‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay;Chapitre 75 sur 200 · Berlalmont, cant. de l'arr. d'Avesnes (Xord · texte numérisé non relu

Berlalmont, cant. de l'arr. d'Avesnes (Xord

4. Binciie, dans le Borinage, province de Uainaut (Belgique).

136 MÉMOIRES DK MJIRTIN DU BELLAY. [Jaill. 1543

fait commencer de grandes trenchées par dedans, de cavalier en cavalier, afin que là où Tennemy auroit battu et les tours et la courtine (chose toutesfois qui cstoit malaisée à faire, par ce que la muraille et la chaux estoient de marbre noir) il trouvast nouvel obstacle.

Prise de Maubeuge. — Aussi, peu de jours après, le Roy, adverty de la ville de Maubeuge, située sur la inesme rivière de Sembrc, quatre lieues au dessoubs d'Ëmery, en laquelle avoicnt accouslumé les ennemis de faire leur amas quand ils vouloient faire entrepriose en France, depescha derechef mondict seigneur le Dauphin pour l'aller mettre en son obéissance, lequel arrivé devant la ville pour n'estre pourveue de gens de guerre, qui attendissent le canon, les citadins se meireot entre ses mains, et puis il se retira au cap, laissant pour chef audict Maubeuge le sieur de Heilly, avccques mille hommes de la légion de Picardie dont il avoit la charge, et le capitaine Sainct Yvc*, avecques cinq cens hommes. En icelle ville y a un beau couvent de canoniesses gentilles femmes, lesquelles ne font aucun veu de religion et se peuvent marier à leur volonté.

Surprinse et hutin fcUct à Bains. — Cinq ou six jours après la garnison d'Emery, estant advertie que de jour en autre les soldats impériaux qui retournoient de la guerre de Gueidres venoient loger aux fauxbourg de Bains et villages circonvoisins, ne se doublans de rien, d*autant qu*il y avoit dix lieues du camp jusques li, et qu'il n*y avoit gens de cheval dedans Maubeuge, entrcprint de les y aller surprendre, faisant entendre au sieur de Maugeron qui estoit au camp à Marelles que,

1. Peut-être Loolt de Vani, ftlenr de Sâint-Yve {CnuUùgue deê acteêf t. VI, n* 19360].

Joill. I&43] DIXitlII uvmi. m

s'il vouloit venir avec six ou sept vingts bomnwt d'armes, oo troaveroit n^yen de faire entreprise, dont il pourroit sortir honneur et prouffit, lequel y vint avec sa compagnie de cinquante liomnies d'armet et environ quatre vifigls hommes d'armes de la ooo^pegnie de monsieur l'amiral d'Annebault conduits par le sieur de Fontaines de Harcourt*, son lieutenant. Pa»saot auprès d'Emery allèrent ensemblement repaistre à Maobeuge ; et parce que les nuicts estoient courtes, ils montèrent à cheval à jour couché, menans seulement quand et eux de la garnison de Maubeuge le capitaine 8ttnct Yve avec cinquante arquebuziers à cheval, pour mnpre les maisons des faulxbourgs de Bains, et meirent lear embuscade à une lieue au deçà de Bains, en un bois; et fut depesché le sieur de Marville, lieutenant du sieur de Langey, et avec luy le vidame de Chartres' et le sieur de la Rocheguion' qui y estoient allez pour leur plaisir et pour mener lesdicts arquebuziers à cheval de Sainct Yve, pour au poinct du jour surprendre les Impériaux dedans les fauxbourgs. Puis envoyèrent le capitaine la MotheGondrin^, lieutenant du sieur de Maugeron, demeuré malade à Maubeuge avecques la compagnie de son capitaine, pour donner jusques aux fauxtKMjrgs de Monts, qui est à deux ou trois lieues près de Bains, et Bains est à quatre lieues près de Mau-

1. Pierre d'Harcourt, sieur de FonUine-le-Henry, baron de Briouze, fils de Jean de Harcourt et de Jeanne de SalnuGer> main.

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