Collection Colbert, t. VI, p
LETTRE DE MOUE A M. DUPUlT.
Nouvelles diverses.
a Monsieur, j'ai l'arrêt de la Cour pour rexëcution, qui ne se fera pas encore sitôt, puisque le jour n'est pas arrêté. On n'avoit pas eu pensée du moyen qu'elle se pourroit faire, et se contentoit-on de me commander d'y donner ordre : ce qui passe mon pouvoir.
w On est allé à Saint-Germain tenir un enfant avec la Reine, de l'un de ses officiers \ M. de Reims s'en est allé, et a pris le chemin de Sedan.
i< Je vis hier lettres de l'état du siège de Hesdin ; le canon joua dès vendredi matin. Les moulins brûlés ",
i . On lit dans la Gazette de Renaudot : « Le 29 de mai, la Reine et le Chancelier de France tinrent sur les fonts, à Saint- Germain, la fille du vicomte de Limez , Tun des anciens gentilshommes de Leurs Majestés. La Reine la nomma Anne. » (P. 312.)
2. Ce siège avait été entrepris par M. de la Meilleraye, grand maître de Tartillerie, dès le 19 mai i 638, après la prise de Lillers (voy. Mercure français , t. XXlll, p. 187, 188). Les moulins furent brûlés le 23 mai, et les redoutes furent prises le même jour par le marquis de Brézé. Cette lettre de Mole peut donc être de la fin du mois de mai. Nous la compléterons par le récit de la prise de Hesdin , qui se trouve dans une lettre adressée , à cette occasion, par Louis XIII, à son Parlement : « Nos amés et féaux, la prise que nous avons faite de la ville de Hesdin^ avec notre armée commandée par notre très-cher et bien amé cousin le Grand Maître de Tartillerie de France, est de telle considération , tant en elle-même que pour la conjoncture présente des affaires publiques , que nous estinïons en devoir faire part à tous nos bons sujets. La place est une des plus importantes que le roi d'Espagne ait aux Pays-Bas ; elle couvre et assure la meilleure partie de cette frontière de Picardie , et nous donne une grande étendue dans l'Artois. Sa fortification est régulière et parfaite, et II 29
deux redoutes prises, sans que les ennemis se soient mis en devoir de sortir pour les reprendre : ce n'est que commencement , j'en attends la fin heureuse , et serai toujours tout à vous. — J'en verrai vos relations ^ »