Bassolino, Castiglione et San-Raffâele
2. Casalborgone, à une dizaine de kilomètres à l'est des pUces précédentes.
3. Félix de Oioarses, sienr de Malicorne. Voir sur cette affaire la lettre de Guillaume du Bellay au Roi du 16 octobre 1542 [Corrttpomdanee de G. Pellicier^ p. 690).
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verneur délibéra à la faveur d'iceux lansquenets les emporter de force, parquoy feit mettre en ordre quatre canons avec leur equippage et prendre des beul's par la ville pour les conduii^e, et au matin feit partir de Turin avecques lesdicts Allemans une partie de la compagnie du sieur d*Annebault, celle de monsieur de Langey, son frere« lequel estoit sur le chemin de France* où il mourut, comme dit est, et la sienne avec trois enseignes de François de la garnison de Turin. Estans arrivé devant Sainct Bony, fut plantée Tartillerie, de laquelle en peu d'heure fut faict un trou, auquel fut donné l'assaut par les lansquenets, qui l'emportèrent de furie, et furent tous ceux de dedans tuez, hors mis le capitaine, qui fut pendu pour avoir esté si oultrageux, que de vouloir tenir une si meschante place devant le canon. Puis fit marcher à Chatillon, petite ville, sur une montagne qu'on ne peult battre, sinon d'une autre montagne opposite ; mais il est impossible d'y mener artillerie sans engin ou force de bras, car les chevaux n'y peuvent monter. Les lansquenets qui avoient eu curée de ceux de S. Bony meirent la main à l'oeuvre de telle façon qu'ils montèrent deux canons aussi aisément que u oe n'eust esté qu'un fauconneau. Les assiégez, lescfuels estoient quatre cens hommes de guerre en fort bon equippage, considerans le trailtemcut qu'on avoil faict à ceux de Sainct Bony, aussi voyons ceste grosse armée de France venue à Timproviste, entrèrent eo tel esfroy, que sans laisser tirer se rendirent, leurs bagues sauves, et sortirent quatre cens hommes aussi bien armez et d'aussi bon visage de soldats qu'il y eust en Italie; s*ils eussent faict leur devoir (estant Tas-
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siette telle), il y eust eu de Thonneur à les assaillir. Ceux de Saioci Haphael n'attendirent qu'on allast à eux, mais envoyèrent au devant se rendre; aussi feireot deux ou trois autres petits forts, tous lesquels furent rasez, excepté la ville de Chastiilon, en laquelle fut mise garnison pour garder le passage, car elle estoit deffensable. Ce faict, il envoya passer les lansquenets à Montcalier le bng de la nK>ntagne, lesquels se rendirent le lendemain avec monsieur l'Amiral, qui marcboit à Cony ' .
Auquel lieu de Cony estant arrivé avec toute son armée, planta son artillerie au lieu qui luy fut dit estre le plus débile, mais on Tabusa, car c'estoit le miaix remparé; et, après que la brèche fut faicte, on donna Tassault. Noz gens arrivez sur le hault trouvèrent un rempart derrière la brèche pourveu de bons hommes, de sorte qu'après avoir combatu une heure sur le hault de la brèche ils furent conlraincts de se retirer, il y mourut des nostres beaucoup de gens de bien, entre autres le capitaine BricoUe, Normant, son lieutenant et enseigne,! e comte Guillaume de Biendras^, Montferratin, et son lieutenant, le lieutenant et enseigne du capitaine Sainct Petre Corse et luy fort foullé de coups de pierre, S. Estefve, eoieigDe du capitaine Cavagues, et plusieurs capitaines et enseignes blessez. Estant retiré, deux cens
1. Sur le siège de Coni (décembre 1542-j&nTier 1543), Toir Ricotti, Storia délia monarchia piemonitMej t. I, p. 268-269; S«gre, Oirlo II di Savoia^ le sue relaxioni eon Francia e Spa^ gna e le guerre piemoniesi dal 1536 al iôiù, p- 33.
2. Guillaume de Biandra ou Biandrasto. Voir Catalogue des aeus, t. Vm, n» 30971, et supra, l. UI, p. 343.
1K iritMOIRBS DB MAUTIN du BELLAY. fDéc. 154?
chevaux et sept ou huict cens hommes de pied envoyez par le marquis du Guast, la nuici, entrèrent en la ville par Tautre costé de la batterie. Le jour venu« monsieur l'Amiral, ayant co^oissancc de ce renfort et voyant ses munitions d'artillerie faillir, ordonna de se retirer; on disoit que s'il eust mené jusque» à huict canons et leur suitte pour faire deux tMitteries, afin de divertir les forces de dedans, qui estoient petites, il y avoit apparence ou qu'on les eust forcez, ou qu'ils se fussent rendus, car, assaillant par plusieurs endroicts, ils n'estoient pour respondre à tout, mais ce ne fut le vouloir de Dieu. Sur la retraitte, le comte Maxime Antoine et le sieur de Marville', lieutenans du seigneur Martin du Bellay, et le capitaine Theode Bedaine', Albanois, rencontrèrent deux cens chevaux impériaux près de Bra', vis à vis de Quieras, lesquels ils chargèrent et les défirent, dont ils prindrent b pluspaK. Voilà ce qui fut faict en ce voyage.
Fortune advenue à monsieur le mareschal d^Annebauît sur le Mont Cents. — Le sieur d'Aonebault, de retour à Carmagnolles, se voyant n'avoir moyen de faire nouvelles entreprises pour l'hyver qu'il avoit à dos, après avoir remis en l'obéissance du Roy quelques petites places, comme Villeneufve d'Ast, Poiring, Cambian et Rive de Quiers, que les ennemis avoient abandonnées, rompit son armée, laissaot le sieur de Bout-