DE HÂ.T1BD MOIÉ
Conseiller an Parlement insulté, -r- Victoire de Rheinfel^. -rLes non- Teanx conseillers mal tus an Pariement. ^» Émeute à Poccasîon dea ventes non payées de l'hAtel de ^ille. -« Inlerdiodon de la cii«nl>iv des Requêtes. — Lettre de Richelieu. — Les m^éi^oriau^ dcA bancp^ie^ de la cour de Rome défendus. — Contention avec la cour de Rome. — Le Nonce promet de donner satisfaction. -^ Si^e de Holst. — Noi|-» ▼elles diverses. — Vœux du Roi et fête ^ l'Asscmipciofi. -n- ^ïé§t ém Fontarabie. — Traité des libertés de l'Église gaUimie. — Nouvelles * diverses. — Naissance du Daupbin. — M. Grotius. -^ Mort de madame d'iUigre ; éloge de ses vertus. *— fiîége de Brisnc. — Défaite dm 4ffc de Lorraine. — JU patilette. -r Lô^nces de l'al^ye de Çorbie.- r-r Duel de M. d^Aubigny. -^JLes ordonnances relatives à la parenté des juges doivent être rigoureusement observées. -^ Le père Léon. Fknégyrique qu'il devait prononcer. — Frise de Brifsac. -«- Récit ûdl MU Parlement.
nrSULTE £T VOIES DE FAIT C017TRE TTS CONSEILLER PAR VTX AUTRE MEMBRE DU PARLEMENT.
Le mardi 21 janvier ^ maître Jean Laureps, 9m&^ prisonnier par maitre Limour, huissi^ m Parlemei3l:| à la requête de M. le Procureur Général, de l'ordonnance de la Cour, en la seconde chancre des E^* quêtes , ledit sieur Laurens fut élargi à la caution de M. de Chouannes, conseiller du Roi, de Tordonnance de M. le Premier Président, lequel sieur de Chouannes s'en chargea , avec obligation de le représenter.
Le 22 , les Chambres ayant été assemblées pour la réception de l'office de conseiller de maître Gamin , Messieurs des Enquêtes , par M. le président de la seconde chambre Ghamprond, ont dit qu'ils avoient sujet de plainte de l'élargissement .de jC^aureiiis, emprisonné en vertu d'arrêts donnés en la deindème,
intervenue sur le procès-verbal de M. Menardeau , du logis duquel Laurens avoit entrepris d'entrer et y commettre beaucoup d'insolences *, et que, toute autre afTaire cessante, il importoit de délibérer de ce procédé, afin qu'il fût rétabli es prisons. H. le Premier Président a pris la parole, qui a voulu excuser son action, et comme on a insisté jusque même à demander qu'il se retirât pour en être ordonné, enfin les huissiers ont été commandés par lui de se transporter au logis de Chouannes, caution de Laurens, afin de l'obliger à le représenter. Et depuis, ayant appris où Laurens étoit , ils y ont été et ont rendu réponse de ne l'avoir pu rencontrer. Et sont demeurés tous en la Grand'Chambre , sans parler d'aucune affaire, et le répondant a été remis au lendemain à l'heure accoutumée.
Et l'aprcs-dinée de ce jour, Chouannes, caution, Ta fait remettre en la Conciergerie, de sorte que, le 23, les Chambres ont encore été assemblées, qui ont voulu être assurées de l'emprisonnement; le geôlier a été
i . Nous ayoDs déjà extrait des registres da Parlement pin délibérations relatives à la mauvaise police de Paris, en ce tempslà. Cependant le cardinal de Richelieu avait eu soin de la confier à un de ses serviteurs les plus dévoués (dont il a déjà été question dans ce volume et dans le 1. 1), à M. de LafTemas, en le nom« mant lieutenant civil ( voy. les registres , séance du 19 novembre 1637). La Gazette nous entretient « des actions les plus célèbres de ce lieutenant civil » (p. 440 et 664), ce qui n'empêchait pas que les prisons fussent forcées et les gens de mauvaise vie et yendeun de tabac empêchés de continuer leur métier ; on Toit seulement que M. de LafTemas avait invente de nouveaux genres de peine» es condamnant ceux qu'il faisait arrêter au fouet, aux galères et à traîner les tombereaux à bras destinés au nettoiement des mes de Paris (p. 116).
DE MATHIEU MOLE. (i638.) 393
envoyé quérir et lui a-t-on fait défense de plus, à l'avenir, élargir prisonnier sans arrêt de la Cour.
Et depuis, le procès a été fait à Laurens, en la seconde chambre des Enquêtes , et a été jugé suivant l'arrêt ci-après : « Vu par la Cour, les deux procès criminels faits et instruits, de l'ordonnance d'icelle, par l'un des conseillers à ce commis, tant à la requête du Procureur Général du Roi que de maître Louis de Riencourt , huissier en ladite Cour, à l'encontre de maître Jean Laurens, prisonnier es prisons de la conciergerie du Palais, pour raisons des insolences et voies de fait par liii commises, mentionnées aux procèsverbaux de maître Claude Menardeau , conseiller en ladite Cour, du 20 janvier, les interrogatoires, etc., dit a été que ladite Cour, pour réparation des cas résultant dudit procès, a condamné et condamne ledit Laurens dire et déclarer, en la chambre , nu-tête et à genoux, que, témérairement et insolemment il a proféré les paroles et commis les voies de fait mentionnées audit procès , dont il se repent et en demande pardon à Dieu, au Roi et à justice, et en trois cents livres tournois pour réparation, dépens, dommages et intérêts envers ledit de Riencourt, huissier, et en trois mille livres tournois d'amende envers le Roi, applicables le tiers au pain des prisonniers de la conciergerie du Palais, et les deux autres tiers aux nécessités de ladite Cour, et à tenir prison pour lesdites sommes. y> Cet arrêt fut prononcé audit Laurens et exécuté le 4 février 1 638 ^
i . Collection Colbert, t. CCXIII, p. 26 J , 263.
YICTOIBE DE RHEINFELD PAR LB PUC DE SAXS-WEIMAR.
La lettre suivante du Roi, écrite au Parlement, fiit apportée par le sieur Saintot , lieutenant des cérémonies, pour la victoire du duc de Weimar, près Rheinfeld : i< Nos amés et féaux, ayant reçu nouvelles du grand succès qu'il a plu à Dieu de donner à notre très-cher et très-amé cousin, le duc Bernard de Saxe-Weimar, devant Rheînfeld*, où, avec l'armée étrangère que nous lui entretenons , il a entièrement défait une puissante armée composée de toutes les forces* que le roi de Hongrie et la ligue de ses alliés avoient du c6té du Rhin, et a signalé sa victoire par le gain de trente-cinq cornettes de cavalerie, vingt-cinq drapeaux, et par la prise des généraux de trois armées, appelés Jean de Werth, le duc Savelly et Spervîther, d'un général major, de plusieurs colonels et de plus de mille autres prisonniers, entre lesquels il y a grand nombre d*ofB* ciers. Nous avons beaucoup de sujets d'en remercier la divine bonté de tout notre cœur, avec tous les témoignages de réjouissance qui nous sont possibles :
1 . Le siège de cette ville fut entrepris au mois de février 1638; Jean de Werth et Savelli , à la tète des troupes bavaroises et impériales, s'avancèrent pour la secourir; mais ils furent battus «t faits prisonniers. Le duc de Weimar continua ensuite les opérations du siège deRheinfeld, et la ville se rendit bientôt après. Voy. les articles de la capitulation dans le Mercure français^ t. XXII , p. 3. Le duc Savelli trouva moyen de s*èvader pendant qu'on le conduisait en France ; mais, par ordre du Roi, Jean de Werth fut enfermé au fort de Vincennes. X^s Mémoires du cardinal de Mi" chclieu contiennent aussi de grands détails sur le fait d'armes de Rheinfeld, t. X, p. 238.
DE MATHIE0 ttt)LË. (i638.) S9S
é*eslpwirqttoi nous Tomttatïdons, par cettelcttre que vous ayez à vous trouver demain , en corps, en Téglise de Notre-Dame de notre bonne ville de Paris, pour assister au Te Deum que nous y ferons chanter, avec les cérémonies en tels cas requises et accoutumées , pour rendre grâces à Dieu de l'heureux commencement qu'il a voulu donner, en celte année, aux justes desseins de nos armes. Et nous remettant sur le sieur de Saintot, maftre de nos céréiiionies, de vous donner l'heure où vous aurez à vous trouver à ladite cérémonie , nous ne vous en ferons celle-ci plus longue. Donné à Saint- Germain en Laye, le 14 mars 1638. »
Ce qui a été exécuté ce jourd'hui , 1 5 mars 1 638, en la manière accoutumée, mais en robes noires*.
Lffi NOUVEAUX CONSEILLERS MAL VUS AU PARLEMENT.
ÉMEUTE A l'occasion DES RENTES DE l'hÔTEL DE VILLE