longues analyses d'instructions, ni de ces exposés en forme de discours auxquels se complaisait Guillaume du Bellay. La narration est simple, quoique parfois non exempte de lourdeur, nue et sans ornements, évidemment, Martin ne s'est pas « beaucoup arresté à farder son ouvrage des couleurs de rhétorique ». En revanche, il ne tombe pas dans l'apologie, comme trop souvent Guillaume; l'auteur des Ogdoades se souvenait trop des plaidoyers que son maître l'avait chargé d'écrire aux Allemands ou aux princes d'Empire. Martin du Bellay n'avait pas les mêmes préoccupations et, somme toute, il se rendait justice lorsqu'il prétendait « n'avoir aucunement enrichy la besongne pour vouloir flater ou taxer autruy 4 ».

Martin du Bellay mourut avant d'avoir pu tenir la pro-

4. Mémoires, t. IV, p. 124-187. Cinq ou six pages lui suffisent pour relater les tentatives contre Nice et l'intervention de l'escadre de Barberousse.

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