Lieaae, cant. de Sistonne, arr. de I..aon (AUne
3. François I" séjourna à Montpellier pendant la première quinzaine d'octobre.
Oct. iMî] wn'vrtins LrvuE. TS
arrivée devers le Rot, vindreiil nouvelles de la perte de Luxembourg et comme le comte de Manafeld et le comte Piguelin Tavoient rendue bien h'gerement et aveoqtics peu d'occasion, dont le Roj fut fort mal content, et contre monseigneur son fils et contre ceux (|ui luy avoient conseillé de laisser son armée, mais je croy que luy roesme a voit esté son conseil. Aussi avoient les ennemis reprins Montmedy, qui nous portoit grand dommage, tant à Stenay qu'au long de la rivière de Meuze ; mais monseigneur de Guise rassembla ce qu'il peut promptement recouvrer de gendarmerie (car la pluspart avoit esté licenciée) et avec quelques gens de pied, tant Allemans que François, marcha devant Montmedy, premier que ceux qui la tenoyent eussent loisir de se recognoistre, et la reprint, et y mist pour chef le capitaine Peirus de la Lande ^, lequel y feit depuis bien son devoir, chose qui fort rapaisa le Roy. Le sieur de Guise n'ayant moyen de plus tenir la campagne, assit ses garnisons, et envoya le régiment du capitaine Riqueroc, Allemant, le droict chemin de Piémont.
Expédition de monseigneur de Vendosme en Picardie. — Durant que ces choses se faisoient, tant à Luxembourg qu'à Perpignan, monseigneur Antoine, duc de Vendosme, qui estoit gouverneur et lieutenant pour le Roy en Picardie, ne voulut estre oysif; car après avoir assemblé les garnisons de sou gouvernement, tant de pied que de cheval, avecques une bende d'artillerie, delil)era de ne laisser dormir ses ennemis. Et
1. Pierre de Biraont, siear de La Lande, fils d'Eostache de Bimont, capitaine de gens de pied et gouverneur du Montmédj (Bibl. nat., m$. fr. 25792, fol. 486].
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parce qu*il y avoit vers Ardres trois ou quatre petites places qu*ils tenoient, lesquelles faisoient grand dommage, tant à Ardres qu'au Boulonnois (entre autres le cbasteau de la Montoire\ siz en forte assiete sur uœ petite montagne à Tentrée de la terre d'Oye', duquel on découvre tout ce qui sort de la ville d'Ardres, et un autre au bord du Boulonnois tirant, d' Ardres à Sainct Omer, nommé Tournehan^, appartenant au sieur de Beure, place de tout temps tenue des plus fortes du païs) entreprint de les lever d'entre leurs mains et ayant pourveu à faire suivre les vivres après son camp, faisant son estappe à Deuere^, marcha premièrement droict à la Montoire, laquelle fut abandonnée des ennemis, et la feit desmolir aux gens du pals, lesquels en firent leur devoir pour le dommage qu'elle leur avoit faict. Et de là tourna ses forces à Tournelian et y feit faire batterie de cinq ou six jours. Les assiégez ne voyans remède de plus endurer la batterie, parce que la place estoit petite (car il est certain qu'une petite place ne vault rien devant la fureur de la batterie maintenant) se rendirent leurs bagues sauves, laquelle il ordonna estre rasée, mais pour la grande espesseur des tours, mesmement de la grosse, eust esté long à la desmolir, il les feit miner; et après avoir faict mettre
1. La Montoire, comm. de Zutkerque, près d'Ardres, cant. d'Andruick (Pas-deCalais).
2. La terre d'Oye est la région ourécagease comprise entre Calais, la lutr du Nord, l'Aa, Ardres et Guines.
3. Tourneheni, cant. d'Ardres, an*, de Saint-Oroer iPas>de« Calait). Voir aur cette affaire la Cnmieqme du roy Françoyê premier, p. 390-391.
4. Peut-être Deavres, cant. de l'arr. de Boulogne ^Paa-de- CalaU).
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quelques barils de poudre soubs la mine bien bouchée les feit voler et raser à force de pionniers ce qui restoit. Incontinant, bon nombre de petits forts, que les ennemis tenoient à la faveur de laditte place, se ren> dirent et furent pareillement rasez. Puis après avoir couru tout le pals vers Sainct Omer, Aire et Betune, n'osant son ennemy se présenter devant luy pour le comlMitre, encores qu*it eust plus de gens que luy, se retira, mettant ses hommes aux garnisons ; sur laquelle retraitte le comte du Reux*, lieutenant gênerai de TEmpereur, faillit d*estre surpris en sa maison, mais il se sauva par un batteau passant la rivière et se retira à S. Omer.
Succès du voyage de monseigneur le Dauphin à Perpignan. — Nagueres je vous ay dit que le Roy vouloit retirer son armée de devant Perpignan, quand monsieur d*Orleans le fut trouver à Montpellier. Or, afin de briefvement discourir ce qui fut faict en ce voyage et venir à ladite retraitte, monseigneur le Dauphin assembla ses forces en Avignon, auquel lieu Testoit venu trouver le sieur d'Annebault avecques huict mille Suisses, six mille hommes de pied françois des vieilles bendes, dont estoit colonnel messire Charles de Cossé', sieur de Brissac, et six mille Italiens, et
1. Adrien de Croy, comte de Reux, sieur de Baurain, chambellan et premier maître d'hôtel de Charles-Quint, maréchal de son armée et capitaine général des provinces de Flandres et d'Artois.
3. (Parles de Cossé, sieur de Brissac, nommé colonel général des bandes françaises delA les monts le 22 mai 1543. Voir abbé Marchand, Charles I** de Co$$é, comte de Brissac et maréchal de France (1501-1563), p. 58-62. Dans une quitUnce du 23 octobre 1543, il est qualifié de « coUonnel et capitaine
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quatre cens tiommes d*armes, et seize cens dievaux légers, desi|uel8 esloit gênerai le sieur de Termes. Et de là print son chemin à Nymes et à Narbonne, où se vint joindre le sieur de Montpesat, avec la légion de Languedoc et une partie de celle de Guienne, et six mille lansquenets et bon nombre de Suisses nouvellement levez; de sorte qu'il y pou voit avoir quatorze mille Suisses, tout comprins, et se monloit l'armée à trente six ou quarante mille hommes de pied de toutes nations et deux mille hommes d'armes et deux mille chevaulx légers. De Narbonnc alla loger auprès de Locate^ partant duquel lieu laissa à la main droite le chasteau de Saulces' et y envoya une trouppe d'hommes suffisante pour le tenir en subjeclion et empescher tes saillies que pouvoient faire ceux de dedans, car il ne voulut s'y arrester en intention de surprendre Perpignan, mais autrement advint. Vray est qu'il n'y avoit nombre suffisant d'hommes pour garder une telle place, mais d'artillerie et de munitions tout ce que l'Empereur avoit mené en son voyage d'Alger estoit dedans, tellement qu'à l'arrivée de tous costez on estoit salué à coups de canon et de coulevrines, dont les ennemis estoient aussi lilicraux que d'arquebouzades ; chose qui l'eit cognoisljx* en peu d'heure que les advertissemens qu'on disoit qu'avoil monsieur de Montpesat (par l'advis duquel avoit esté dressée oeste entreprise), n'estoient certains. Il est apparant qu'ils estoient
gênerai des sept enseignes de gens de guerre à pied, avantu* riers françoys venuz do Piedmont au contt^ de Roussillun ».