L INTRODUCTION
de SaiDte-Marie-des-Cbamps et <ie Saint-Clair-rar-Ies-Mosts. Minoe royauté que celle d'Yvetot* et précaire, titre presque de oomédie, dont Martin s'affubla volontiers, non sans sourire', ou qu'on lui décochait en manière de plaisanterie'. Cependant, ce sur quoi il ne plaisantait pas c'était sur les droits souverains que recouvrait ce titre suranné. Il les défendit avec ^lei^e, avec âpreCé, contre le bailli de Caux, Artus de Cossé, contre la Cour des aides et le Parlement de
1. Voir, sar te royaume d'Yvetot, TriDcanl, Hittdre géniatogiqtu^ fol. 230 et suiv. ; Beaucoarin, Histoire de la principauté d^Tvetot. 1884.
S. Voir le* lettres de Martin i Montmorency, 30 novembre 1536, supra^ p. 15, o. 2, et i Maogiron, iupra, p. xxx\i, a. î, et p. xxxvu, n. 3. Trincaot, Histoire çénéalogique^ fol. 203, rapporte an mot qai prouve que Martin ne manquait pas d'e«prit. Ayant été présenté k Cbarles-Qutnt parmi d'autre* gentilshommes éL décignn comme roi d'Yvetot : « Roi d'Yvetot? demanda l'Empereur. — Oui, Sire, aurait répondu Martin, et je puis même montrer en mon royaume ce que ni Votre Majesté ni mon maitre ne pourroient ^ire en toute l'étendue des terres de leur obéissance. — Qu'est oe doncT interrogea Cbarles-Quiot. — Les quatre coing* deoeroyanlme d'un bault pavillon de mon cbasteau. • — D'apré* Trineant, cette réponse aurait été faite lors du passage de l'Empereur par la France (6n de 1539-début de 1540). Cette date non* parait contestable, car à ce moment Martin du Bellay, qui était gouverneur de Turin, ne pouvait guère, semble-t-il, quitter son poste. Nous croirions plutôt que la chose se passa lorsque Martin du Bellay accompagna d'Annebault aux Pays-Bas, à Bruxelles, Bruges et Anvers, en novembre 1543. D'Annebault, nous le savons, appelait volontiers Martin te c petit Roy • : il aurait pu le présenter ainsi i l'Empereur.
8. D'Annebault à Martin du Bellay, Paris, 7 Juillet [1541] : i Mon petit Roy • (Trineant, Histoire çéniatoçiguê, fol. 203 v«). M. de l'Aubeopine, lettre du 16 décembre 1557, l'appelle « Sire •, « Votre Majesté • {Ibid., fol. 209 v*) ; et, dans une lettre de Henri II du 19 février 1554, le Roi le traite même de « mon cousin • (Ikid,, fol. S08 V).
llfTHODUCnON. U
RoMB, qni 80 montraient sar les droits du Roi plos intran- «géants que le Roi lui-même >. Malgré des lettres d'exemption de François I** (mai 1543, juillet 1544), des lettres oonfira»atiT8B des prÎTilèges accordées et réitérées par Henri II (li&Trier 1551, aTril 1552, jsuTier 1554), Martin dn Bellay dut renoncer à la justice souveraine et se contenter des exemptions militaires et financières que les Cours royales s*oEétinèrent d'ailleurs k contester. La suppression dn {HÎTilége judiciaire entraîna en fait la disparition de la royauté. Anssi, à partir de 1554, Martin du Bellay et sa féniiiie oessent>ils de prendre le titre de roi et reine d' Yvetot. Dans un reçu de janvier 1558, Martin s'intitule simplement prince^. Il n'en dut pas moins lutter jusqu'à sa mort pour défendre les immunités qui lui restaient, et après loi sa veuve ^ eut à plusieurs reprises à les Caire confirmer par des lettres patentes, aussi multipliées qu'inefficaces*.
1. Voir Besucoasio, op. cit., p. 132-148, et Pièces jtuUHeativet^ n«* i0-i6. On trouvera dans ce chapitre, sotidement établi d'après les documeou tirés du cbartrier d'Yvetot, tous les détails nécessaires sur Martin du Bellay, roi d'Yvetot, ce qui noas dispense d'insister.