Marcq, canl. d« CaUdt, arr. de Boulogne (Pas-de-CaUU
318 Ht MOIRES Dl MARTIN DU BELLAY. fOet. 1545
la gendarmerie qui estoit devant que lesdicU Anglois furent deffaits et la pluspart tuez sur le champ; les autres se sauvèrent à la faveur des fossez, où la gendarmerie ne les pou voit suivre. Si fut ccste charge si sanglante que quatre vingts ou cent chevaulx des nostres y demeurèrent ou morts ou blessez, et plusieurs hommes d'armes, spécialement de la compagnie de monsieur de Boisy, conduicte par le seigneur de Sainct Sire*, son lieutenant.
Noz gens a y ans forcé le fort et defaict les Anglois qui venoient pour leur empescher le passage, nostre camp se logea ; mais la pluye survint si véhémente la nuict que les fossez qui sont en ladite terre d*Oye pour esgouter les terres, devindrent grosses rivières, de sorte qu'il eust fallu autant de ponts comme il y avoit de trenchées; par quoy fut résolu de se retirer, parce que continuant la pluye on n*eust eu le moyen de ramener rartilleric sans grand hazard ; si est ce qu'avant que partir on brusla grande partie des villages jusques auprès de Marc.
EtUreprinse d' Anglois vaine. » Pendant que nostre armée fut en la terre d'Oye, les ennemis qui esloient forts dedans la haulte et basse Boulongne et en la tour d*Ordre (qui est assise sur la pointe où la rivière qui passe au Pont de brique se descharge en la mer, laquelle tour Jules Gesar feit édifier quand il passa en Angleterre, pour tenir une lanterne au bault d'icelle pour radrcsser ses navires, si de fortune luy advenoit tourmente comme à son premier passage ; tout autour de laquelle les Anglois avoient faict un foK de terre bien flanqué, tant pour la oooservation de ladicte tour