LETTRE DU ROI À MOLE
Le gouTemement de TÉtat est donné à la reine Anne pendant TalMeDoe du Roi. — Mole est nommé du conseil de la Reine en raison de son expérience et de sa fidélité.
« Monsieur Mole, comme je suis sur le point de m'acheminer en mon armée de Picardie , où je rassemble la plus grande partie de mes forces , pour les opposer aux desseins et entreprises des ennemis de cet État , .^m j'ai fait expédier un pouvoir à la Reine, mon épouse, .^m pour pourvoir, pendant mon absence^, à ce qui sera^Mi du bien de mon service dans ma bonne ville de Paris^^M et du repos de mes sujets. Et pour ce que je désire^^ qu'elle soit assistée en cela du conseil et avis d'aucun^^ de mes bons et fidèles serviteurs , et que je sçais qw* ^ vous y pouvez servir aussi utilement que nul autre ^^ dans la grande expérience que vous vous êtes acquiseï-^ des plus importantes affaires de TÉtat, et Tentièr^^ confiance que j'ai en votre fidélité , je vous ai bien voulu faire celle-ci pour vous dire que vous ayez m vous trouver aux conseils que ladite dame Reine fera^^ assembler^sur les afTaires qui pourront survenir, poui^^' lui départir sur iceux vos bous avis, selon que je Tat — - -* tends de votre affection à mon service. Et sur ce , jfc^^ ^ prierai Dieu qu'il vous ait , Monsieur Mole , en
i. Le Roi quitta en e(Tet Paris ce même jour, i** septembre "^^ pour se mettre à la tête d'une armée de trente mille hommes dm^ ^^ pied et douze mille chevaux, qu'il venait de rassembler. Tous le-"^^^ olBciers de ses armées reçurent Tordre de se rendre en leui — ^^^ charges dans vingt-quatre heures, à peine de les perdre, et à toty ^^ soldat à peine de la vie. (Voy. Mémoires de Richelieu ^ t, IX — ^^f p. 235.)
DE MATHIEU MOLE. (i«36.) 857
salnle garde*. Écrit à Paris, le l*' jour de septembre 1636. »
LETTRE DE MOLlÉ AU GARDE DES SCEAUX Sl^CriER.
La contagion augmentant à Paris, il faut éracaer les prisonnien. — Les Espagnols se retirent à Corbie et à Roye.
« Monseigneur, je ne craindrai point d'interrompre VOS emplois importants, puisque cette occasion regarde la sûreté et la vie de quelques personnes qui sont en la conciergerie. Il y a eu tant de contagion, depuis quatre ou cinq jours, que, par arrêt, on a été contraint, hier, d'ordonner que ceux qui tiendront prison pour réparation ou pour dettes seront transférés, sinon élargis. Et dans le nombre, s'étant trouvé plusieurs qui sont arrêtés par arrêts du Conseil, on a sursis de les faire sortir jusques à ce qu'il vous eût plu y donner ordre.
u Nous apprenons que le bruit seul du voyage du Roi a arrêté les progrès des ennemis de FÉtat, et dit-on qu'ils se retranchent à Corbie et à Roye. Nous espérons que les justes armes de Sa Majesté et ses forces préparées les obligeront à la retraite.
a Le pouvoir de la Reine, pour commander en celte ville, fut hier vérifié. Vous ne commanderez à personne qui vous obéisse avec plus de fidélité que , Monseigneur, votre*, etc. Ce 7 septembre 1636. »
i . Collection Colbert , t. V, p. 2Î9.
2. Collection Saint-Germain des Prés , à la Bibliothèque impé^ riale, n* 709, t. VI, p. 4 18 — On trouve dans la même collection (t. XXX, p. 56) une lettre d'une des filles de Mathieu Mole, abbesse du monastère de Saint- Antoine de Paris , sans date d'an-
Î5t MÉMOIBES
LETTRE DU ROI À BfOLÉ.
Les cliînirgîens de la maison du Roi.
a Monsieur Mole , je vous fais œ mot, ensuite des lettres de déclaration que j'ai fait expédier en faveur des chirurgiens de ma maison , afin que mon intention vous étant plus particulièrement cognue, vous ne fassiez difficulté de donner vos conclusions favorables pour Tenregistrement d'icelles. A quoi m'assuranl que vous satisferez bien volontiers, comme je le désire, je prie Dieu^, etc. Écrit à Senlis\ ce 9* jour de septembre 1636. »
née ni de mois, et dont nous donnons le texte à titre de gnement :
c De Saint-Antoine, ee mMcU.
« Monseigneur, apr& les obligations très-paiticalières qai engagent à Votre Grandeur, je devrois craindre de vous der, par surcroit de grâce, que la trés-humble mère Jeume, prieure des Carmélites , eût la bonté , sous votre aveu , dlMmorer' notre abbaye d'une de ses visites, et d*y vouloir porter ses saintes bénédictions. Elle le peut. Monseigneur, sans rien violer des eon-— stitutions de son ordre , quand elle sortira d*une de ses màntm^ pour rentrer* en l'autre , puisque le même privilège fut aooordé k une de mes sœurs. Si ma très-humble supplication est reçae de- Votre Grandeur, je tiendrai toute ma joie accomplie « après le» consolations que j'ai ressenties , depuis peu de jours , dans U mer du Bouloy, de tous ces heureux entretiens. J'espère que tous ner rendrez pas mes souhaits infertiles, et que vous joindres ce Inen — fiut au nombre de tous ceux qui me rendent, de Votre Grandeor^ Monseigneur, votre, etc. S' BfoLi^ abbesse» »
i. Entièrement de la main du Roi. (Collection Colbert, t. Y^ p. Î32 bis.)
S. Le Roi s'était rendu dans cette ville en quittant Paris Ic^^ I*' septembre, pour faire avancer toutes ses troupes vers lX>ise; il en donna le commandement à Monsieur, son firère , qui le In avait demandé avec instance. L'ordre était de marcher droit as ennemis. ( Voyez Mémoires de Richelieu , t, IX, p. t36.)
DE MATHIEU HOLÉ. (4Cf36.) M*
LE CHANCELIER SlÉGUIER A MOLE.
Prisonniers à transférer è cause de la contagion. — Poursuites contre on conducteur des galères. — L'armée du Roi s*ayance contre lès èhnètaiis Ils ont ffep^issé la Somme. — Affaire des rentes de la rille.
« Monsieur , je ne vous ai point ëcrit sur le sujet des personnes arrêtées en la conciergerie de l'ordre du Conseil^ laissant à votre prudence de les faire transférer où vous, jugerez le mieux , après que les parties auront été entendues. 11 n'est pas question du fondi ^ mais d'une police dans un lieu qui est sous la con» duite du Parlement, et vous ai obligation de la considération que vous avez apportée en ce rencontre.
« L'on m'a rendu une lettre , de la part de M. le gféneral des galères , qui presse de donner une commission pour faire le procès au conducteur desdites galères. J'ai fait réponse que cela ne se pouvoit traiter ]u'au Parlement , où il doit compte de ses actions , puisqu'il est chargé des prisonniers par arrêt et doit prendre sa décharge de la compagnie. S'il avoit comnis quelque faute, en vous donnant les mémoires , ^ous y pourvoiriez ; je vous prie d'en conférer avec tf. Baurin la Gallissonnière , qui s'entremet en cette ifTaire, pour le rendre capable de l'ordre que l'on loit observer.
« Notre armée est partie , grande et puissante S en ésolutlon de bien servir ; mais je crois que les ennenis ne lui donneront occasion de leur faire sentir a force de son courage. L'on croit qu'ils se retirent ers Bapaume, les autres disent vers le Catelet, il y a
i. L'armée française marchait sur Roye. Monsieur, frère du loi, avait quitté Senlis, le 15 septembre, pour en prendre le ommandement.
peu de certitudes. Enfin , ils sont delà la Somme et tout leur canon *. J'espère que nous en aurons raison.
«Je ne vous mande rien de raflFaîre de la ville, vos conclusions ont ëté justes et nécessaires , et je vous prie tenir la main à la reddition du compte avant que l'on procède à la vérification, et en demander communication pour le public : alors je suis assuré que toute TafTaire ne peut que bien réussir. M. Tudert vous peut dire Thistoire de cette affaire , et finis vous assurant que je suis', etc. De Senlis, ce 16 septembre 1636. n
LETTRE DE MOLE ▲ M. DUPUT
Maladie de sa fille. — Les ennemis ont repassé la Somme. — PrtaéaBcc.
a Monsieur, je vous suis très-obligé de vos soins : toute la Ëimille est assez bien, grâces à Dieu ; la petite malade reprend ses forces peu à peu , son courage commence à les surmonter.
« Par lettres du 29, les six mille cbevaux qui étoient vers Dourlens, sçachant le passage de notre armée au delà de la Somme', par Péronne, se sont retirés en
i. Jean de Wert, avec sa cavalerie, et Piccolominî, étaient à Guillancourt lorsque l'on commença le siège de Roye, d'où ils partirent avec grand e(Troi. Le Roi eut l'extrême déplaisir cTapprendre qu'on avait laissé échapper l'ennemi au moment où il repassait la Somme pour s'emparer de la ville de Roye, laquellr: se rendit le 18 septembre.
S. Collection Colbert , t. VI, p. 223.
3. L'armée du Roi s'était assemblée sur les bords de rOise,« sous le commandement du duc d'Orléans. Le Roi et le Cardinal sidaient à Senlis à ce grand rassemblement de troupes ; mais Hispano-Impériaux n'attendirent pas le choc des aimes françaises ^ ils repassèrent la Somme et retournèrent dans les Pays-Bas.
iésordre tel, qu'ils ont laissé quantité de chariots, de 3agages et leurs malades.
« M. le Premier est venu me dire adieu : ce n'a pas hé sans parler de son voyage. J'ai sçu que l'on cherche des exemples sur la préséance prétendue, nonieulement au-dessus de M. le Gouverneur, mais même lu premier du Conseil : que je sçache , je vous prie , » on en a trouvé ; on parle d'un exemple de 1 596l à Elouen , en un conseil qui y fut tenu. Et vous assure 3omme je suis tout à vous\ Ce mercredi, quatre heures. »