‹ Mémoires de Mathieu MoléChapitre 110 sur 146 · LE CHANCELIER SÉGUIER A HOL · texte numérisé non relu

LE CHANCELIER SÉGUIER A HOL

Siège de Corbie. — Le^ée du siège de Saint Jetn de Loêne.

€c Monsieur, je vous envoie la commissiou pour la chambre de l'Édit ; les afTaires de deçà m'avoient fait oublier qu'elle ne vous avoit été mise entre les mains. Je juge bien qu'elle arrivera un peu tard ; mais je n'estime pas que les afTaires soient si pressées, que l'ouveiture ne souffre bien ce petit délai sans préjudicier beaucoup au public.

ce L'on continue les attaques de Corbie; les travaux s'avancent et les soldats s'y portent avec chaleur, en espérance d'avoir du repos après cette prise, et de se délivrer des incommodités et fatigues qu'ils auroient dans le séjour de l'hiver. La circonvallatiou est achevée, qui donne sûreté aux assiégeants, et les relève de la crainte qu'ils pourroient avoir que les ennemis ne voulussent entreprendre quelque chose. L'on a avis qu'ils se sont retirés à AiTas et au delà de Bapaume, et qu'ils abandonnent Corbie, jugeant bien qu'ils ne peuvent y donner secours. Ceux qui sont du métier croient que cette place ne durera pas encore quinze jours; il y a peu de gens de guerre pour sa défense; Ton en compte, par les avis, huit cents capables de combattre , et tous les jours ik se diminuent par les fatigues et nécessités qu'ils souffrent. Ce siège achevé, on aura moyen de secourir les autres armées ; c'est tout ce que l'on a de deçà.

(c Vous aurez sçu le secours que Ton a donné à Saint-Jean-de-Losne , la défaite des ennemis qui ont été contraints de lever le siège, avec perte de bagage et huit cents des leurs, et ils disputoient leur canon.

L'on croit qu'ils les perdront et qu'ils seront défaits en leur retraite. L'on a tout sujet de bien espérer des affaires du Roi y et que cette prospérité nous donnera une heureuse paii^ D'Amiens, ce 10 novembre. »

UOLÉ AU CHANCELIER S^GITIER.

diambre de l'Êdit. — Capitulation de Corbie. — Retraitedei ennemii de la Bourgogne.

fc Monseigneur, j'ai reçu la chambre de l'Édit encore assez à temps et la porterai après-demain ; mais, considérant la date de la vôtre du 10 , qui ne parle point de la capitulation de Corbie, m'a fait douter des bruits qui courent et que l'on tient assurés de la reddition bien proche ^ Ces étrangers se souviennent, peut-être, iesarticles proposés lors du siège de la ville d'Amiens et raudroient prendre les mêmes avantages. Ce n'est pas ]ue j s'ils n'ont eu l'esprit de se reqdre, ils ne soient >ientôt perdus ; il restera de plaindre le malheur des ï3prits françois, qui, ne pouvant souffrir atteinte, se Toient perdus au premier sinistre accident*. On dit |ue ce démon a passé en Guyenne, et que, dans l'eflroi, Is permettent que les ennemis prennent avantage. Test reflet de la faction qui précède ces entrées, qui era encore bientôt dissipée par les justes armes du Roi.

u Je vis hier lettre de Bourgogne, qui confirme la reraite du chef des armes de l'Empire, avec perte nota-

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