‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay;Chapitre 101 sur 200 · Bcurej, très probablement; Toir supra, p. 167, n. 2. IV U · texte numérisé non relu

Bcurej, très probablement; Toir supra, p. 167, n. 2. IV U

194 llÉMOIRB»iiJMiKi IM; BELLAY. (Janv. IM4

pajneil pouvoir, le viconte d*EilMiget, surnommé cI*Adgkirre, avecques sa compagnie de cinquante hommes d'armes et quinze cens hommes de pied. Le prince de Melphc ayant exécuté ce doot il avoit la charge se retira à Stenay, auquel lieu il rompit son armée, laquelle fut séparée par les garnisons de Champagne et de Picardie pour le reste de Thyver faire teste à l'eniMimy et conserver les cboees que nous avions conquises.

Boutiereê lieutenant du Roy en Piémont et ce quHl y feit. Priée de S. Germain^ ville en Piémont. — Pour retourner au seigneur de Boutieres, lequel cstoit lieutenant du Roy en Piémont, après qu'il eut receu le renfort que le Roy luy envoyoit, de trois à quatre mille hommes de pied françois, levez en Provence, Dauphiné et aux environs, et les cinq mille Gruyeot, avecques deux ou trois cens hommes d'armes, la campagne, que de long temps il avoit perdue, fut recouvrée; et ayant ses forces assemblées fut conseillé, cependant que l'ennemy estoit empesché à la fortification de Garignan (laquelle toutesfois estoit desja en deffence) de prendre le chemin de Verceil, pour tenter s'il pourroit eslargir les palis du Roy du costé de deçà le Pau. Suivant lequel ad vis ledict sieur de Routières print le chemin de Verceil et d'ivrée; et y ayant mis en son obéissance plusieurs petites places, assiégea Saioct Germain ^ qui est sur le grand chemin de Ghivas à Verceil, espérant la surprendre, mais il b

1. San-GeroMQO Vercellet«, à 15 kil. an nord-oneat de Verceil. L'affaire est du 11 janTier 15U. Voir Mollard, U Cor* tBggio de» ambiutaHeurn d« Mamtoue^ dans le ButUtim du Comité dé» trop—x historique», 1896, p. 443444; Segre, op. eu., p. 48-49.

Janir. I&44] DIXitlIE LIVll. lH

trouva pourveue de gens de guerre : à oeste cause îl ûi planter sou artillerie contre le lieu que Ton jugea le phtt débile. Vray est que c'estoit une ville ny (lanquée, ny fort remparée, mais le foesé en estoit bon et estoit le bort d'iceluy fossé anssi hault que la muraille, de sorte que Tartillerie ne pouvoit plonger jusques au pied d'iœlle, toutesfois il y fut faict quelque brèche, non nioins digne que desraisonnable d*estre assaillie : ce Dooobstaot doz gens de pied françois, voyans qu'il y avoit jour à ladicte muraille, donnèrent dans le fossé, et mesmes le capitaine Achau\ Basque, qui portoit reoMigoe colonnelle du sieur de Tais, et le capitaine Garrou, autre Basque, lieutenant dudict sieur, et le CBfMtaiDe Saincte Marie, aussi Basque, lieutenant du oapitaioe Renouart*, donnèrent jusques sur le hault de b bredie, suivis de beaucoup de bons compagnons, mais aussi furieusement qu'ils assaillirent, ils furent repoussez, et y moururent lesdicts capitaines Garrou et Saincte Marie, et le capitaine Achau, porteur de renseigne colonnelle, y reoeut trois ou quatre arcbouadea tant dedans les bras que le corps et fut renversé (renseigne au poing) dedans le fossé. Duquel lieu ne pouvant partir pour ses blessures, et pour le trait de Tarcbouzerie de ceux de la ville, se rengea son enseigne au poing contre la muraille au costé de la brèche dont on ne le pouvoit desloger qu'à coups de

i. Jean d'Echanz, fils natorel de Gracian d'Echaaz, vicomte de Bal^rry en Basse-Navarre. Voir la notice de P. Coorteanlt, Comumemtaires de Biaise de Motduc^ p. 316, note 1.

2. Le capttaiiM Renooard est cité par Monluc, Commetuairetf t. I, p. 232-233, 281-283; Catalogue des actes, t. VI, n* 22936 (22 décembre 1544).

Hè MéMOIRBS Dl MARTIN DU BOXAT. (JuT. 1544

pierre, parce que ladide ville n'estoit flanquée, d j demeura jusques au matin, que noz gens se preparoient de faire nouvelle batterie, pour donner nouvel assault. Les assiégez, estonnez de la hardiesse et fureur des nostres, n*o8erent plus attendre, ains parlementèrent, à telle condition qu'ils s'en allèrent leurs bagues sauves, laissans la ville avecques les munitions de vivres et d'artillerie en Tobeissance du Roy. Ledict seigneur de Boutieres, ayant pourveu à ladicte place, marcha devant Ivrée, laquelle assiégea de toutes parts ; mais durant ce siège, qui fut environ Noël de ladicte année mille cinq cens quarante trois', le Roy, adverty que ledict de Boutieres n'estoit bien obey en son armée, depescha monseigneur François de Bourbon, sieur d'Anguien, pour aller en lieu d*iceluy sieur de Boutieres, eslre son lieutenant gênerai en Piémont*. D'autre part, le Roy n'avoil trouvé bon que ledict de Boutieres eust permis Pennemy si légèrement fortifier etenvitailler Garignan, sans l'en avoir empesché.

Monsieur d*Anguien lieutenant du Roy en Piémont. — Monseigneur d'Anguien, arrivé qu'il fut en poste à Turin', sçachant que le sieur de Boutieres estoit devant Ivrée, luy feit entendre sa venue à oe qu'il eust à luy envoyer escorte jusques à Chivas, pour le conduire au camp en seureté. Le sieur de Boutieres ne voyant espérance qu'il peust prendre Ivrée, ou bien mal

1. Le siège d1vré« dura du 12 au 23 janvier 1544 (Segre, op. eU., p. 48-49).

2. Le comte d'Bnghien fut nonmé, le 26 décembre 1543, lieutenant général du roi en Piémont. Catalopu du metUt t. IV, n« 13505.

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