‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay;Chapitre 81 sur 200 · Philippe de Croy, duc d'Arschot, gouTcmeur du liai* nant · texte numérisé non relu

Philippe de Croy, duc d'Arschot, gouTcmeur du liai* nant

180 MIÎMOIRBS DE MARTIN DU BELLAY. (Août <&4d

mcsie, de sorte qu'il faulça ce qu'il trouva devant luy et se vint joindre avecques sa trouppe sans dommage, et avecques celle du seigneur de la Hunauldaye qui estoità cheval. Cependant, le seigneur d'Aché^ ayant charge de deux cens arcbouziers à cheval, et Bertran de Foissy, seigneur de Crené', oyans Talarroe, estans logez à Tabbaye de Bouhourie, montèrent à cheval et forcèrent le pont (|ue les ennemis gardoient et vindrent au secours des chevaux légers, lesquels voyans leur secours prindrent cœur, de sorte qu'avec l'ayde des arcbouziers à cheval repoulserent les ennemis. Estant venue l'alarme à Guise, le capitaine Thcaude Mânes, qui estoit logé aux faulxbourgs de Guise avecques deux cens chevaux légers, monta à cheval par le commandement du seigneur de Brissac, gênerai de la cavallerie, pour soustenir ses compagnons, pendant (|ue ledit seigneur de Brissac (d'autant que desja ses trouppes s'estoient acheminées le chemin de Marie) emprunta du prince de Melphe environ soixante chevaux pour suivre ledit Theaude, pour secourir ses compagnons, avecques laquelle trouppe passa l'eaue à Guise, par le faulxbour^, pour se jctter entre les bois et la rivière, espérant que les ennemis estans travaillez du long chemin qu'ils avoient faict, et leurs chevaux déballez, les trouvans en cest estât, leur pourroit faire recevoir une honte. Ayant faict un mille et arrivez sur un hault, fut adverty par le capitaine Theaude Bedaigoe que les ennemis commeDÇoient à

1. Charles d'Aehey ou d'Aclii, «ieor de Serqaignjr, panetior ordinaire du Roi.

2. Bertrand de Polsiy, sienr de Creney, an bailliage de Troyat (Catalogue tU$ aeteê, t. VI, n* 22931).

Aoât t&43) DHItm LIVRK. I&l

bransler, peosans nostre armée esire toute sur leurs bras, par qtioy il estoit betoiiig de les charger devaot qu'Us eussent loisir de se recongooistre, ce qui fut faict. Car s'estans rassemblées toutes ses trouppes ensemble, furent chargez de telle vigueur que leur cavallerie fut renversée sur leurs gens de pied, de sorte que tout s*eii alla à vau de routte et furent suiviz si chaudement qu'il en demeura sur ta place trois cens de morts et six cens prisonniers et les quatre enseignes de gens de pied prinses, avecques deux cornettes de la cavallerie. Le reste de l'armée impériale, qui estoit allé assaillir Bobain, ayant eu nouvelles de ladicte deffaicte, pensans que nostre armée fust toute ensemble, entrèrent en tel effroy que, sans parachever leur entreprise, se retirèrent au Quesnoy le Conte.

Desja estoit arrivée à Stenay une partie de l'armée, entres autres monseigneur d'Âumalle, monseigneur le marquis du Maine S son frère, le seigneur de Longueval, le viconte d'Estauges', le sieur de Dampierre, le sieur de Langey, le sieur d'Escars et quelque autre nombre de gendarmerie jusques à trois cens hommes d'armes et six ou huict cens chevaulx légers, avecques le régiment de quatre mille lansquenets du seigneur de Presoay et environ sept ou huict cens hommes de pied françois, attendans la venue du duc d'Orléans et de l'amiral d'Annebaultetdu reste de l'armée. Ledict sieur de Longueval fut adverty que ceulx qui dévoient entrer dedans Luxembourg (lesquels pouvoient estre

1. Claude de Lorraine, marquis du Maine, troisième Tils de Claude de Lorraine, doc de Guise, et d'Antoinette de Bourbon (1626.1673).

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