‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay;Chapitre 53 sur 200 · Au débat de novembre · texte numérisé non relu

Au débat de novembre

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diligence qu'il fist. Mais il se trouva des envieux qui divertirent le sieur d'Annebauit, combien qu'il y eust bonne fantasie.

Le sieur de Langey (toutesfois se voyant avoir perdu son temps et son argent) mist en avant autre party; c'est qu'un sien amy qui estoit avec le marquis luy avoit donné advis que, si la nuict on vouloit avec Parroée passer le Pau, on ne failliroit de rencontrer tes Impériaux à un passage près Villedestellon, dont estoit impossible de leur sauver, moyennant qu'on envoyast trois ou quatre cens chevaux entre Carmagnolles et Villedestellon, et nostre arnoée en teste entre Villedestellon et Quiers; car la nuict le marquis, craignant d'estre investy, se devoil retirer à Quiers ; et que celuy qui donnoit Tadvertissement luy mesme les conduiroit. Ce party mis en conseil fut approuvé, et fut ordonné qui iroit et en teste et qui en queue, mais, la nuict venue, je ne sçay pourquoy ne pour quelle raison, on demoura. Seulement fut envoyé le capitaine Francisque Bernardin de Vieilmerqua^ avec deux cens chevaux légers pour les recognoistre, lequel trouva les choses ainsi qu'elles avoient esté mises en avant, et print sur leur queue plusieurs butins et bagages ; l'entreprise estoit indubitable, car les ennemis n'estoient que trois mille lansquenets et mille Espagnols, qui estoit leur force d'étrangers; ainsi, défaisant ceste

1. Pranccsco Bernardino de Vimercati, Milanais aa senrice de la France, capitaine de cbevau-légers (1539j, un des meilleors coUaborateur& de Guillaume du Bellay et l'un de ses correspondants pendant l'intérim du sieur de Thermes (novembre iS4i-mai 1542). Voir Bourrilly, Guillaume du Bellay, p. 345; CorretpomdoMee politique de G. Pellicier, p. 745).

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trouppe, on pouvoit marcher en pais, parce qu*il ne deroouroit au marquis que les Italiens sans teste d*Allemans.

Mort de monseigneur de Langey^ frère aisné de Cauleur de ceste histoire. — Finablement, le sieur de Langey, voyant qu'on ne vouloit exécuter ce dont il avoil tant travaillé et faict de si gros frais, tant à reotretencment des hommes que pour la fourniture de ce qui y estoit nécessaire, considéra bien que le pareil luy seroit faict en autres choses ; à ces causes, pour la débilité de ses membres (car il estoit perclus à cause des longs travaux) avccques le congé du Roy, partit de Turin en une littierc pour venir devers luy, auquel il dcsiroit avant que mourir déclarer beaucoup de choses pour son service qu'il ne vouloit mettre en la bouche d'autruy, craingnant de faire tort à ceux qui en luy s'estoient liez; mais il ne luy fut possible d'y parvenir; car le neuliesme jour de janvier mil cinq cens quarante deux il trespassa à Sainct Saphorin^ sur le mont de Tarare, au grand regret de plu> sieurs gens de bien, de sçavoir et d'expérience.

L'amiral d'Annebault, ayant failly d'exécuter telles entreprises, alla loger à Carmagnolles, d'où estoit deslogé l'ennemy, auquel lieu il eut nouvelles des sieurs d'Âussun et de Garscs', lors estans à Savillan, que dedans Cony y avoit si peu d'hommes que, s'il vouloit faire diligence de marcher pour l'investir, afin que secours n'y entrast, et amener artillerie pour faire

1. Saint-Symphoricn de Lay, c«nt. de Tarr. de Roanne. Voir Bourrilly, op. cit., p. 364-366.

2. Jean de Pontevè*, baron de Cotignae, sieor de Carcès on Carces.

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batterie, il ne iailliroit de remporter de première ¥eoue, parce qu'il n'y avoit gens suffisammeot pour soustenir uo assault. Ayant cest adverliaaement partist avec quatre canons, laissant le sieur Martin du Bellay, gouverneur de Turin, lieutenant du Roy deçà le Pau, pour pourveoir à tout, d'autant que les forces de l'eDoemy estoient vers le pont d'Esture. Le lendemain, ledict du Bellay, ayant nouvelles que le régiment de Riqueroc estoit arrivé à Rivoles et qu'il leur faloit venir trouver le pont du Pau de Turin pour passer l'eau (car celuy de Carignan et de Montcalier estoient rompus), leur y feit préparer le logis et les vivres, espérant d'en tirer du service en passant chemin. Or, à trois mille de Turin, delà l'eau sur la montagne de Monferrat, y avoit trois ou quatre petites pbces, à sçavoir la tour Sainct Bony, Chatillon et Sainct Raphaël*, qui portoient grand ennuy à Turin, d'autant qu'elles descouvroient tout ce qui en sortoit, de sorte qu'on ne pouvoit aller à Casai Bourgon', ny autres places que nous tenions au Montferrat (dont il nous venoit beaucoup de vivres, mesmes des vins) sans estre descouvert ; lesquelles places il avoit failly peu devant de surprendre, et y avoU perdu des hommes, et entre autres le sieur de Malicorne du Maine ^, capitaine de gens de pied, y avoit esté estropié de tout un costé d'une arquebuzade. Ledict gou-

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