‹ Mémoires de Mathieu MoléChapitre 10 sur 146 · Collection Dupuy, t. DCGXCII, lettre xxti · texte numérisé non relu

Collection Dupuy, t. DCGXCII, lettre xxti

2. «Le roi déclara son voyage et que les Reines en seroient, et que la cour iroit pfr Troyes, où elle séjourneroit les fêles de Pà> ques. » {Mémoires de Brienne^ p. 50.)

DE MATHIEU MOLE. (1630.) i5

étant près d'en partir, nous avons bien voulu vous en informer. Dès lors nous vous recommandâmes d'avoir soin de la ville où notre lit de justice repose, et d'y contenir nos sujets en l'obéissance qu'ils nous doivent, dont l'exemple porte coup aux provinces les plus éloignées de notre royaume. Ce n'est pas maintenant le désir de voir qui nous tire en aucune, mais la réputation de l'État qui nous engage à passer outre, et pour empêcher la violence et l'oppression qu'aucuns de nos voisins veulent exercer contre d'autres dont nous avons pris en main la défense , obligé à ce faire par une généreuse raison et pour empêcher que la puissance de ceux à qui tout duit ne s'élève à ce point de pouvoû* faire ombre et porter dommage à cette couronne. Déjà nos armées, sous la conduite de notre cousin le cardinal de Richelieu , à vue de celles du duc de Savoie soutenues de celles de l'Empereur et du Roi Cathplique , ont pris la ville et citadelle de Pignerol ', assuré un passage en Italie, recommandable par son assiette, et dont la prise est plus glorieuse par la justice dont elle se trouve accompagnée , puisqu'elles nous ont acquis la possession de ce qui étoit nôtre, et remis à la France ce qui lui étoit détenu par un prince que les bienfaits n'ont su obliger, et lequel n'auroit d'État si nos mêmes armes ne le lui avoient conservé; dont les ancêtres ont dû à la libéralité des nôtres ce qu'ils ont possédé, et lui la Savoie à la seule générosité du feu Roi notre père. Tant de manquements et tant de divisions dont il a été l'auteur,

1 . Pendant que le duc de Savoie, renfermé dans Turin, s'y fortifiait en toute hâte, l'armée du Roi alla investir Pignerol. Cette ville fut prise presque aussitôt qu'attaquée , le 23 mars 1630.

le peu de compte qu il a tenu d'accomplir ce à quoi, par divers traités, il s'étoit obligé envers nous', les desseins qu il avoit projetés pour ruiner notre armée, ayant engagé notredit cousin à faire attaquer la susdite ville de Pîgnerol , nous convient maintenant de notre coté de lui courir sus, afin de punir sa mécognoissance, et, par lui, apprendre aux potentats chrétiens qu*il y a péril d'offenser la couronne très-chrétienne, toujours armée pour la défense des opprimés et le i^fuge de ceux qui établissent leur maintien à lui être attachés. En résolution dVntrer dans la Savoie, qui ue jwurra supporter Tefiort de nos troupes*, nous nous acheminons en notre ville de Lyon , après avoir vu eu cette ci (Troyes^ notre très-cher firère unique le duc d'Orléans, et de lui reçu les assurances de son aHection', et lequel a cognu en nous ce qu'il s'en étoit toujours dû promettre par une propension que muis avions vers lui, lié par le sang el^par une singtUièrt^ bienveillaiK^ que nous lui portons , dont il

^tlH^^ f^ix^AUt !ii<mi isrtinrv^ «k:^ J<*tt\ ci^l«rs« lai atùrèrail ranîimd-

• ^ vt^«^^\ ^ cjirvtiiul «W Rkitel;<ti« qui 6t dmder la oooqaêle des

► Klâls^ \W vv ivriiH-y'. Vo\ . lUÀxs. H.sc^ ^ U^s XUIy p. I SI et sniv.

"» ^^ l^" c^rviinA) %W KkW^km denvuidAit avec inslaBce an Roi de

|vrt«idr>r <ftx lytN^^ttw W <v«rimaniVflM«t de la ^^mi rnlic la

S*>^^„ nwkis ji|m:x> >\-inf r>fv\>«ctl5ir av^ec m« Êrtte le d«e d"Or-

$s Au nKNtt^e^t %x\ W Rs>i pàrtk rv«r M>ii Tv^ra^ de Ltob, le h*^ wHxi^a qv^ W ^wc wtXVWtes ax j« asuss^' des tr«MB|ies pour e^^Wxv^ U |Mt*x>cv^ Mjir^r ^k' UjAN^oe^ qui «tait ptr* de la Heine, <H %|^^ xv |N»xîKv xW>ii a;: c|Kyfesrr xxmîn? U v^^kwite dn Roi. La 1^^^^^ HS'^v >\\l; AXA s*r v>r |Nr\x^ ot iefvc-Jha as R*ii, q«i eCait déjà À l\>*i^el. ^i ivx,w À FvXttUîwèvw». ^^«^ îî eavoxa «n corps de \>A\«K*^w i^mi I4RMUXT U IMae. ^.lfr!«RA<Y3c de Jb^anav , p. 50.)

DE BIATUIEU MOLE. (1630.) 17

est resté avec autant de joie et de contentement^ que nous de satisfaction de ces déportements. Il sera le premier qui montrera aux peuples l'obéissance qu'ils nous doivent, soit en l'étendue du gouvernement dont nous l'avons pourvu , et ailleurs où il se trouvera; et vous, comme la première compagnie du royaume, qui donnez l'exemple du respect qu'ils nous doivent rendre, qui , obligés par le même et par votre propre conservation, contiendrez nos sujets au terme de leur devoir. Dont ayant entière assurance , nous fait prescrire à notre cousin le duc de Montbazon de vivre avec une très-étroite intelligence avec vous , et par une voie commune, aux occasions qui le requerront, pourvoir à ce qui se pourra présenter, où l'autorité de notre justice sera requise. Nous ne laissons d'autres établissements en notredite ville que celui-ci dénoncé, estimant qu'aucuns de notredit Conseil, avec ledit sieur Gouverneur pourront pourvoir à ce qui surviendra^ quelque important qu'il soit, quand notre Parlement, de même pied, se portera à ce qui sera nécessaire. Ce seroit blesser le corps que de vous y exciter et vos fidélités nous sont assurées; de sorte qu'il nous suffira de vous ordonner de veiller au repos ^ à la tranquillité de la ville , et de prendre créance aui choses qui vous seront dites de notre part par nolredit cousin. Ainsi vous donnerez tel ordre qu'il n; aura lieu de rien craindre, et que dans une occasion toute extraordinaire, trouverez notre Conseil à Lyon, où Dous le laisserons pendant notre conquête de la Sa\oie*, duquel vous serez assistés selon le besoin.

^* « Le cardinal de Richelieu, glorieux d'avoir, par la prise de

Ig MÉMOIRES

C'est ce que très-expressément nous vous recommandons et d'avoir un soin très*particulier de Paris. Vous y aurez recours si la nécessite le requiert , et même à notre propre personne, qui ne vous dëfaudra jamais. Avec cette assurance, vivez en quiétude, et rendez à nos peuples la justice, selon ce que vous avez accoutumé, et n'y faites faute, car tel est notre plaisir. Donné à Troyes, le 2r jour d'avril 1630*. d

HOUE AU CAI^DINAL DK iUCBELIEU.

Complimentf.

« Celle que vous m'avez fait l'hotideur de m'ëcrlre, me fait prendre la liberté de vous envoyer cette lettre en réponse; je n'eusse jamais osé, par la crainte de f etarder tant soit peu vos grands emplois ; et comme vous vous donnez tout au public, on ne peut vous ôter le moindre moment que ce ije soit lui faire tort.

Pignerolf assuré un passage en Italie a Tarmée du Roi, te rendit

à Lyon où il fit prendre à Sa Majesté U résolution d'y aller en personne. On examina quel chemin on devoit suivre, et l*on se détermina pour celui de Grenoble. Sa Majesté se sépara des Keines et laissa à Lyon le garde des sceaux de Marillacet le Conseil. » (Mém. de Bricnnc, p. 51 .) — Le Roi était à Grenoble le 10 mai» à Chambéry le 17, et, après s'éire emparé de cette dernière ville et des châteaux du voisinage , poursuivit le duc de Savoie retranché à rentrée du val de la Tarentaise. Il mit le siège devant Montmé* liant et soumit la ]Maurienue. Au mois de juin, le Roi était maître de la Maurienne et revint, le 16, conférer avec les Reines à Lyon. Dès le 6 juillet l'année française se remit en marche, franchît le mont Cenis et arriva à Saint-^Ambroise sans avoir rencontre Tennemi. Le 10 juillet eut lieu le combat de Veillane^ et le 20 la prise de Saluées. Le duc de Savoie mourut six jours après) Louis XIII rentra alors en France (25 juillet), laissant le commandement de l'armée au cardinal de Richelieu. i. Collection Golbert, t. V, p. tti.

Vos soins ne regardent que la gloire de Dieu , le bien de l'État. Si vous voulez vous souvenir d'un appel comme d'abus, qui est une affaire particulière, même au milieu des rencontres les plus importantes à Thonneur de la France, c'est ce qui fait voir à chacun que les accidents plus difficiles, qui peuvent survenir, seront toujours au-dessous de la grandeur de votre esprit, qui, considérant la fin dedans le commencement de l'action , s'expose les choses en tel ordre que le succès n'en peut être que très-avantageux. C'est une recognoissance que les plus grands envieux de la bonne fortune ^ que vous possédez à juste titre , sont contraints de faire , puisque tous vos soins ne regardent que la gloire de Dieu et le bien de l'État ; que toutes vos pensées n'ont d'autre but que de rétablir sa gloire à si haut point que chacun se puisse tenir assuré en sa protection. Ceux qui ont le bonheur de recognottre la force de votre courage, sçavent que les fortunes publiques et particulières sont en assurance sous votre conduite. Il y a longtemps que j'ai laissé la mienne en votre main , assez content si , en l'exercice de ma charge ^ il se peut présenter occasion en laquelle je puisse témoigner, non à vous, Monseigneur, mais à ceux que vous voulez regarder de bon œil , les respects et la soumission que je vous dois , en cherchant quelqu'un qui vous puisse et veuille rendre toute sa vie les preuves d'une inviolable fidélité*. »

i. Diaprés la minute autographe, collection Colbert, t. YI, p. t5S.

ÎO MÉMOIRES

Page 1