Suétone, CaligmU^ ch. xn
Dl CUtlXAUlfl DO «LUT. 911
à tout le oMNBtMvert le» succeMeora ei dMOMKiaiis de luj. Et à ceste eaïue entre les plua dignes oflBeet H maboDs des empa«ttni d* Grèce, ettoieat anciennement les interprètes de mémoire, desquels estoit la charge d'etorire et puis reciter devant l'empereur ceux qui es affaires de pais ou éê gvwte s'estoient noblement portez, au profit et bonnevr de U choM pubUcque, afin que Tempereur en eust It eogaoÎMance, tant pour en temps et lieu le recognoistre, eooMM pour autrefoys les employer es affaires pubUcquea; et kNitaalbys quand ainsi se fera, comme vrayement il a sottrent esté (ait de ce règne, nul ne craindra d'exposer et corps et bien au service de son seigneur, pourtant qu'alors n'aura plus lieu es cueurs humains la crainte naturelle que plusieurs ont eue qu'en avançant leur mort, par trop souvent s'abandonner aux hazardz, il advienne que leurs enfans en demeurent indignes de biens et d'amys et despoarvenz de reoognoissant seigneur. Au demeurant, de eMU qui tant vertueusement auront exposé leurs biens et vie^ pour le service de la republicque et de leur prince, quand leurs enfans et successeurs viendront à lire leurs loz et recommendation, sans nulle doute ce leur sera un esperon à gloire pour ensuvvre les meurs et la vertu de leurs ancestres. Et au contraire s'il advenoit en quelque race (comme l'on a autresfoys veu) que par mauvaise institution ou compagnie, il se tronvast aucun séduit et forlignant de la vertu de ses progeniteure, ses successeurs qui parmy plusienrs nobles et honnorables tiltres rencontreront celle reproche, s'esforceront à leur pouvoir d'icelle tache eff'acer et reparer, par entreprises hautes et en vertu recommandablet, à quoy heureusement mener à chef ne peult aucun reooovrer meilleur guide que l'hystoire. Par ceste, nous avons eognoiiaMice de toute civile et militaire discipline. En r Ile nous avons les droictz, lesloix, les ordonnances, Icsartz, vertuz et moyens, par lesquelles nouvelles principaultez sont eslevées et entretenues, les vices et fautes par les-
314 PlOUIttUl IMMT O0DOADB9
quelles sont aucunes tombées en raine et décadence. Cette mesmes est la maistresse, qui Luculle, imperateur romain auparavant non usité aux armés, rendît en peu de temps un des meilleurs capitaines et chefz de ^erre qui ayt de son temps esté à Rome*. C'est ceste ey par laquelle Cyneas acquist par remonstrances et persuasifz exemples mis en avant par luy, tant de païs et provinces au roy Pyrrhus, son maistre, que par confession d'amys et ennemys, il feit plus grandes choses par luy que par sa force et pniaaanoe*. C'est celle, en somme, sans laquelle nul est recevable à l'administration de la chose publique, mais à dechaaaer comme inutile. Et pour exemple, si aux consultations des affaires nous apellons les anciens capitaines, qui en leurs temps ont veu l'expérience de plusieurs choses, par moult plus forte raison y pourront entrer ceux qui, outre lesadven* tures de leurs temps, peuvent racompter de miliers d'ans en arrière les entreprises et exécutions et les ruses, simulations et dissimulations d'icelles. Et à vray dire, je ne voy autre différence entre l'hystoire bien descrite et l'homme ancien qui a moult veu, considéré et retenu, sinon que l'un esthystoire parlante et vive, mais mortelle, l'autre est hys* toire morte et mute, mais à perpétuité ressuscilable et apte à recouvrer la parole, par le moyen d'un lecteur studieux et diligent. Encores oseray je dire davantage, que tout ainsi que le vieil homme qui a moult veu, mais peu considéré, moins retenu, n'est en rien à préférer à un enfant, ainsi l'homme ignorant d'hystoire, et mesmement de celle de son païs, se peult aussi estimer non seulement enfant, mais estranger en sa propre maison. Dont bien souvent je m'esbahis et derechef accuse la condition des temps, que sur la chose qui entre les humaines inventions requiert ii mon opinion plus grande célérité d'ayde cl secours, nous