‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay;Chapitre 155 sur 200 · Hooiay, cant. de Stenaj · texte numérisé non relu

Hooiay, cant. de Stenaj

3. Le patuge de Charles-Quint p«r Ivoy et le Laxemboorg e«t de U fin du mois de mars 1546.

4. Don Lais de AviU, auteur du Commentario de la guerra de Âltmaka^ édité i AnTcrs, 1550, in-fol.

326 MÉMOIRES DB MARTI?! DU BELLAY. (Oéc. I54S

Aussi le Roy feit besongner au ohasteau de Saioetc Menehoult; à S. Disier feit faire trois gros boaleverts; à Chaumont en Bassigny pareillement commença à forlifier, et à Coiffy fcil commencer une citadelle, lequel lieu de CoifTy est à la portée d*une coulevnne de la Franche Comté, sept lieues plus outre que Cbaynoont et à six lieues par delà Langres; et à Ligny feit commencer un chastcau sur le hault de la montagne tirant à Gommercy ; mais la mort le surprint devant qu'avoir parachevé lesdictes fortifications.

Peste au camp du Roy au pais de Boulongne. — Durant cest hyver, la guerre se faisoit ordinairement entre les Anglois et les François qui estoient dedans le fort d'Oultreau, vis à vis de la basse Boulongne, et j eut audict fort à l'occasion des neiges, pluyes et mauvais temps, telle véhémence de peste qu*en une nuict seule furent mis en terre plus de six vingts soldats (chose que je vey y estant allé de par le Roy) et ooo* tinua de sorte qu'enfin on ne leur faisoit autre sépulture, sinon quand tout estoit mort en une maison, on Tabattoit sur eux. Aussi les maisons estoient des trotis eo terre couverts de (|uelques appentis de paille ou de chaume, qui pouvoient bien estre cause en partie de ceste mortalité, veu Thumidité de Phyver. J'y fus quelquefois logé en la chambre du capitaine Villefranche, laquelle je pensoy la plus saine du fort, mais la nuict en la chambre où j*f»toy couché mourut son frère et deux de ses fils, lesquels le jour ne monstroient apparence d'cstrc malades; et dura tellement ladite mortalité, que de vingt enseignes ne demeurèrent pas plus de huict ou neuf cène hommes. Mais nonobstant jamais les soldats ne voulurent atiandonner leur garde

Me. I5«5) orxiim livbi. KT

Unt qu*il fut possible, et y endurereni beaucoup de maux.

IhfaUts 4e quelques Angbù. — Le seigneur d'Essé et le seigneur de Riou, estaos un peu refreschis et renforcez d*hommes, et la peste aucunement rapaisée, feirent de belles entreprinses et insignes deffaites sur les enoemis, et entr'autres environ le mois d'avril mil cinq cens quarante cinq, fut délibéré de faire mettre des vivres dedans ledit fort d*Oultreau, où la nécessité comroençoit à les contraindre. Pour faire ladite exécution, fut ordonné le seigneur de Senerpont, lieutenant du roareschal du Biez, avecques soixante hommes d'armes, lequel partit d'auprès de Montreul le jour de Pasques au soir et arriva le lundy matin audict fort d'Oultrcau, avec les vivres et autres refreschissemens qu'il conduis soit. Mais passant près du Pont de brique au dessous du mont S. Estienne * , rencontra trois cens chevaux angloit venuz pour luy empescher ledicl envitailiement. L'escarmouche se dressa d'un costé et d'autre de sorte qu'il y eut deux hommes d'armes et trois archers de ladicte compagnie du seigneur de Senerpont qui furent prins sans y avoir aucun moyen de les recourre. L'alarme estant venue à Boulongne, les Anglois renforcèrent leurs gens jusqu'au nombre de sept cens chevaux et quatre cens arct>ouziers à pied, lesquels passans la rivière se vindrent embusquer en un village appelé Danes^, entre Estappes et ledict fort, ce pendant que ledict de Senerpont meit les vivres dedans ledicl fort, esperans sur sa retraitte le défaire. Mais arrivant ledict de Senerpont sur les gens de cheval, n'estans encores

i. S«int*Étienoe, au »ad de BoulogiM.

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