Leucate, caot. de Sigean, arr. de .NarboDoe (Aude
2. Salce», cant. de Rivesaltes, arr. de Perpignan ^Pjrrénéea- Orientales).
Août fS4ÎJ IflUVltMl UViUt. 79
•dvertis, veu que le sieur d'Annebauit avoit séjourné en Piémont un mois ou cinq sepmaines et qu'il estoit commun dès Piémont qu'on alloit à Perpignan ; aussi le cbemin <{uc print l'armée leur en pou voit donner vrtye certitude.
Estans arrivez devant Perpignan * , ceux qui estoient ordonnez à ce faire adviserent chacun en son endroict de l'approcher, mais la plaine estoit si rase et la terre si sablonneuse qu'il estoit malaisé de faire trencbées qui valussent, car la terre s'en alloit avant le vent et emplissoit les gabions de sablon, vous pouvez estimer quelle seureté on pouvoit avoir derrière, raesmes que la ville estoit si l>ien pourveue de plateformes garnies d'artillerie, qu'il scmbloit d'un porc espy qui, de tous costez estant courroussé, monstre ses poinctes. Aussi fut advisé pour empescher qu'il n'y entrast secours, lequel n'y pouvoit venir par deux endroicts, l'un par la mer et Tautre par le pertuis', par lequel pouvoit venir le secours du royaume d'Arragon, et on n'y peult passer qu'à la tille ; là fut envoyé le sieur de Termes avec les chevaux légers, toutesfois si tard qu'avant son arrivée le secours estoit passé et entré dedans la ville, qui encouragea fort les ennemis et nous donna peu d'espérance de parvenir où nous prétendions.
Un jour, ceux de la ville ayans de dessus le rempaK cogooissance que nostre artillerie estoit mal gardée,
1. Les Français arrivèrent devant Perpignan le 23 août; le siège fut levé le 15 septembre suivant. Voir Commentaires <U Biaùe de MamUtc, éd. P. Coorteault, t. I, p. 128-139.
2. Le col do Perthus (290 mètres), à travers les Albéres; le Perthus, cant, et arr. de Céret 'Pyrénées-Orienlalesj.
10 MtMOmiS Dl MARTIN DU BELLAY. [Sept. 1S4S
feirent une saillie à la garde de leur artillerie telle quMIs firent abandonner la nostre à ceux qui Tavcneot en garde et se mettoieiit en effort de la tirer de leurs fossez, 06 qui estoit apparaot qu*ils eussent faict, mais le sieur de Brissac, coloonel des gens de pied françois, auquel ne touchoit de la garder, y arriva à Timprovist suivy de peu de gens, et estoit sans armes (hors mis un haussecol), lequel feit une charge si furieuse qu*il leur feit abandonner et la retira ; aussi fut il blessé à la gorge ou au col.
Le Roy, lequel ce temps pendant avoir faict séjour à Montpellier, espérant marcher si l'Empereur se fuat mis en campagne pour secourir sa ville, voyant que son armée se consommoit et que TEmpereur n*estoit pour se hazardcr, puisque sans bataille elle se pouvoit garder, envoya le comte de Sainct Pol et l'amiral de Brion devers monsieur le Dauphin pour entendre quelle espérance il pouvoit avoir du fruict de œsle grosse armée S lesquels luy rapportèrent qu'ils avoient cogncu qu'il y avoit moins d'espoir à la prinse de la ville que le jour que le camp y arriva et que, approchant l'hiver (auquel on alloit entrer) le pals estoit de telle nature qu'aux premières pluies qui viendroient il n'y auroit ordre de retirer l'armée pour les torrens qui, de tous costez, coulent des montagnes, et que la mer faict regorger lesdicts torrens, de sorte qu'on se trouveroit enfermé entre deux mers et la montagne. ^I^Uors il cognent bien (mais trop tard) qu'il avoit esté
1. Dans une leUr« datée da camp 23 (lire 13) septembre, le lieor de Termea annonce à ton compagnon, Janea de Saint- Julien, Tarrivée du comte de Saint-Pol et de l'amiral {L^Ê^re di Prineipi, t. III, p. 76). ^
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mal servy, p«rc|Uoy mauda à rnooMigneor le Dauphin qu'il eusl à faire la relraitte ; à quoy il ne faillit d'obéir (oombien qu'à son^rand regret) «coiiaideranl uœ ti tnoiophAdtc armée avoir esté tunt inutile, car l'erreur n'estoit de luy, mais de ceux qui avoient abusé le Roy ou par ignorance, ou par envie qu'autres ne fissent mieux. Partant de devant la ville, les Espagnols firent plusieurs saillies, mais il avoit mis si bon ordre à sa retraitte qu'elles furent au desavantage des ennemis. Nostre camp délogea k telle heure que s'il eust encores attendu trois jours, ce qu'on craingnoit des inundations luy fust advenu, car le lendemain et les jours suyvMS survint une si eitreme pluie que la pluspart de ceux qui estoienl demeurez derrière, tant de cheval que de pied, furent contrains de passer à nau, et y en eust quelques uns noyez. Voilà la fin de ceste armée, 1a(|uelle, à mon jugement, qui Teust employé en Italie, Testai de Milan eust esté bien esbranlé pour les apparences que depuis on en a veu ; mais Tasseurance qu'on donnoit au Boy d'emporter Perpignan de première venue luy feit prendre le pire party; paravanlure en ay je mauvais jugement, mais c'est mon opinion.
Paiets du marquis du Guast en Piémont, — L'amiral d'Annebault, partant de Piémont pour venir à Perpignan, avoit laissé le sieur de Langey, messire Guillaume du Bellay, accompagné du sieur de Boutieres, du sieur de Yassé*, gouverneur de Pignerol, du capitaine Martin du Bellay, prince d'Yvetot, gouverneur
1. Antoine Grognet, tieur de Vassé et de la Roche-Mabile, cfaivalier de l'ordre du Roi. Voir Brantôme, Œuvres, t. IV, p. d4-97.
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de Turin, du sieur d'Aussun, gouverneur de Savillan, avec leurs compagnies, tant de gendarmes que de chevaulx légers, et deux mille Suisses et quelques gens de pied, tant de François que Italiens, pour seulement bien petitement garder les principaltes places de surprises, demeurant le plat pals en proye. De quoy le marquis du Guast adverty assembla ses Torces au ^pont d*Ësture^ lieu propre pour assaiblir le Piémont en quelque endroit qu'il voudroit commencer, ou deçà ou delà le Pau, pour avoir les rivières à son commandement. Le sieur de Langcy, qui estoit à Turin, sçachant la délibération dudict marquis, et que du costé de Gony, Queras et Albe, n'y avoit grand garde, parce que le marquis n'eust jamais eslimé, qu'estant demeuré ledict seigneur de Langev si degarny d'hommes, eust voulu faire entreprinse, toutesfois il la dressa sur toutes les trois tout en on coup, tirant de chaque ville quelque enseigne de gens de pied. Pour Queras depescha le sieur d'Aussun, pour lors gouverneur de Savillan, et le sieur de Centai' eleu de Ries, avec une trouppe non pour forcer, mais pour surprendre, autre en Albe, autre à Gony ; mais ceux qui allèrent à Gony et Albe se perdirent, si que le jour les surprint ; parquoy ce que monsieur de Langey tenoit le plus seur demeura inuLil. Les sieurs d'Ans- Sun et de Gental partans de Savillan marchèrent en toute diligence à Queras avec eadieUes, ayans pour
1. Pontestura, sur le Pô (rive droite), à 15 kil. eo «mont de Casal-Monferrato.
2. AAtobe de Bouliers, tienr de Gental, vicomte de Démonte. Voir CatatogM *Uê actes, t. III, n** 7866, 9612; t. V, oV 17813, 18120; t. VI. n* 20942; t. VU, n* 23830.^
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leur conduire ceux que ledict Langey leur «voit baillés pour les mener au lieu où ils les dévoient asseoir; et, parce qu*il y a un petit cliasteau, on tint pretts deux canon» pour les faire marcher s'il estoit besoin de le batre. ils ne peurent neantmoins arriver que le jour n*eclerast (car c'estoit aux nutcts les plus courtes de Tan) tellement que les intelligences que nous avions dedans ne s'osèrent découvrir; si est ce que lesdids sieurs, ne voulans avoir perdu leur peine, donnèrent jusques au lieu où leurs conducteurs les menèrent, et encores que l'alarme fust à la ville, et que chacun vinst à sa deffense, plantèrent leurs eschelles et la forcèrent, et montèrent les premiers sur la muraille lesdicts sieurs d'Aussun et de Cental. Estans maistres de la ville, mandèrent rartillerie, laquelle leur fut envoyée pour batre le chasteau, dedans lequel s'estoient retirez les gens de guerre; mais de la première volée une de leurs pièces se démonta, et quand et quand eurent advertissement que le marquis du Guast marcfaoit diligemment pour secourir la ville par le chasteau, ce qu'ils firent entendre au seigneur de Langey, qui desjà estoit venu camper à Carignan avec les Suisses, et si peu d'autres qu'il avoit faict tirer d(*8 garnisons, mesmes que l'une de leurs pièces estant ainsi inutile, ils estoient d'advis de se retirer et de brusier et ruiner la ville, à ce que l'ennemy ne s'en peult prevalloir. Ce qu'ayant entendu ledict sieur leur envoya promptement le sieur de Vassé avec cinquante hommes d'armes de renfort, par lequel leur manda qu'ils n'eussent à vuider de là, les asscurant qu'audict chasteau n'y avoit que deux sacs de farine et un cheval, et que, pour le grand nombre d'hommes
84 MÉMOIRES DE MAJtTIN DU BELLAY. [Août 1542
qu*il açavoit y estre, ils seroient contrains le lendemain de parler ou de mourir de faim, d'autant que dès le matin mesmes les vivres leur failleroienl, et que le marquis, partant d'où il estoit, n'y pourroît arriver de trois jours, et qu*il les advertiroit d'heure et leur bailleroit le moyen, si besoin estoit, de se retirer en seureté au Montdcvy ou à Baine^ Le lendemain, les soldats qui estoient audict chasteau parlèrent et sortirent avec leurs armes, et fut trouvé qu'il y avoit trente six heures qu'ils n'avoient mengc. Le sieur de Langcy y ordonna le sieur de Cental gouverneur, lequel soudainement y mist deux mille hommes qu'il leva tant en ses terres qu'ailleurs*.
Le marquis du Guast, adverty de la redition du chasteau et de l'ordre qui y estoit, rompit l'entreprinse qu'il faisoit de le venir secourir et délibéra de se recompenser ailleurs; par quoy, estant deslogé du pont d'Esture, tourna ses forces vers Villeneuve d'Ast', laquelle (encores que le sieur de Langey l'eust bien pourveue), pour la débilité du lieu, fut forcée, avec toutesfois peu de mcurdre; aussi furent Poiring et Cambian, petites places non fortifiées. Le sieur de Langey, combien qu'il congneust n'avoir les forces pour soustenir celles du marquis, lequel avoit quinze mille hommes de pied et environ deux mille cinq cens
1. Mondovi et Bene, i 10 kil. i l'est de Fossano (proTÎnce de Coni).
2. Sur cette affaire de Cherasco qui se produisit le 25 août, ▼oir la lettre de Guillaume du Bellay au Roi en date de ce j<Hir [Correspondance politique de Guiltatune PeUicier, p. 68i«682).
3. Sur la prise de Villanova d'Asti par les Inifi^riaui, voir la lettre de Langey au marquis del Vasto demandant restitution des prisonniers contre rançon (Bibl. nat., ma. (ir. 51&3, fol. 87).
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chevaux, et luy tout mis ensemble n'eust attaint à plus de cinq mille hommes de pied, eslant adverty que Tentreprise du marquis estoit de ne plus s*amuser delà l'eau, mais venir passer la rivière à Carigiian pour y camper et, ce faisant, nous oster tout le plat pals, depuis les montagnes jus(]ues au Pau, pour affamer Turin, Pignerol et le reste de ce que nous avions deçà et laisser fortes garnisons à Quiers, Ast, Fossan, All)e et Gooy pour le semblable estrc faicl aux places que nous avions delà le Pau et nous lever la commodité du marquisat de Saluces, pour y remédier, revint avec ses petites forces camper à Carignan et y commença un fort en toute diligence, afin que par art il peust garder ce que par force luy estoit impossible, car d'attendre son ennemy sans advantage il n*avoit le moyen ^ Le marquis, ayant entendu la diligence qu*il faisoit d*empescher son entreprise, vint camper delà Peau sur le bord de la rivière vis à vis de nous; et d'autant que c'estoit au mois de juillet' que les eaues estoient retirées, aisément on pouvoit au dessus et aa dessoubs de Carignan passer la rivière à gué ; et, quinze jours durant que les deux armées furent logées au devant l'une de l'autre, il y avoit ordinairement escarmouches, et falloit que jour et nuict nostre armée fust en armes pour l'empescher de forcer le passage, de sorte qu'on se reposoit à tour de roolle. Le sieur
1. Voir les lettres adressées par Guillaume du Bellay i Françob 1'% 7 septembre; au maréchal d'Annebault, 2, 8, 17 et 22 septembre (Bibl. nat., ms. fr. 5152, fol. 7-9; Correspondance de G. Pellicier, p. 085-686).
2. Inexact; il faut lire septembre. Le 22 septembre, Goil- Uome du Bellay écrit « du camp de Carignan • à M. d'Annebault et à M. de Grignan {Corretpomdamee de G. PellieUr^ p. 685-686).
m MtM01R£8 DB MABTIN DU BELLAY. [Sept. IMt
de Langey, considérant qu*à la longue ses gens o*auroient moyen de porter la fatigue et que tuy mesmes, pour les longs travaux precedcns qu'il avoit endurez, estoit devenu perclus, tellement qu^il ne s*aydoit que du cerveau et de la langue, trouva moyen de tirer du camp impérial cinq ou six mille hommes de pied d'Italie et quelque cavalerie, dont il se renforça et afToiblit son ennemy d'autant. De quoy le marquis estonné osla sa fantasie de plus essayer de passer le Pau, craignant qu'estant deçà Teau ceux qui jà s'estoient rendus à nous subornassent les autres qui estoient en son camp, et que par ce moyen il demourast le plus foible, par quoy il commença sa retraitte vers Villedestelon S s'approchant de Quiers.
L'opinion du sieur de Langey et de la pluspart des capitaines estoit de passer le Pau et suivre l'eimemy pour exécuter autres intelligences qu'il avoit eo son camp et ailleurs; mais quelques uns (je ne sçay pour quelle occasion, car au (x>nscil ils avoient monstre semblant de la trouver bonne et, suivant leur advis, il avoit parlé aux Suisses, qui luy avoient accordé en leurs présences de passer outre), se rétractèrent et trouvèrent moyen de mutiner les Suisses, tellement qu'alors qu'on cuidoit marcher en avant, ils tournèrent leurs enseignes droict à Pignerol, chemin de la retraitte en France'. Leur colonel Sainct Julian ^ en
i. Villastellonc, k 5 kil. ta nord-est de Carignan.
2. Sar cette routioerie des Suisses provoquée par un retard dans le payement de la solde, voir la lettre adressa au Roi* par Guillaume du Bellay, Turin, 2 octobre (Bibl. nat., ma. fin. 5152, fol. 9-10).
3. James de Saint-Julien, nommé colonel général des SuissM an Piémont le 22 mai 1542.
Oet IMS] NiuviÈm uvRK. IT
fut soupçoooé, et croy que ce fut à bon droici; et audit Pigneroi se retira avec eux le sieur de boutieres. Le aieur de Langey se voyant aL>andonné ne sceul autre chose que de se faire porter en une chaire à Turin avec le reste d'hommes qu'il avoit; et envoya les Italiens qu'il avoit tirez du camp impérial à Gazelles et Siria', petites places entre Turin et Vulpian. Le marquis, adverty de la soudaine départie de nostre armée, envoya quelque nombre de gens passer le Pau, lesquels, trouvant un capitaine de Languedoc avecques cinquante soldats dedans le chasteau de Carignan, les sommèrent au nom du marquis de rendre la place, leur faisans entendre que, s'ils atlendoient que l'arlillerie fust arrivée, que son intention estoit de les faire pendre et estrangler. Le capitaine et les soldats n'attendirent à veoir Tartillerie, mais se rendirent à la première sommation. Ce qu'ayant entendu, le sieur de Langey, qui estoit à Turin, à sept mille de là, craignant que le marquis suivist avec sa trouppe et parachevast le fort qu'il avoit commencé, depescha sur l'heure le capitaine Martin du Bellay, son frère, gouverneur de Turin, avec sa compagnie, pour aller entendre comme les choses estoient passées et quel nombre d'hommes estoit dedans, afin que, suivant ce qu'il luy manderoit, il se tist porter luy mesme sur le lieu avec l'artillerie qu'il meneroit. Ledit capitaine Martin, pour avoir loisir de pourveoir à son affaire au partir de Turin, jetta devant luy le capitaine Marville et le comte Maxime Antoine de Sesse, ses deux lieu-
1. Caselle, i 20 kil. au nord de Turin; Cirie, k 10 kil. au nord de Caselle. Voir G. du Bellay k M. d'Annebault, 4 octobre {Correspondance de G. Pellicier, p. 686-688;.
88 MEMOIRES Dl MARTIN DU BELLAY. [OcL 1542
tenans, avec quarante ou cinquante chevaux, pour se mettre entre ie Pau et la ville de Carignan, pour recognoistre si ie marquis voudrait repasser Teau. Estans arrivez sur la rivière, le comte Maxime Antoine laissa son compagnon au guet et, par un trompette, envoya demander de parler à ceux qui estoient dedans le chasteau; ce que luy estant accordé, le capitaine sortit en seureté, lequel estoit de la cognoissance dudit comte Maxime et autresfois avoit esté soubs sa charge. Ledit comte luy rcmonstra les grandes forces qui venoient, avec le grand nombre d*artillcrie, et qu'ils estoient envoyez là seulement pour les investir, attendant les forces; Tasseurant bien que, s'il tardoit tant peu soit de parler, il ne scroit en sa puissance de luy sauver la vie, dont il le vouloit bien advcrtir estant son amy. Les choses furent tellement menées qu'il remist la place entre les mains du gouverneur de Turin et furent conduits les Impériaux seurement à Quiers; ce faict, fut pourveu à la place, à ce qu'il n'y advint plus d'inconvénient. Le Roy, ayant entendu la prise de Carignan par les Impériaux, avoit depesché un courrier en toute diligence, mandant au sieur de Langey que toutes choses laissées il mist tout son elTorl à la recouvrer; mais, arrivant le courrier, la trouva desjà entre noz mains, dont le Roy adverty en eut grand contentement.
Peu de jours après, ie marquis du Guast, repassant le Pau auprès de Cressentin', vint assiéger Chi- V88, dedans lequel estoit le seigneur Hieronime de Birague', mais, après avoir esté repoussé de deux
1. Cretcentjno» près de ChiTtsto, di»U*ict de Verceil, province de NoTare.