‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay;Chapitre 76 sur 200 · François de Vendôme, vidame de Chartres · texte numérisé non relu

François de Vendôme, vidame de Chartres

3. Loois de Siily, sieur de la Roche-Guyon, second fils de Charles de Stlly et de Philippe de Sarrcbruck.

4. Biaise de Pardaillan, sieur de la Motte-Gondrin, fils de Pierre de Pardaillan et d'Agnès d'Armagnac.

138 MlIffMnt 01 MARTIN DU BELLAY. [JniU. i&43

beuge : ayanl icelu j la Mothe charge de mettre le feu en quelques maisons d'iceux fauxbourgs, afin d'oster à ceux de la ville (où y avoil grosse garnison, tant de cheval que de pied) la cognoissance de l'exécution que PoD vouloit faire à Bains. Et se dévoient les deux trouppes retirer à Tembuscade oùestoit le sieur de Langey pour les soustenir, avenant qu'ils fussent chargez par l'ennemy. Ceux qui allèrent à Bains surprindrenl dedans les faulxbourgs cent ou six vingts hommes de cheval, qui estoient arrivez le soir, qui furent tous pris dedans leurs logis, hors mis quelques uns qui se sauvèrent parmy les jardins tous en chemise ; et après avoir pillé les villages circonvoisins, mesme une abbaye voisine de là, où se trouva grand butin, parce que nul s*estoit retiré, à raison qu'il y avoit dix lieues jusques à nostre camp et qu'il n'y avoit point de gens de cheval à Maubeuge, se retirèrent à l'embuscade, aussi firent ceux qui estoient allez à Mons, lesquels pareillement ramenèrent gros butin. Ëstans leurs forces et butin rassemblez, retournèrent à Maubeuge, et le butin departy, chacun se retira où il cstoit ordonné.

Ce jour mesme, monsieur d'Aumalle, filsaisné du duc de Guyse, ayant faict entreprise pour attirer ceux d'Avenues hors de leur ville, quelques uns sortirent, mais ils n'abandonnèrent la faveur de leur artillerie ; monsieur d'Aumalle espérant les irriter pour sortir plus avant, les chargea jusques sur le bord de leurs fossez, où ils perdirent beaucoup de leurs gens, et de sa pari n'y n[X)urut qu'un homme ; toutesfois ils ne s'emeurent autrement, et combien que ledict sieur y fust demouré bien tard en intention de les provoquer d'avantage, si D*eut il moyen de les attraire, lequel voyant qu*il perdoit temps se retira au camp.

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Rehmete de no% gem de devant Mon» H Mmém^. — Le Roy ayant entendu, tant |>ar les prisonniers que Ton avoit amenez de Bains que par les François qui y avoient esté, que dedans n'y avoit aucuns gens de guerre (au moins bien peu) , y envoya monseigneur te Dauphin et Tamiral d'Annebault avec une |>artie de ramée, ne retenant que ce qui estoit besoing pour tenir en seureté ceux qui fortifioient Landrecy pour la réduire en son obéissance; mais il fut abusé, car les ennemis, le lendemain qu'ils eurent eu cest alarme, avoient mis en la ville quatre enseignes de lansquenets de renfort et aussi ils estoient advertis comme mondit seigneur le Dauphin ne menoit vivres que pour deux jours, dont ils pouvoient juger qu'ils n'auroient à soustenir que le premier effort, parquoy délibérèrent de faire teste à noslre armée. Lorscjue monseigneur le Dauphin arriva devant la place, ceux qui conduisoient l'œuvre n'ayans cognoissance de la forteresse, plantèrent l'artillerie au lieu qui estoit le plus remparé et le plus deffensable, de sorte que la batterie n'y fit grand dommage; si est ce que plusieurs jeunes hommes voyans la présence de monseigneur le Dauphin se bazardèrent de donner jusques aux fossez, où ib ftirent bien recueillis et en eut de morts et de blessez, et entre autres y mourut le sieur d'Allègre*, jeune homme, qui pour son aage avoit ja faict honneste preuve de sa personne ; aussy le sieur de Chastilbn, Gaspart de Colligny, jeune homme de grande volonté, y eut une arcbouzade à la gorge, dont avec le temps il fut guery.

1. François d'Alègre, 61s atné de Gabriel d'Alègre et de Marie d'Estouterille, né en 1515.

UO MtMOlRBS DE MARTIN DU BELLAY. (Jaill. 1543

Le Roy, adverty du grand nombre d'hommes qui y estoient« jusques à douze ou quinze cens Allemans, et estant pressé de monseigneur le Dauphin de luy envoyer renfort de munitions d'artillerie et de vivres, ayant délibéré soubs son bon plaisir ne partir de là qu'il ne Teust mise en son obéissance; considérant toutesfois iceluy le hazard qui pouvoit advenir de tenir son armée séparée, et que s'il alloil en personne se joindre avecques monseigneur son fils, laisseroit sa fortification de Landrecy commencée et imparfaicte, et demeurant seul comme il estoit, estant sa principale force en la compagnie de sondit fils, les ennemis qui se renforçoient à Mons et au Qucsnoy le Comte', quelque nuict luy pourroient donner une camisade; pour y obvier manda à monseigneur le Dauphin qu'il eust à se retirer devers luy, et qu'en passant il retirast les forces qui estoient à Maubeuge, rompant les fortifications et mettant le feu dedans les maisons, parce que c'estoit la ville en laquelle ordinairement l'Empereur assembloit ses forces venans d'Allemagne et de ses Pais Bas. A cela fut obey par monseigneur le Dauphin, mais à grand regret de se retirer sans nen exécuter.

Au retour de monseigneur le Dauphin, le Roy eut advertissement qu'il y avoit deux places entre Avenncs et Symay, l'une appelée Trelon* et l'autre Clayon', ausquelles coustumierement y avoit gens de guerre qui portoient grand dommage à la frontière de Tieraase et de Champagne. Pour y aller depescha le sieur de

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