Philippe de Calant, «iear de Saint'Cjrr
Oct 1M5] DIXIÈME LIYU. 319
qui estoit à la sal vatioii des navires qui entroient dedans le canal de la Hvierc que pour tenir plus grand nombre degjHiacRseurelé) sortirent une nuict avecques toutes les foroes desdits lieux, pour surfirendre le fort que nous avions faict deçà Peau vis à vis de la basse Bouloiigne. D'autant qu'il y a voit encores la pluspart de la fortification où Ton pouvoit monter sans escheUe, et pouvoient eslre sortis pour Udite entreprise jusques au nombre de sept ou huict mille hommes tous bien délibérez de faire leur devoir. Or n*y avoit il entre la basse Bouloogne et le fort que la grève, de sorte qu'on tiroit de l'un en l'autre de poincte en Uanc d'une coulevrinc, et quand la mer est retirée on n'y est pas en l'eau jusques au gros de la jambe. Ils arrivèrent environ une heure devant le jour; mais Thibault Rouhault, seigneur de RiouS qui estoit lieutenant du Roy dedans ledict fort, et le capitaine Villefrandie, son lieutenant audict fort, sentans leur secours loing, faisoient la veille jour et nuict avecques la pluspart de leurs soldats et le jour se reposoient, dont bien leur print; car de première arrivée, les ennemis donnèrent sur le hault du rempart ; mais ainsi que furieusement ils assaillirent, aussi avecques grande asseuranoe ils furent recueillis (comme par gens qui estoient bien ad visez de ce qu'ils a voient à faire) et tout ce qui donna sur le haut fut tué et le reste renversé et mis à vau de roupie, et oncques puis n'osèrent entreprendre de les vouloir forcer.
Lepée de lansquenets pour le roy d'Angleterre inu-
1. Tlùbftalt Rouhanlt, sieur de Rion, sacceftsivemeiit eoseifne de U compagnie do connétable de Montmorescy et lira» tenant à la compagnie dn ùeor d'ileilljr.
320 MÉMOmiS DE MABTIN DU BELLAY. [Oei. 1545
tile. — Le Roy, estant adverty que son armée estoit retirée de la terre d'Oye, manda au mareschal du fiiez qu'il eust à se camper au Portel, qui est a un trait de canon du fort, afin de tousjours donner espaulle à ceux qui faisoient la fortification d*iceluy fort; et puis il print le chemin de Corbie, Ham et la Fere. Et estant arrivé audict lieu de la Fere*, adverty que desja les lansquenets qui venoient pour le secours du roy d'Angleterre estoient arrivez à Fleurines', qui est un gros village au païs du Liège, à dix lieues de Mesieres, depesclia le seigneur d'Anguien, François de Bourbon, pour aller à Guyse avecques trois cens hommes d'armes et quelque nombre de gens de pied pour empescher lesdits lansquenets d'entrer par cest endroict dedans *ses pais. Pareillement le Hoy depescha le seigneur de Longueval, son lieutenant en Champagne, pour aller lever la légion dudit païs et pourvoir tous les passages par où il cognoistroit que l'ennemy pourroit entrer ; et dedans Mesieres (qui estoit la ville de plus grande importance si l'ennemy l'eust surprinse) envoya le seigneur de Langey avecques mille hommes de pied et les arrierebans de Bourgongne et une partie de ceux de Champagne. Ce faict, il meit ordre d*estre seurement adverty des entreprises de reouemy; car l'Empereur (craignant que ceste grosse armée d'Allemans, tant de pied que de cheval, entrant en son palis et le trouvant despourveu de gens de guerre n'y feisl quelque dommage) leur refusa le passage par ses pals. Qui faisoit douter au Hoy, que se voyans