Guillaume de Dinteville, s' des Chenets
6. Jacques de Gousoles, gentilbommo de Bourbonnais, écuver d'écurie depuis 1540 (Paillard et liërelle, op. eit.^ p. 91).
Juin 1S44] Dnitm Lmil. t41
chevaux légers, de laquelle il donna la charge à monseigueur le Dauphin, aj^ant avecques luy le duc d'Orléans, soo frère, et à monseigneur l'amiral d*Annebault la principalle conduide, pour Tadministration du coOÊÔIk desdicts princes. Et attendant que ses foroM fassent assemblées pour faire teste et arrester Teonemy, il envoya le comte de Sancerre* pour estre son lieutenant gênerai dedans Sainct Disier, place qui estoit mal flancquée et mal remparée et indigne d'atteiKire un camp impérial ; toutesfois il entreprint d'y faire le devoir qu'il y feit, avec la compagnie de monsdgoeor d'Orléans de cent hommes d'armes, dont ledict comte de Sancerre estoit lieutenant, et autres, le capitaine la Lande et le viconte de la Rivière 2, ayans chacun mille hommes de pied.
Prùe de tÀgny. — Ce temps pendant, l'Empereur fais<Nt diligence d'approcher le chasteau de Ligny pour y faire bredie, mais parce que les assiégez ne se pouvoient tenir à leurs deffences, d'autant que ledict chasteau est oonmiandé de deux ou trois montagnes, la bredie faicte, les assiégez furent conseillez de parlementer, et durant leur parlement les ennemis entrèrent dedans par la porte du secours et prindrent par derrière ceux qui estoient sur la brèche pour attendre Passault et les firent prisonniers sans faire grand meurdre. Je ne sçay qui en fut le moyen, sinon que
1. Louis de BaeW, comte de Sancerre. Voir la notice qne loi consacrent A. Rozet et P. Lembey, op. cit., p. 68-75.
2. François de la Rivière, s' de Baines et de Quincy-le- Vicomte [Cmtalogue des actes, t. III, n* 10600; t. V, n« 16732; t. VII, n«« 27703 et 28014).
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tu MtMOIRES DE MABTIN Dt' BELLAY. (Juin IS44
Bretheville^ lieutenant du coniie de Brienne, sortit le premier pour parlementer*. Les diefs s'en descfaargerent Tun sur Pautre, mais la pluspart ne s'en sçauroit bien laver; vray est que la place n'estoit pour endurer l'efifort d'un Empereur estant en personne; aussi n'estoient ils menez à telle extrémité, qu'elle ne meritast une honneste composition, et aussi des principaux de la com{>agnie avoient asseuré le Roy qu'elle estoit gardable et luy avoient promis de la garder; mais à vray dire je pense que ces prometteurs se persuadoient que l'Empereur prendroit autre chemin et vouloient avoir l'honneur de l'avoir entreprins: plusieurs en sont ainsi deceus, se fians à leurs advertissemens qui ne sont certains; j'en ay veu plusieurs expériences. Le Roy, ayant entendu la prinse dudict Ligny si soudaine, envoya incontinant dedans Chailons en Champagne monseigneur de Nevers avecques quatre cens hommes d'armes et cinq ou six mille liommes de pied. Puis ayant entendu que l'Empereur s'estoit attaqué à S. Disier, manda à monseigneur le Dauphin de 8*en aller camper sur la rivière de Marne, en tel lieu qu'il peust empescher l'ennemy de marcher plus avant en pals. Suivant lequel mandement mondit seigneur le Dauphin envoya visiter les lieux plus oonuDodes, et fut conclu par l'advis des capitaines de se loger à Jallon', qui est environ mi chemin d'Espemay et de Chailons deçà l'eau, auquel lieu le vindrent trouver les
i. Jean de Fonlenaj, •' de BercheviUe.
2. La eapitalation de Ligny est du 20 juin. Voir aar le siège et la prise de tigny, Paillard et Uérelle, op. cix., p. 90-106.
3. Jalons, sur la Marne, cant. d'Icury-sor-Owle, arr. d« Chilona (Marne).
Jolll. 1544) DUltm LPril. «43
bandes vefians de Piémont, tant fraoçoises qu*italieiiiies,bien années et en bon equippage, el bien deliberéea de combattre, lesquelles monseigneur d*Anguien avoit envoyées, suivant le mandement du Roy. Naguère» je vous ay dict comme le seigneur Pierre Stroase fbt defaict ; si est ce que sa personne s'estant saurée retourna à la Mirandolc, auquel lieu luy et le duc de Sonune, qui avoit esté prisonnier en ioelle defaide, mais avoit esté relascbé par le prince de Saleme, son parent, qui craignoit que s'il tomboit entre les mains de TEmpereur il fust mal Iraitté, Hrent nouvel amas de six mille hommes de pied et délibérèrent de passer par le duché de Milan en despit des Impériaux pour se venir joindre à monseigneur d'Anguien, lequel estoit despourveu de forces; car outre les douze mille hommes tant François qu'italiens, lesquels on luy avoit levez, tous les Suisses, hors mis deux mille, avoient esté licenciez, ayans obligation d'estre payez en leur pais. Le marquis du Guast, estant adverty de ceste nouvelle assemblée, amassa le plus d'honmies qu'il luy fiist possible, tant de cheval que de pied, pour empescher ledict passage, de sorte que ledict seigneur Pierre fut contrainct, parce qu'il n'avoit aucune cavalerie, d'abandonner la plaine et venir du Parmezan passer par les montagnes des Genevois S où il endura beaucoup de peines et de travaux; mais ayant nouvelles que ledict marquis l'attendoit à la descente des montagnes, il envoya par espions advertir mooaeigneur d'Anguien de son passage et du chemin qu*il entreprenoit de faire, lesquels le trouvèrent à