‹ Mémoires de Mathieu MoléChapitre 125 sur 146 · P. Gassendi · texte numérisé non relu

P. Gassendi

DE MATHIEU MOLE. (1638.) i29

venlion de décrire une vie si cachée et avec tant d'ornements; il lui donne part à toute la fortune publique et particulière de son âge.

« J*ai bien du regret de la mort subite de madame d*Aligre*; c'éloit un secours nécessaire en la maison , vu le nombre d*eufants. J'en plains bien monsieur son mari, auquel j'ai voué service particulier : c'étoit une des honnêtes dames que je cognusse-

(f Pour la dame (madame Mole), elle vous remercie de votre souvenir, et ne veut pas perdre Tespérance de vous revoir encore ici , si le beau temps continue et que vos affaires le permettent. Croyez que je serai toute ma vie, elc. Vendredi matio.

Cl Mes recommandations très -affection nées à moofiîeur votre frère '. — Vous avez promis de chercher les arrêts que vous avez touchant les brefs- n

j Prise de Brissac. — Di?faîte du duc de Lorraine» — La paulette. — L Livret dp Corhie.

kôti

Du 38 octobre «

(ï Vous avez chargé le porteur de me faire tenir les ôlres dès hier, mais je ne les ai reçues que ce- ■iourdlniî, matin. Il est vrai qu'elles ont été trèsagréables^ puisqu'elles contiennent la défaite des llroupes de ce duc de nom et toujoun$ mallieureux. ^B Bris^ac pris', donnera pour longtemps des af*

K Madame d'Aligre était Marie-ÉHsabelh Ctiapellief, fille du conseiller d'État de ce nom, FJle mourut peu de jours avant le Chancelier SQti uiari, dont la mort est indiquée, par le père Anlelme, sous la date du 11 septeuibre 1638. ' î. Collection Dupuy, t. DCCXCil, lettre xxiv.

3. Le siè^ç de Brissac était commencé de[)uis le mois d'août, ftavelli, général au service de FEmjtereur, et dont il a été question

foires à l'Empire et ses bons alliés, et tiendra nos frontières en repos, et ainsi nous garantira de Torage au dedans.

« Vous sçavez bien que Ton souscrira toujours à ce qui contente M. de Thou. Puisqu'il avoit promis de faire le voyage de Piémont , il s'en acquitte : je souhaite son retour, au milieu de tant d'accidents qui peuvent survenir et des occasions qu'il n'attend pas, mais qu'il va rechercher. Si l'édit de la paulette se vend, et celui de Sedan, vous m'en enverrez des exemplaires, s'il vous plait.

« Pour les livres de Corbie, j'ai toujours convié les relieurs de les faire apporter peu à peu et sans bruit; ils ne m'ont point encore donné avis de l'avoir fait; mais c'est assez s'ils sont en sûreté.

a Les fêtes se passent ici, où vous ne serez pas oublié, et aussitôt le retour, que je souhaite pour avoir le bien de vous voir*.

« J'ai déchiffré le billet, et l'ai rompu. »

ci-dessus, assemblait une armée pour délivrer la ville ; mais le duc de V^eimar, dont le camp était alors à Colmar, pourvut à toutes les nécessités de la situation et le siège continua très-heureusement. Tous les détails de cette opération militaire sont imprimés dans le Mercure français ^ t. XXII , p. 483 et suivantes ; elles se prolongèrent pendant tout le mois de novembre (voy. la Gazette de France, p. 669), et lorsque le dernier fort de Brissac eut été pris, le baron de Reinach, gouverneur de Brissac, se décida à capituler le 7 décembre. La Gazette imprima alors (p. 757) un récit de la prise de Brissac, parle duc de Weiraar, avec Temprisonnement du général Gœtz.

i . Collection Dupuy, t. DCCXCII , lettre xlvii. — Voir ci-après la relation de la prise de Brissac.

LETTRE DU GARDlNAlf DE RICHELIEU A MOLIÊ. Duel de M. d'Aubigny.

« Monsieur, je viens présentement de recevoir une lettre du Roi, par laquelle Sa Majesté me commande de vous donner avis d'un combat arrivé derrière Montfaucon, entre le sieur d*Aubigny, frère de M. de Villequier, capitaine de ses gardes, qui a été tué, deux des mousquetaires de Sa Majesté, Tun nommé Pommeraye et l'aulre Beaufrançois, et un autre, qui servoit de second audit sieur d'Aubigny, duquel on nesçaitpointlenom, et vous dire qu'elle désire nonseulement que vous fassiez informer diligemment de cette action , mais aussi que la justice en soit faite et que Ton n'y perde point de temps. Cette affaire est de telle importance au service du Roi, que je ne doute point que vous n'y apportiez tout le soin que Ton se peut promettre de votre affeclion. Je vous en conjure en mon particulier, et de croire que je suis, Monsieur, votre, etc. De Rue), ce 17 novembre. »

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