La prise d'Alba est de la fin juillet
2. Comelio BentiToglio, faTori du Dauphin, qui fut plus tard soupçonné d'aroir lancé le coffre qui tua le comte d'Enghien. Voir É. Ficot, Us Italiens en France au XVI* $iècte, dans le BuIleUn italien^ 1903, p. 29, note 2.
tM lOblOmt os MAITIN DU BILLAY. [Jaill.-août 1544
retira à Carmagnole, après avoir mis en son obeiftsance la plus grande part des cbasteaux du pays des Langues. Quelque peu de temps après, le marquis du Guast feit praticquer par le gouverneur d'Alexandrie une suspension d'armes, jusques à ce qu'ib eussent envoyé devers le Roy et TEmpereur, pour sçavoir si Leurs Majestez auroient agréable de conclure une trefve, ce qu'ils accordèrent, après avoir eu le consentement des deux Majestez, pour trois mois*.
Siège de S, Disier par f Empereur. — Revenons eo Champagne. L'Empereur ayant entre ses mains le chasteau de Ligny, y laissa garnison, d'autant que c'estoit le chemin des vivres qui luy venoient de Mets et de Lorraine, pour tirer à Sainct Disier, où il tendoit aller, et ayant mis ordre à la seureté de la couduitte d'iceux vivres, dressa son chemin audit Sainct Disier, cinq lieues au deçà de Ligny, sur la rivière de Marne, et y arriva environ le huictiesme jour de juillet 1544'. Le comte de Sanxerre, le sentant approcher, envoya au dessus de la ville, tirant aux forests, rompre quelques estangs qui empescherent que de ce oosté pour quelque temps l'Empereur ne peust approcher, qui fut cause qu'il tourna son siège ailleurs pour faire sa batterie. Aussi le comte de Sanxerre jetta dehors le seigneur de Teligny', guidon de sa compagnie, avecques vingt cinq chevaux pour entendre
1. La suspension d'armes est du 8 août. Voir Segre, op. eti., p. 68.
2. Ferrant de Gonzague arriva devant Saint • Disier le 5 juillet; Cbarle»- Quint, le 13 seulement.
3. Louis de Théligny, fils de François de Thélignj et de Charlotte de la Haye, échanson du Dauphin.
Jaill. 1S44] DlXlftMl LHIB. U9
des nouvelles, lesqueb ramenèrent dix ou douze prisonniers, qui luy donnèrent advertissement de l'enneniy, lequel, incontinent qu'il fut arrivé devant Sainct Disier, feit diligenter en toute extrémité les approches du oosié d*entre les moulins et la porte, qui souloit tirer droit à Parthe* et à Vitry. Ce pendant monseigneur le Dauphin depescha le seigneur de Brissac, général de la cavalerie légère, et environ deux mille hommes de pied, tant François qu'Italiens, pour se loger à Yiiry en Parthois^, cinq lieues près dudit Sainct Disier, mi chemin dudit lieu et de Challons, afin de lousjours donner empeschement à l'Empereur et à ses vivres, et aussi pour le tenir en crainte de donner assaut. Or est ledit lieu de Vitry une petite ville mal fermée et un petit chastelet, qui est sur une pointe de montagne, et passe par le milieu d'icelle ville une rivière' venant de Ligny à Bar le Duc, puis se descharge au dessous de Vitry en la rivière de Marne. Grosse rencontre de monseigneur de Brissac avec les ennemis. — L'Empereur voyant ordinairement son camp fort travaillé de nostre cavalerie légère qui estoit à Vitry, laquelle de jour en autre destroussoit ses fourrageurs, dont advenoit grande nécessité de vivres en son camp, délibéra de les en desloger, et pour cest eflfect depesdia dom Francisque d'Esté, frère du duc de Ferrare, gênerai de sa cavalerie légère, avecques toute sa troupe, et le duc Maurice de Saxe, avecques douze cens chevaux allemans, et le comte