‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay;Chapitre 77 sur 200 · Glageon, cant. de Trélon · texte numérisé non relu

Glageon, cant. de Trélon

JnUL IMS] nixrtifi livri. Ui

Bonoeral avec sa compagnie de cinquante hommes d'armes et te sieur de Stenay*. lieutenant de monseigneur d*Anguien, lequel estoit en Provence, et le régiment de bnsquenets du seigneur de Roignac et deux mille hommes de pied françois, mille du seigneur de Baquevillc et mille du capitaine S. Aubin Gobelet, tous deux de la légion de Normandie, avec quatre canons et leur suitte. Arrivé que fut ledit sieur de Bonneval devant Trelon, après que ceux de dedans eurent apperceu marcher le canon, estimans que tout le camp du Roy y fust, envoyèrent pour parlementer et se rendirent la vie sauve seulement; aussi firent ceux de Glayon ; puis après avoir faict butiner aux soldats ce qui y estoit. le sieur de Bonneval feit brusler lesdites places sans autrement ruiner la fortification, sinon abatre les portes, qui fut cause que ladite place de Trelon fut depuis fortifiée par les ennemis ; car avant qu'elle fust bruslée, le seigneur d'icelle place craignoit à la fortifier, pour le regret qu'il avoit de desmoUr un bastiment qui toucboit à la muraille. Ledit sieur de Bonneval ayant exécuté sa chaire se retira au camp.

Démolition du chasteau d'Emery. — Quelques jours après, le Roy manda Martin du Bellay, seigneur de Langey, qui estoit au chasteau d'Emery, venir devers luy pour sçavoir Testât auquel estoit ledit chasteau, lequel luy feit entendre (quant à ce qui touchoit la fortification) que dedans douze jours la place seroit en estât fKHir soustenir l'effort d'une grosse armée, mais qu'il

1. 11 s'agit très probablement de François d'EsUTayé, siear de Forei, écujrer d'écurie du Roi.

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estoit besoing de la pourveoir de vivres, car estant son camp retiré il estoit malaisé d'y en mettre, d autant qu'il y avoit entre Landrecy et Emery deux rivières qu'il fault passer à pont, attendu qu'elles ne sont gaiables, et aussy que la ville d*Avennes luy coupoit le chemin. Le Roy, y voulant donner ordre, feit venir le président Olivier S depuis chancelier de France, les sieurs d'Esturmel*, de la Harçerie et de Pierrevive', qui estoient commissaires des vivres, pour s'enquérir du moyen qu'ils avoient de fournir vivres audit chasteau, lesquels firent rapport audit sieur qu'ils n'avoient l'opportunité d'cnvitailler l'armée cl la ville de Landrecy, et, que s'ils mcltoient vivres dedans Emery, on affameroit le camp et n'y auroit ordre de pourveoir Landrecy, à faulte du charroy qui ne pou voit venir à cause des pluies continuelles qui n'avoient cessé depuis trois scpmaines ou un mois. Ayant ledit sieur entendu ce rapport et se voyant pressé d'envoyer secourir le duc de Gleves, à l'occasion qu'il avoit nouvelles que l'Empereur avec son armée approclioit près de ses païs, délibéra de retirer les hommes qui y estoient et de faire raser ledit chasteau, renvoyant sur le champ ledit sieur de Langey pour ce faire, lequel feit telle diligence à la ruine d'ioelle place tant

1. FniDçois Olivier, président au Parlement de Paris, cliancelier de France ie 28 avril 1545.

, 2. Jean d'E.stourmel, sieur de Templeux, commissaire pour M ravitaillement des places fortes de Picardie {Catalogue de» aetêif t. IV, n** 13036 et 13168). Il fut ajouté le 25 juin à la liste dressée le i" mai.

3. Charles de Pierrevive, sieur de LéMigny, trésorier de Lan* guedoc, n'est pas sur la liste.

Joill. 1S43] DIXltME LIVRE. M3

ptr mioes que par autres moyens, que dedans quatre jours les quatre tours de la Ro(|uette et le portail de la dosture, avec deux des grosses tours des courtines, volèrent en Tair et furent renversées dedans les foeeei, et fut la ruine si grande que depuis on ne Ta redifiée. Puis, pour approcher plus près de ses vivres, le Rot retourna loger à GalillooS qui est entre Guyse, Bobain et Landrecy, et de jour en autre ne faiiloit d'aller revisiter ses fortifications de Landrecy, |>our haster l'ouvrage, mesmes tous les princes et seigneurs de son camp estoient ordinairement à b solicitation ; mais on n'y pouvoit faire telle diligence qu'on eust voulu, à cause de la continuation des pluyes, comme j'ay prédit.

Environ la Bn de juillet, le Roy, voyant sa place de Landrecy desja en estât et que, sans avoir espaulc d'une armée, on pouvoit continuer la fortification s'il laissoit seulement a Guyse quelque nombre de gens de cbeval et de pied pour y conduire les vivres, se retira audit lieu de Guyse pour adviser au secours du duc de Cleves, son allié, et laissa dedans Landrecy pour gouverneur le capitaine la Lande, avec deux cens chevaux légers soubs sa charge et mille hommes de pied de b légion de Picardie, à laquelle pareillement il avoit à commander. Et parce que iceluy la Lande estoit nutbde d'une fièvre tierce, craignant qu'elle ne rengregeest, dont son service peust demeurer, y ordonna le sieur d'Essé', lieutenant de la compagnie de dn-

1. François I** réside i Catillon dans la seconde quinaaine de jnillet.

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