‹ Mémoires de Martin et Guillaume Du Bellay (volume 4)Chapitre 57 sur 258 · AU ROY TRÈS-CHREST1EN · texte numérisé non relu

AU ROY TRÈS-CHREST1EN

*tenu en son estât, s'est dextrement tiré des dangers où il estoit tombé, s'est magnanimement porté en adversité, et modestement en félicité ; j'ay pensé aussi que les anciens capitaines qui vous restent de son temps receveroyent quelque soulagement en leur viellesse, se voyans nommez aux discours des guerres où ils ont esté, et s'y recognoissans quasi comme feit Aenee en la painture qu'il trouva dans le temple de Junon à Gartage 1 . Pareillement que ce seroit un grand aiguillon pour esmouvoir à vertu les jeunes seigneurs de vostre cour, d'y rencontrer souvent le nom de leurs pères : d'autant que les exemples domestiques ont trop plus de force pour encourager la jeunesse à bien faire que ceux qui sont recueillis des estrangers.

Bien est vray qu'il se treuve plusieurs histoires escrites du mesme temps : mais, outre que ceste-cy contient plusieurs discours qui n'estoyent encores divulguez, elle a cest advantage de n'avoir aucune crainte que les gens de guerre, en la lisant, dient un mot qui leur est familier : c'est que l'autheur en parle comme un clerc d'armes. À la vérité, il siet bien à chacun de traitter de l'affaire auquel il est versé : c'est pourquoy les histoires de Thucydide ont esté entre les Grecs en plus grand prix que celles de Theopompe et d'Ephore*, par ce que ceux cy estoient philosophes ou orateurs, mais luy avoit eu plusieurs charges en la

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