MOUE AU CARDINAL DE RICHELIEU
Compliments.
(f Monseigneur, il ne se peut que je ne vous déclare mes sentiments de la faveur qu'il vous a plu me faire, puisqu'après les acclamations publiques ^ dues à tant d'actions généreuses , non-seulement avoir donné la loi aux étrangers, la liberté à l'Italie, pris par force ces villes rebelles, réduit les autres en l'obéissance, mais surtout peur avoir en un moment vaincu des courages enragés, fait tomber les armes de leurs mains et rendre Thonneur au Roi , qu'ils avoient devant en horreur ; vous avez daigné vous souvenir du nom de celui qui ne souhaite la vie que pour rechercher les occasions de témoigner en public et en particulier les obligations desqueUes la France vous est redevable. Et en attendant que je puisse espérer ce bonheur de vous rendre mes devoirs, je vous dirai seulement que la gloire due à la prise des villes par la force est commune à beaucoup d'autres ; mais celle due à la Victoire des esprits et à la puissance que vous avez acquise sur les courages les plus farouches , non par le nombre des armées, mais par la créance qu'ils ont eue en vous , ne peut être que particulière et qui mérite d'autant plus louange que moins vous en voulez recevoir. Je sçais bien que le prix de la vertu est en cUe même , et que c'est le propre des grands courages de perdre bientôt le souvenir de leurs vertueuses ^ODs passées; mais cela ne dégage pas les autres de ^ recognoissance qu'ils doivent, et moi moins que P^ un , puisque vous avez toujours voulu m'honorer « ^otre particulière bienveillance. Je souhaite que
votre vertu, qui s'est accrue avec le bonheur de voir fortune , s'augmente de jour en jour; elle est élevé à tel point et confirmée par de si signalés et si public services rendus à la France , que ce n'est pas peu d gloire à chacun, de vous rendre toute sorte de respect et de soumissions. Vous n'en recevrez de personn avec plus de fidélité que de votre', etc. »