‹ Mémoires de Mathieu MoléChapitre 102 sur 146 · Collection Dupuy, t. DCCXCII, lettre lix · texte numérisé non relu

Collection Dupuy, t. DCCXCII, lettre lix

2. Pendant cette assemblée , le Procureur Général demanda à la Cour de rendre un arrêt par lequel tout gentilhomme où autre, de quelque qualité ou condition qu'il fût, faisant profession des armes, fût tenu d'aller, dans la huitaine, servir le Roi en son armée de Picardie, s'il n'était retenu par maladie ou autres excuses légitimes qu'il fera bien et dûment apparoir aux baillis et sénéchaux , sous peine d'être déclaré déchu du piivilége de noblesse et d'être procédé contre lui; car plusieurs de ces gentilshommes se montraient lents à faire leur devoir. Il y eut arrêt conforme à cette proposition.

3. Ce personnage était alors âgé de plus de quatre-^vingts ans.

a dit : que Ton sçavoit Tétat de ses aflaires, Tentrëedes Espagnols en France par la Picardie, TefTort qu'ils font pour passer la Somme , qui est la porte du royaume : que Ton juge assez les progrès qu ils peuvent faire s'il n'y est pourvu. Qu'il y emploie tous ses soins pour dresser une armée puissante pour y résister ; qu'il a besoin d'hommes et d'argent et qu'il s'attend de trouver , en cette rencontre , des preuves de la fidélité toujours témoignée par cette compagnie, la première de son royaume. Qu'en cette occasion il se promet de recevoir les effets de la bonne volonté d'un chacun, et qu'il recognoitra maintenant ceux qui aiment sa personne et l'État. Que la ville lui promet deux mille hommes S Messieursdu Conseil deux mille, et qu'il ne peut attendre moins de son Parlement*. Qu'il veut avoir réponse bientôt et que Ton en délibère en chacune chambre des Enquêtes.

La chambre des Comptes a été aussi mandée , les prévôt des marchands, échevins, colonels, capitaines

et Richelieu dit, dans ses Mémoires^ que le maréchal» affaibli par Tâge, n'avait pu déployer toute l'activité nécessaire pendant 1» campagne de 1635 contre le duc de Lorraine. (Mémoires ^ r. VUI, p. 387.)

1. Pour pouvoir réaliser cette promesse , la ville fut autorisce, par le Parlement, le 8 août, à emprunter jusqu'à la somme de cent mille livres, qui serait remise entre les mains de M. Saintot^ pour être employée à la solde, levée et armement desdits deux mille hommes de pied. Chaque habitant de la ville de Paris fut aussi obligé de fournir un homme de cheval armé, mais le Roi fit dire au Parlement que son intention n'était pas de les y contraindre par des poursuites; qu'il désirait obtenir cette contribution par l'affection que tout bon Français doit avoir au bien de l'État et à sa propre conservation.

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