‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay;Chapitre 84 sur 200 · Jean de Haj · texte numérisé non relu

Jean de Haj

f86 MtMOIRIS DE MABTIN OU BELLAY. (Sept. 1&43

Auiettê de Luxembourg. — L'assielte de Luxembourg est foK bisarre, la moitié de laquelle tirant vers France tient le hault et à Topposite y a une pointe de roche tendant vers les bois, sur laquelle est assis le chasteau (fort antique et superbe) des anciens ducs et empereurs issus de Luxembourg ; au bas de b balte couK d*ioeluy est une abbaye en laquelle y a deux ou trois empereurs enterrez en sépultures fort riches et magnifiques ; pareillement y est inhumé le roy de Bohême, qui mourut à la bataille de Cressy, estant venu au secours du roy Philippe de Valois contre Edouard le conquérant, roy d'Angleterre, le (ils duquel roy de Bohême estoit empereur^ A la main droicte dudict chasteau est la basse ville, à laquelle respondent trois grandes et profondes vallées, où courent trois torrens, et sont ces vallées en roches taillées, dont malaisément on peult descendre à pied, sinon par ({uelques endroicts et par là se peult de jour en autre mettre secours dedans la ville sans le pouvoir empe»cher, car on y vient tout à couvert des Ardennes. Qui fut cause que dès la nuict que nostre camp arriva, on feit diligenter les approches, et fut délibéré de faire deux batteries à une encongneure de la haulte ville à la main dextre, du costé de France, en les traversant Tune sur Tautre ; de Tune desquelles batteries print la charge monseigneur d*Aumalle et avec luy le seigneur d*Assier, grand maistre de l'artillerie, de Tautre le seigneur Pierre Strossy, gentilhomme florentin, cousin du feu pape Clément, lequel nouvellement esioit venu d*Italic, a3rant amené trois cens soldats

1. Jean de Laxeroboarg, roi de Bohême (1295- 1346); son fils fut l'eœpereor Charles IV.

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tosouM, tous signalez, ayans esté ou capitaines ou lieuteiMiM ou enseignes, et estoient armez de coroelets dorez, avecques <^cun un cavalin viste et dispost, les deux pars portans la picc|ue et la tierce rarcbomet allans tousjours avec les coureurs. Et s'il estoit besoing de combat, ou d'assaillir un fort, ou garder un p«fts^e, ou le conquérir soudain, se metloient à pied et ne leur falloit nul sergent pour les mettre en bataille, par ce que d'eux mesmes chacun sçavoit qu'il avoil à faire, car ils avoient tous commandé.

Mmuieur de Guyse hlecé en la jambe. — Monseigneur d'AumalIe ayant la principale brèche en sa charge avec ledit sieur d'Assier, feit telle diligence, qu'une heure avant le jour ses pièces furent en batterie et, pour recongnoistre quelque endroict de la ville (car il desiroit si assault se donnoit y aller) sortit hors de la trenchée, habillé de blanc comme il a voit esté toute la nuict pour estre cogneu des siens, à cause de l'obscurité, mais soudain qu'il fut hors de ladicte trenchée, fut descouvert de dessus la muraille et frappé d'un mousquet, ou arcbouzade à croq, qui luy perça le dessus du col du pied près la cheville, dont on fut contrainct le reporter au logis et de là à Longvic*, cinq lieues au deçà dudit Luxembourg, si foK blecé, que sans le secours des chirurgiens du Roy et aussi du duc de Guyse son père, lequel le vint faire penser, il estoit en danger de mort, car le coup estoit fort dangereux, pour raison des nerfs et os qu'il a voit froiitei.

lâumÊhurg prié par les François. — Le jour

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