MORT DU DUC BERNARD DE SAXE-WEIMAR. PRISE DE
LA FORTERESSE DE SALCES PAR LE PRINCE DE COJWi. BATAILLE DE SAINT-NICOLAS PRÈS SAINT-OMER.
Le mardi 23 août , les lettres suivantes du Roi me furent apportées par Saintot, lieutenant des cérémonies : (( Nos amés et féaux, Tavis du décès de notre
sa situation si avantageuse , qu'il ne falloit pas moins de diligence et de vigueur y pour la prendre, que notredit cousin en a apporté, ayant réduit la place, en six semaines de siège, en état d*y entrer de vive fotxe dans quatre heures , au jour que les assiégés ont demande d'en sortir par la composition que nous leur avons accordée. Cependant , le cardinal Infant d'Espagne étoit à six lieues de notre camp, depuis quelques jours, avec toutes les forces que le roi d'Espagne a dans les Pays-Bas, et une grande partie de l'armée allemande, commandée par le général Piccolomini, pour tenter de la secourir. Nous avons voulu y voir entrer nos troupes nousméme et visiter la place , comme nous avons fait aujourd'hui. Et après avoir recognu la grandeur de ce succès, nous avons estimé de notre devoir d'en faire rendre grâces solennelleroenl à Dieu. C'est pourquoi nous voulons et vous mandons que vous ayez à assister en corps au Te Deuniy qui en sera chanter en T église cathédrale de notre honne ville de Paris, et vous convions à le remercier avec nous de l'assistance qu'il lui plut de nous donner en ce dessein, dans l'exécution duquel notre principal contentement consiste en Tespcrance que nous avuns qu'il avancera la paix, et nous donnera moyen de faire jouir tous nos sujets du soulagement et des biens qui la suivent. Sur ce, nous prions Dieu qu'il vous ait en sa sainte garde. Donné à Hesdin, ce 30 juin 1639. »
(Registres du Parlement.) A. Collection Dupuy, t. DCCXCII, lettre xxxiv.
très-cher et très-amé cousin , le duc Bernard de Saxe- Weimar'y nous étant arrivé presque en même temps que nous avons reçu les nouvelles des divers et heureux succès qu'il a plu à Dieu de donner à nos armes, le déplaisir de la perte que nous faisonis de notredit cousin , nous a fait différer de vous témoigner la joie que nous avons reçue de la prise que notre très-cher et très-amé cousin le prince de Condé , a faite , par assaut, de la forteresse de Salces, dans le Roussillon', après un siège de cinq semaines, et â'étre rendu maître , par la prise de plusieurs villes et forts dudit pays, des principaux passages du Roussillon dans l'Espagne. Et d'ailleurs, dès que notre très-cher et bien amé cousin le maréchal de la Meilleraye, a défait en bataille à Saint-Nicolas, près Saint-Omer', six à sept mille hommes des ennemis , dont quinze cents ont élé tués sur la place , quatre ou cinq cents ont été faits prisonniers , et entre eux plusieurs officiers, le surplus s'est noyé ou dissipé; leur canon et bagage y sont demeurés. Desquels avantages nous sentant obligés de faire rendre grâces publiques à
i. Ce prince fut attaqué d'une maladie < à
bourg» et succomba le 17 juillet 1639. Le • , '^i »
t. XXIII, p. 32, contient quelques détails i évé ,
des stances en l'honneur du défunt duc de 60),