‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay;Chapitre 130 sur 200 · Le fray Gabriel de Guzman, déjà cité · texte numérisé non relu

Le fray Gabriel de Guzman, déjà cité

268 MÉMOIRIS DK MAHTIN DU BELLAY. [Sept. 1544

d'autant que c'estoit Tune des estapes de nostre camp ; diose qui luy donna occasion de passer outre jusquet à Chasteau Thierry S où pareillement il surprint les vivres en si grande abondance, que son armée qui estoit affamée se remist en vigueur. Audict lieu de Chasteau Thierry fut grand mutinement entre les Espagnols et lansquenets dudict Empereur, de sorte qu'à peine peurent ils estre cmpesdiez de ne se donner la bataille les uns aux autres, à cause que lesdits lansquenets trouvoient mauvais que les vivres leurs finsent départis par lesdiets Espagnols.

Monseigneur le Dauphin adverty de la faulte advenue à Espernay, laquelle pourroit estre cause de faire marcher TEmpereur jusques près Paris, depescha le sieur de TOi^es^ avecques sept ou huict mille hommes de pied et quatre cens hommes d*armes pour entrer dedans Paris, y advenant le besoin, lequel s'arresta à Lagny sur Marne' pour estre plus à propos pour exécuter ce dont il avoit charge, car ledit lieu est à cinq lieues de Paris. Puis suyvant la rivière en toute diligence gaigna le devant et vint camper à la Ferté sous Jouarre^, et quatre lieues au dessous de Chasteau Thierry sur la mesme rivière, et envoya à Meaux t>on nombre d'hommes pour empescher le passage audit

i. L«s Impériaux arrÎTèrent à épemay le 4 septembre «n lotr; le 7 ils éuient à Chiteaa-Thierry.

2. Jacques de Montgommery, s' de Lorget, capitaine des archer» écossab. Voir Brantôme, CSntre*, t. lU, p. 294 ; t. V, p. 322.

3. Lagny-tur-Mame, cant. de l'arr. de Meaux (Seine-et- Marne).

4. La Pené*sous-Jouarre, sur la Marne, cant. de l'arr. de Meaux.

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Empereur; pais arecques soo armée s'approcha près de Parts, craignant que le roy d'Angleterre marcliast de ce oofité. L'Empereur, oognoissant la diligence que roondit seigneur le Dauphin avoit faicte de venir gaigner le passage de b Ferté et ayant craincte de tomber en extrémité de famine, tourna son chemin vers Villiers Goste Reets à travers le pays de Vallois, pour arriver à Soissons^

Diaeoun êur la paix que feit le Roy. — Cependant le Roy estoit à Paris importuné sous main de faire paix avecques TEmpereur, laquelle il consentit, néantmoins qu'il luy coutast de ses nouvelles conquestes, oognoissant (ores qu'audit Empereur il donnast la bataille) qu'elle ne se pouvoit passer sans grande perte d'hommes, soit ou qu'il la gaignast ou perdist, et que le roy d'Angleterre et le comte de Bures, lesquels avoient aussi puissante armée que la sienne, luy pourroient encore donner une bataille ; et perdant l'une ou l'autre, ou toutes deux, son royaume seroit en hazard ; et les gaignant, si ne pouvoit il beaucoup profiter, noesmes sur le royaume d'Angleterre, qui est insulaire. Joinct qu'il estoit tous les jours solicité par le mareschai du Biez, de luy envoyer secours de vivres devant Montrent, autrement il seroit contrainct par famine la remettre entre les mains de Tennemy. Pareillement n'estoit trop asseuré de la suffisance du seigneur de Vervin, qui estoit chef dedans Boulongne; et consideroit que s'il perdoit lesdictes villes, l'ennemy auroit entrée pour empiéter son royaume, et que difficile-

1. Sur ritinéraire de Cbarles-Qaint après Chiteau-Thierry, ▼oir Paillard et Uérelle, p. 348-359. Le passage de TEmpereor par Villers-Cotterets est très doateox, pour ne pas dire plus.

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ment elles pouvoient estre secourues s'il n*appointoit aveoques ledit Empereur. Parquoy depescha ramiral d*AnDcbaultV lequel fut trouver TEmpercur en Tabbaye de S. Jean des Vignes, aux faulxbourgs de Soissons^; auquel lieu estant arrivé, le Roy Tadvertit, comme il avoit eu nouvelles que le seigneur de Vervin a voit rendu Boulongnc' et qu'il procedast diligemment à la conclusion du traicté ; car si l'Empereur eust esté certain de oeste reddition (combien que la paix luy lust nécessaire), il eust esté plus hault en ses demandes.

Articles de paix avec V Empereur. — Il est faict mention aux précédents livres, comme tous les différends, ou la plus grande part, d'entre le Roy et l'Empereur, estoient meuzpour le duché de Milan, et que du vivant de feu monseigneur le dauphin François, premier Bis du Roy, iceluy Seigneur avoit proposé audit Empereur que dudict duché (comme propre héritage de la maison d'Orléans) il investist monseigneur Henry, duc d'Orlenns, qui depuis fut monseigneur le Dauphin et puis Roy, chose à quoy ledict Empereur n'avoit voulu entendre, mais bien avoit faict offre de faire le mariage de monseigneur Charles, duc d'Angoulesme, tiers fils du Roy, qui depuis a esté duc d'Orléans, aveoques sa

i. Cest le 10 septembre que furent signés les pouvoirs con* (èréê k dtude d'Annebauit, h Charles de Nnlly, mattre des requêtes, et à Gilbert Rayard, contrAlenr des guerres, pour traiter tirée les délégués de l'Empereur. Dumont, Cor/Mt diph^ maUqme^ t. IV, 2« partie, p. 287.

2. Charles-Quint était à l'abbaye SaintJean-des-Vtgnes le 13 Mptembre. Les demiert poorparlera pour la paix eurent Uta ks 15 et 16 septembre.

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