‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay;Chapitre 87 sur 200 · Thionrille, sur la Moselle (l^omine annexée · texte numérisé non relu

Thionrille, sur la Moselle (l^omine annexée

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dient estoit de faire abbattre les murailles d'icelle ville et fortifier Arlon, plus fortifiable et facile à envitailter. Aussi fut advisé, en attendant sur ce Tinlention du Roy, d'aller loger le camp au dessoubs du mont Sainct Jean« quatre lieues de Luxemt>ourg, tirant le chemin de Thionville et de Mets, afin de n'empescher les vivres que ce temps pendant on mettrait audit Luxembourg. Et si le plaisir du Roy estoit qu'on assaillist Thionville, Tarmée estoit à la porte.

Pour aller devers le Roy luy faire lesdictes remonstrances, fut ordonné le seigneur de Langey, Martin du Bellay, lequel trouva ledit seigneur à Saiocte Menehoult*, ayant avecques luy le comte de Sainct Paul et le cardinal de Tournon, qui avoit le maniement de ses affaires en l'absence de monseigneur l'Amiral, et feit entendre au Roy amplement et par le menu tout ce qui avoit esté mis en avant et débattu par les capitaines, estans près de la personne de monseigneur d'Orléans. Monsieur de Sainct Paul, le cardinal de Tournon et autres, estans près du Roy, furent bien d'advis que l'on devoit raser Luxembourg, veu la difficulté de l'cnvitaillement ; mesmes que le président Olivier, depuis chancelier de France, lequel avoit la superintendance des vivres, leur avoit nuindé qu'à peine avoit il le moyen, pour la faulte de charroy, d'envitailler le camp, et à plus forte raison de mettre vivres dedans Luxembourg. Mais le Roy, quelque persuasion qu'on luy feist, demeura en son opinion de garder ceste ville, disant qu elle estoit son héritage, et si l'Empereur luy detenoit contre raison le duché de

1. PrinçoU I** t'arrêta à Sainte-Menehould du 0 aa 23 acptenbr«.

Juiil. i&48) DIXltM LIVMt. 461

Milan, luy aveoques raison pou voit tenir celuy de Luxembourg, ores qu'il n'y eust droit comme il avoit; et s'il ne tenoit la ville principalle, il ne seroit nommé duc de Luxembourg. Par quoy il envoya tous ses maistres d'hostel, les uns à Semiersi, autres à Estain*, pals de Lorraine, et autres à Mets, pour avoir vivres pour la fourniture de sa ville; et manda quérir le seigneur de la Bourdaiziere', auquel il en bailla la superintendence, estimant qu'il fust pour bien l'exécuter, et aussi résolut de luy mesmes aller à Luxembourg, renvoyant ledict sieur de Langey devers monseigneur d'Orléans pour luy déclarer son intention et atin d'envoyer escorte au devant luy.

Le vingt cinquiesme jour de septembre, le Roy partit de Saincte Menehould, passant par Stenay, par Jamets et Longvic et arriva en son camp, au dessoubs du mont Sainct Jean, et logea audict mont Sainct Jean, qui est un chasteau sur une montagne, lequel il bailla en garde au seigneur de Sansac, capitaine de deux cens chevaux légers, après y avoir séjourné une journée pour ordonner de la fortification d'iceluy. Puis le lendemain, veille Sainct Michel, s'en alla au giste à Luxembourg, auquel lieu il feit la feste Sainct Michel et la cérémonie de l'Ordre. Et consequemment disposa de la fortiBcation d'icelle place.

Peu de temps auparavant, ayant le Roy ordonné

i. Qienières, cuit, de Longwy, arr. de Briey (Meurtbe-et- MoseUe).

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